mercredi 13 juin 2012

Salut aux démocrates tunisiens, vous êtes en danger !

Bon, mes chers cinq lecteurs, je me suis tapé un déménagement tout seul aujourd'hui. Commencé à 9heures, je viens de finir, il est 21H43.
Que dire ?
Un peu fatigué, oui, c'est cela, un peu fatigué et rebelote demain après-midi. Mais, cette fois-ci, j'ai trouvé de l'aide. Ce qui ne fera pas de mal à ma colonne vertébral du fait que le poids sera réparti entre trois personnes.
Ainsi, va la vie, c'est comme cela que je passe mes congés pour rendre service.
Aussi, comme, je suis encore fatigué, juste un article de El Watan sur ce qui se passe en Tunisie où les fondamentalistes tentent par la force d'imposer leur vision de "leur" société.


La violence salafiste ébranle la Tunisie

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le 13.06.12 | 10h00 6 réactions

Une dizaine de foyers de violence ont été répertoriés depuis lundi soir dans la capitale tunisienne et sa banlieue (Jendouba, Sousse et Tataouine). A Tunis, les affrontements ont fait une centaine de blessés, dont 65 policiers et 165 personnes ont été arrêtées, selon le ministère de l’Intérieur.
 

Mais que se passe-t-il donc en Tunisie ? Un fois de plus, la violence refait surface dans ce pays qui a décidément bien du mal à se «normaliser». Des violences simultanées dont les acteurs se recrutent parmi les salafistes et des bandes de casseurs désœuvrés ont semé la peur, dans la nuit de lundi à mardi, dans plusieurs endroits de la capitale tunisienne. Bilan : plus d’une centaine de personnes blessées, entre civils et gardes nationaux, selon des sources hospitalières.
Les Tunisiens s’inquiètent du caractère répétitif de ces attaques nocturnes, mais aussi de l’identité de ceux qui sont derrière.

Plusieurs quartiers de Tunis ont ainsi subi la furia des ultras des deux bords qui, visiblement, ont conclu une «sainte» alliance pour un même objectif : installer le chaos.  Signes particuliers de ces descentes : elles s’attaquent prioritairement aux édifices publics, notamment les bâtiments administratifs. Et, au besoin, les assaillants engagent des corps à corps avec les forces de l’ordre. Ce fut le cas lundi soir, dans plusieurs cités populaires de l’ouest de Tunis (Intilaka, Ettadhamen et Essijoumi) ainsi que dans la chic banlieue nord (La Marsa, Carthage, Le Kram), rapporte l’AFP.
Des affrontements sont également signalés dans le nord-ouest du pays, notamment à Jendouba où des salafistes ont incendié des postes de police et attaqué des établissements vendant de l’alcool. Pour le ministère de l’Intérieur, ces violences portent une signature : les «milieux salafistes et criminels». Lotfi Hidouri, responsable du bureau de presse du ministère tunisien de l’Intérieur, a révélé hier un coup de filet dans ce milieu qui s’est soldé par quelque 90 arrestations. «Nous avons arrêté 90 personnes dans les milieux salafistes et criminels», a-t-il déclaré.

Des attaques terroristes, selon l’Intérieur

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Khaled Tarrouche, a confirmé aussi qu’il s’agissait de groupes «mixtes» d’assaillants mêlant «des gens de la mouvance salafiste et des malfaiteurs». Mais l’incident le plus grave a eu pour théâtre Essijoumi (quartier de Tunis) où le tribunal a été attaqué et le bureau du procureur totalement incendié.
«Un groupe de criminels a attaqué le tribunal vers 22h. Il y a beaucoup de destructions et des ordinateurs ont été volés. C’est grave, car le tribunal représente la souveraineté de l’Etat», a déclaré à l’AFP le procureur de la République, Amor Ben Mansour.
Une attaque suffisamment grave pour susciter cette réaction tout aussi grave du  ministre de la Justice, Nourredine Bhiri, qui ne s’est pas encombré de formules pour désigner «un acte terroriste» et promis que les coupables allaient le «payer cher». «Ce sont des groupes terroristes qui perdent leur sang-froid, ils sont isolés dans la société», a-t-il déclaré sur la radio Shems FM. D’autres actes de violence plus ou moins graves ont eu lieu dans plusieurs quartiers de la capitale tunisienne. En cause, une exposition artistique, le «Printemps des arts» à La Marsa, qui n’a pas trouvé grâce aux yeux des islamistes radicaux en raison de certaines figurines jugées «blasphématoires».

Vendredi de l’angoisse

La bande d’assaillants s’est introduite dans le palais Abdellia, qui abrite l’exposition, deux nuits de suite, et s’est acharnée sur les œuvres artistiques incriminées. Le directeur de l’exposition, Luca Luccatini, a déposé plainte et estimé que ces actes étaient le résultat d’un mélange de «fanatisme, de manipulation, de volonté d’être médiatisé», rapporte l’AFP. Il ne fait donc aucun doute que le mobile religieux est le principal électrochoc de cette poussée de violence. En Tunisie, les gens en sont convaincus, d’autant plus que ces descentes punitives interviennent deux jours après l’appel du chef d’Al Qaîda, Ayman Al Zawahiri, qui a exhorté les Tunisiens à se soulever pour réclamer l’application de la charia.
Il reste que les résidus de l’ancien régime, qui voudraient installer le chaos, ne sont pas au-dessus de tout soupçon. Une alliance tactique, alors ? Possible. «Le fait que les violences aient éclaté dans plusieurs endroits au même moment laisse à penser que c’était organisé», estime le porte-parole de l’Intérieur, Khaled Tarrouche. En effet, au moment où des bandes opéraient à Tunis, un autre groupe mettait le feu au bureau régional de la puissante centrale syndicale UGTT, dans la nuit de lundi à mardi, à Jendouba.
Les assaillants ont également mis le feu hier matin à un camion transportant des boissons alcoolisées et barré la route devant la direction régionale de la Protection civile de Jendouba, selon l’agence.
Et connaissant la position du syndicat vis-à-vis du gouvernement Ennahda et, plus généralement, de la mouvance islamiste en Tunisie, il est loisible de deviner les agresseurs.  Le mouvement salafiste radical Ansar Al Charia a tôt fait de s’en laver les mains de ces violences. Il a tout de même appelé «tous les Tunisiens» à manifester vendredi après la prière.
Son alter ego radical, le jeune imam Abou Ayoub, qui a lancé la fetwa contre la chaîne Nessma TV, lui a renvoyé l’écho en appelant, via une vidéo, à un «soulèvement». Faut-il alors s’inquiéter de la situation en Tunisie ? Plus que jamais.

Décidément, la guerre civile se rapproche en Tunisie. Un pays, malheureusement à éviter.
A bientôt.
René.

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