dimanche 4 novembre 2012

Salut à toutes les victimes des produits chimiques agricoles ou pharmaceutiques. Nous pouvons encore sauver les enfants à venir !

Et, vlan, de nouveaux, mes chers cinq lecteurs, reparlons de Mosanto et de la bande de l'industrie agro-alimentaire américaine. Voici, présenté par Rue 89, le témoignage de deux agriculteurs américains adeptes en leur temps des "bonnes" pratiques de Mosanto.
Une vérité en ressort

(source : Rue 89)


A DÉBATTRE03/11/2012 à 12h29

Deux agriculteurs américains témoignent des méfaits des OGM

Benjamin Sourice | Journaliste pigiste



Wendel Lutz et Wes Shoemyer à Paris le 30 octobre 2012 
« Les OGM détruiront votre modèle d’agriculture familiale s’ils sont adoptés ! »
C’est en substance le message que sont venus porter en France deux agriculteurs américains « repentis » des OGM. L’un, Wes Shoemyer, petite barbichette, grand sourire et chevalière frappée d’un symbole franc-maçon, dirige une exploitation de 1 200 hectares dans le Missouri, l’Etat abritant le siège de Monsanto.
Elu démocrate au sénat du Missouri, il est en lutte contre « l’accaparement monopolistique de l’agriculture par une poignée de firmes ».
A ses cotés, Wendel Lutz, la cinquantaine débonnaire du typique « mid-west farmer », l’air tragique en plus de l’homme en résistance.
Ils ont été invités à témoigner par Greenpeace afin de raconter « leur réalité ».
Solidement installé au fond de sa chaise, Wes Shoemyer raconte :
« Avant l’introduction des OGM, nous utilisions déjà l’herbicide Roundup pour brûler les mauvaises herbes, c’était miraculeux ! Entre 1996 et 2001, au moins 80% des agriculteurs ont adopté ce système des OGM. »
L’élu reproche aujourd’hui à Monsanto d’avoir mis en place une stratégie de capture du marché avec des prix attrayants, en particulier sur le Roundup, pour ensuite organiser l’envolée des prix.
Il est inquiet de voir « les agriculteurs payer de plus en plus cher, non plus pour financer la recherche ou améliorer leur production, mais pour s’acquitter d’un brevet contrôlé par une seule compagnie ».
Aux États-Unis, la technologie brevetée Roundup Ready de Monsanto est présente dans 94% des variétés de soja génétiquement modifié et 70% du maïs génétiquement modifié d’après le ministère de l’Agriculture.

Des mauvaises herbes résistantes au Roundup

Aux Etats-Unis, entre 2000 et 2011, la consommation annuelle de glyphosate, la substance active du Roundup est passée dans les champs de maïs de 1,8 million à 30 millions de tonnes dues à l’expansion massive des OGM. Une explosion de la consommation qui s’explique également par l’augmentation des doses pour tenter de contrôler certaines mauvaises herbes devenues tolérantes au Roundup, découvertes pour la première fois en 2000 dans le Delaware.
Une mauvaise surprise dure à digérer pour Wendel Lutz :
« C’est en 2011, que j’ai observé les premiers plants d’amarantes rugueuses résistants au glyphosate se développer dans mes champs.
C’est injuste qu’après seulement cinq ans d’exploitation des OGM mes champs aient été envahis, c’est à ce moment que j’ai décidé d’arrêter et d’alerter mes collègues ! »
Au moins 5 millions d’hectares de cultures, d’après l’industrie, seraient contaminés par ces « super adventices », capables de résister à plusieurs classes d’herbicides. L’organisation internationale chargée de leur contrôle(ISHRW), financée par les producteurs de pesticides, a déjà recensé23 espèces sauvages résistantes, un chiffre sous-estimé selon d’autres experts.

La fuite en avant vers toujours plus de pesticides

Wendel raconte :
« Certains de mes voisins qui ont le même problème préfèrent continuer en augmentant les doses ou en cumulant plusieurs molécules. C’est une fuite en avant avec le risque qu’à terme la plupart des mauvaises herbes deviennent résistantes à tous les herbicides. »
Une tendance que suit l’industrie. Sur 20 nouveaux OGM en cours d’évaluation auprès de la FDA, l’agence de régulation sanitaire américaine, 13 sont élaborés pour résister à de multiples herbicides. La firme Dow pense répondre à ce fléau en réintroduisant d’anciens herbicides comme le Dicamba ou le 2-4 D, ayant servi dans la composition de l’agent orange lors de la guerre du Vietnam et auquel des résistances de plantes sauvages ont déjà été observées.

Un retour aux semences conventionnelles ?


Etiquette d’un sac de semences OGM
Pour Wes, il est encore possible d’agir :
« Il faudrait revenir en arrière, vers des semences conventionnelles ; certaines compagnies en ont fait une spécialité. Malheureusement, il y a une vraie dépendance des agriculteurs vis-à-vis de ces technologies que les compagnies ont intérêt à entretenir et cela au détriment des bonnes pratiques culturales. »
Pour Wendel il faudrait « une impulsion économique, une plus grande demande pour du non-OGM, pour voir un changement d’orientation » dont l’étiquetage des OGM, actuellement en débat, pourrait être le socle.
En guise d’avertissement final, Wes Shoemyer lance :
« Si la France ou l’Union européenne adoptaient les OGM, cela aurait un impact majeur sur les campagnes. Si vous voulez de grandes fermes en monoculture, si vous souhaitez vider les zones rurales de leurs habitants, alors vous adoptez le modèle OGM. C’est cela l’expérience américaine : une agriculture sans agriculteur contrôlée par des entreprises multinationales ! »
MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato


Et, souvenez-vous, mes chers lecteurs de Mosanto et de son agent orange épandu au Vietnam pendant la guerre par l'aviation américaine. L'agent orange devait éradiquer les arbres des forêts où le cachaient les Vietcongs.
Il servait à tuer tous les arbres.
Le round-up est utilisé toutes les mauvaises herbes.
Ne pensez-vous pas qu'il puisse y avoir des conséquences similaires, vu la violence de ce produit.

(source : Agence Universitaire de la Francophonie)


Reportage d’Alexis Duclos sur les effets de l’agent Orange au Vietnam

Le samedi 2 avril 2005.

Vietnam
30 ans après la fin de la guerre,
« l'agent Orange » continue d'empoisonner

Texte et photos : ALEXIS DUCLOS
Victime de la dioxine. Photo par Alexis Duclos
Née sans bras, cette petite fille n'a pas eu d'autre choix que d'apprendre à écrire avec ses orteils.


Aujourd'hui, à l'approche du trentième anniversaire de la fin de la guerre du Vietnam, environ 60.000 adultes et plus de 200.000 enfants (1) souffrent toujours de « l'agent Orange » (2). Malformations congénitales, cancers, handicapes physiques et mentaux, sont dans la majorité des cas, la conséquence des plus de 70 millions de litres de défoliants dont le célèbre « agent Orange », déversé au centre et Sud Vietnam de 1961 à 1971 par l'armée américaine. Pays agricole, 20 % du sol vietnamien ont reçu quelque 170 kg de dioxine (3). En plus des combattants de tous bords, la population civile fut durement touchée. À New York, va s'ouvrir le plus grand procès jamais mené aux Etats-Unis contre les responsables du gouvernement et des industries chimiques concernés (4). Les associations de victimes, représentées par des avocats américains, demandent réparations et justice. Les implications et les conséquences sociales, économiques et financières de ce procès sont considérables au regard de la plus grande guerre chimique de l'histoire.

L'Opération « Ranch Hand »

Mme Kan Lay et son fils, Kê Van Bac, devant le panneau dénonçant l'opération Ranch Hand dans la vallée d'A Luoi. Photo Alexis Duclos.
Mme Kan Lay et son fils, Kê Van Bac, devant le panneau dénonçant l'opération Ranch Hand dans la vallée d'A Luoi.
Non loin de la piste Ho chi Minh, Kan Lay, une femme de 55 ans, tiens dans ses bras son fils, Kê Van Bac, un garçon de 14 ans, handicapé physique et mental. Pendant la guerre, Kan Lay vivait dans la région de A Luoi. « J'étais dans la forêt, j'ai vu les avions jeter la poudre sur nous, cela piquait les yeux, brûlait la peau ... » Depuis, son mari et ses trois enfants sont décédés de cancers. Pour les besoins de la photo, ils posent devant le panneau dénonçant l'opération "Ranch hand" (ouvrier agricole) installé sur l'ancien aéroport militaire A Sho, dans la vallée de A Luoi. En effet, c'est en janvier 1962, approuvée par J.F. Kennedy, que l'armée américaine met en place l'opération « Ranch hand ». Des avions à hélices Fairchild C.123 ainsi que des hélicoptères effectuent les missions d'épandages de défoliant sur les montagnes du centre et Sud Vietnam. Une véritable guerre chimique dont les buts sont de détruire toute végétation gênant les bombardements de l'aviation américaine, en particulier sur la piste logistique Hô Chi Minh qui longe la frontière Est du Laos, détruire les récoltes et la végétation pour affamer les Viêtcongs et la population des zones sous leur contrôle. Enfin, la destruction de la forêt permet une meilleure observation et protége les abords des installations militaires des embuscades. Les conséquences à ce jour sont une catastrophe écologique dont les effets rémanents et à long terme de la dioxine touchent environ 60 000 adultes et plus de 200 000 enfants (1), sans parler de la destruction de plus de 2 millions d'hectares de forêt, provoquant l'extinction de la faune et de la flore, la désertification et l'érosion des sols (5).
Contrairement aux applications civiles, « l'agent Orange » est en grande majorité, épandu non dilué. La pulvérisation est de 28 litres par hectare contenant approximativement 5,5 kg de 2,4 D et 6,25 kg de 2,4,5-T. Des milliers de soldats américains, mais aussi alliés, sont contaminés par ces produits. Alors que le Département de la Défense (DOD) américain ne considère pas l'herbicide « agent Orange » comme toxique pour l'être humain, des experts de l'Institut national de la Santé des Etats-Unis révèlent, en 1969, des malformations congénitales chez les animaux de laboratoire. L'opération « Ranch Hand » est seulement arrêtée en 1971... Vingt années durant, pour ne pas avoir à dédommager les anciens combattants malades et-ou parents d'enfants handicapés, certains hauts responsables américains ont occulté, falsifié des rapports scientifiques alarmants concernant la toxicité à long terme des dioxines (6).

Un véritable « Tchernobyl chimique »

À ce jour, les abords de l'ancien aéroport de A Sho sont toujours pollués par la dioxine. Entre 1994 et 2000, les recherches effectuées par le comité 10/80 et l'organisme Canadien "Hatfield Consultants" montrent que cet aéroport est profondément contaminé. Véritable "Tchernobyl chimique", le gouvernement a récemment obligé les habitants à quitter la zone. Élevage et culture sont interdits ; dans la région, les malformations génétiques se comptent par centaines. À la souffrance physique de Kê Van Bac, s'ajoute la charge des soins de l'enfant et le sentiment de culpabilité et d'infériorité pour sa mère.
Victime vietnamienne de la dioxine. Photo Alexis Duclos.
Dans de nombreuses régions où l'armée américaine a déversé des herbicides en quantité, la dioxine reste persistante dans l'environnement et peut frapper les habitants qui vivent dans ces régions.
Hô Van Moi, ancien combattant Vietcong et blessé à la jambe à la suite d'un éclat d'obus, aujourd'hui médecin et directeur de l'hôpital de A Luoi, me raconte d'une façon calme, et sans ressentiment, ses années de guerre alors qu'il était soldat Vietcong. « Avant il y avait la forêt, et puis lorsqu'ils ont déversé les produits, tout est devenu mort ; les arbres, les animaux, et les personnes... À cause de la faim, les gens étaient si faibles qu'ils ne pouvaient pas enterrer les morts... Vous ne pouvez pas imaginer ce que nous avons souffert... 


Et, quelle est la conclusion, en tout cas pour l'agent orange. Le courrier du Vietnam nous en informe. Alors, attendez-vous que cela se passe d'une manière semblable pour les victimes de Mosanto et compagnie.


Le courrier du Vietnam:
Agent orange : une décision injuste de la Cour suprême américaine - 04/03/2009 Le combat continuera jusqu'à ce que la justice soit rendue à toutes les victimes de la campagne
de "guerre chimique" menée par le gouvernement américain au Vietnam.
C'est ce qu'a souligné l'avocat Jonathan Moore, conseiller de l'Association des victimes de l'agent orange/dioxine du Vietnam (VAVA), pour le procès intenté par les victimes vietnamiennes de l'agent orange/dioxine contre 37 compagnies américaines des produits chimiques ayant fabriqué ce toxique déversé au Vietnam par l'Armée américaine pendant la guerre, après la décision rendue publique le 2 mars par la Cour suprême américaine de ne pas examiner la plainte des victimes vietnamiennes.
La Cour n'a donné aucun commentaire sur sa décision, prise le 27 février dernier, rejetant ainsi la plainte des victimes vietnamiennes et 2 autres plaintes des vétérans américains contre les fabricants de produits chimiques américains pour leur demander d'indemniser les dommages.
Auparavant, la pétition des victimes vietnamiennes avait été rejetée par la Cour d'appel fédérale de New York, bien que plusieurs recherches scientifiques comme les réalités prouvent un lien direct entre ces défoliants, les cancers, le diabète et les malformations congénitales.
De son côté, Merle Ratner, coordinatrice de Vietnam agent orange relief and responsibility campaign (VAORRC), s'est déclarée indignée, en tant qu'une citoyenne américaine, que la Cour suprême américaine avait refusé la justice à plus de 3 millions de victimes vietnamiennes de l'agent orange/ dioxine ainsi qu'aux vétérans américains affectés par ce produit nocif.
Elle a annoncé que ce procès de la VAVA avait bénéficié d'un soutien public sans précédent tant aux États-Unis que dans le monde pour demander la justice et la compensation aux victimes vietnamiennes. "Les Américains continuerons de lutter pour demander la justice et la compensation aux victimes et pour nettoyer les points chauds au Vietnam", souligne-t-elle.


Réfléchissez, mes chers lecteurs.
A bientôt.
René.

PS :


 Rescoop

Etats-Unis : on a frôlé un nouveau Fukushima

A cause de la tempête tropicale Sandy qui a balayé l’est des Etats-Unis, 2 réacteurs nucléaires ont été arrêtés, 2 ont eu des incidents et une centrale (Oyster Creek dans le New Jersey) a été mise en alerte de niveau 2 ? sur une échelle de 4 ? car elle a failli être dans la même situation que Fukushima.

En effet, les deux évènements précurseurs à l’accident étaient identiques :

1) Perte d’alimentation électrique extérieure

2) Montée des eaux et perte partielle de la source froide permettant de refroidir le cœur

Deux experts nucléaires états-uniens ont communiqué sur cette situation : Robert Alvarez d’une part a assuré que si une forte inondation ou des vents violents avaient mis à plat le système électrique de secours, la centrale aurait alors été en situation de black-out, situation qui avait mené au désastre de Fukushima, au Japon en 2011. D’autre part, Arnie Gundersen a déclaré que si le réacteur avait fonctionné en pleine capacité ? Oyster Creek était en phase de ravitaillement ? ça aurait été le pire des scénarios, comme à Fukushima.

La situation à la centrale nucléaire de Salem (dans le New Jersey également) était aussi critique : 4 pompes sur 6 destinées à la circulation d’eau étaient en panne.

En effet, la menace était réelle : l’autorité de sûreté nucléaire américaine, par la voix de son porte-parole Neil Sheehan, a annoncé qu’il restait encore à régler de nombreuses questions concernant la stabilité de la température des réacteurs affectés par la tempête.
Or nul n’ignore aujourd’hui que la maîtrise de la température d’un réacteur est la clé de voûte de la sûreté nucléaire. Sans refroidissement, c’est la fonte du cœur assurée en une dizaine d’heures quand une centrale est en fonctionnement habituel.

Pour mémoire, on a déjà frôlé la catastrophe deux fois en Europe depuis Tchernobyl :

- une fois en 1999 avec l’inondation de la centrale nucléaire du Blayais (Gironde) qui ont mis hors service plusieurs systèmes de refroidissement.

- une autre fois en 2006 à Forsmark (Suède) : à 7 minutes près, le cœur du réacteur commençait à fondre

Il faut le redire à tous ceux qui clament que l’énergie nucléaire est sûre : un tsunami ou un tremblement de terre ne sont pas nécessaires à l’arrivée d’une catastrophe nucléaire. Bien d’autres évènements peuvent survenir, comme le rappellent justement Stéphane Lhomme ici ou Trifouillax là.

Comme d’habitude en cas de menace, le message se voulait rassurant : « Il n’y a aucune menace de fuite » radioactive, annonçait Craig Fugate, de l’agence américaine de gestion des crises (FEMA), interrogé sur la chaîne NBC. Mais le lendemain, on apprenait de l’opérateur de la centrale de Salem 1 que le réacteur avait sans doute relâché des gaz pouvant contenir du tritium.

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