samedi 21 décembre 2013

Salut mes chers lecteurs, vous ne croyez pas à la dictature des multinationales, eh, bien, vous allez comprendre votre douleur quand l'état français deviendra leur gendarme !

Mes chers cinq lecteurs, de plus en plus de personnes ont conscience qu'il faut remettre le système à plat aux Etats-Unis, mais, auront-ils le temps et l'influence nécessaire pour le faire avant que la finance et les multinationales prennent définitivement le pouvoir sur les états ?

(source : les Moutons Enragés)

Ron Paul declare : » Après 100 ans d’échec , il est temps de mettre fin à la Fed »

Une grosse bombe de lâchée par ce politique américain, membre du parti républicain: mettre fin à la plus grande escroquerie de l’histoire des USA, et également la plus grande trahison aux pères fondateurs: la banque fédérale!
EndtheFedBumperStickerWhite2lg
Source de l’image: endthefedusa.ning.com
Soumis par Ron Paul via Le blog Gratuit de la Fondation,
Cette semaine, le Système de réserve fédéral va célébrer le 100e anniversaire de sa fondation. Il est le résultat de négociations secrètes entre les banquiers et les politiciens à Jekyll Island, la création de la Fed a établi un cartel bancaire et une conseil de surveillants du gouvernement qui n’a cessé de se renforcer au fil des ans. On aurait pu penser que cet anniversaire susciterait une sorte de reconnaissance publique de la croissance de la Fed d’un quasi-agent du Département du Trésor destiné à fournir une monnaie élastique, à une institution indépendante de facto qui a pris le contrôle complet de l’économie par sa planification monétaire centrale. Mais tout comme la création de la Fed, son 100e anniversaire peut aller et venir avec seulement quelques mentions qui passent.
Comme beaucoup d’autres morceaux horribles et anticonstitutionnels de loi, le projet de loi qui a créé la Fed, le Federal Reserve Act, a été adopté sous une grande pression, le 23 Décembre 1913, dans les derniers instants avant que le Congrès ne se retire pour Noël, avec de nombreux membres déjà absents avant le vote final. Cette méthode sournoise de faire pression sur le Congrès avec un tel délai pour passer le Federal Reserve Act constituerait une préfiguration d’effets insidieux de la Fed sur l’ économie américaine, avec des actions effectuées sans transparence.
Officiellement formé dans le but de prévenir les crises financières telles que la panique de 1907, la Fed est devenue de plus en plus puissante au fil des ans. Plutôt que de prévenir les crises financières, cependant, la Fed en a constamment provoqué de nouvelles. À peine quelques années après sa création, la politique monétaire inflationniste de la Fed pour aider à financer la Première Guerre mondiale a conduit à la dépression de 1920. Après que l’économie ait rebondi suite a cet épisode, une nouvelle injection d’argent facile et de crédit de la Fed a conduit aux années folles et à la Grande Dépression, la pire crise économique de l’histoire américaine.
Mais même si la Fed a continué à faire les mêmes erreurs encore et encore, personne à Washington n’ a jamais remis en question la sagesse d’avoir une banque centrale. Au lieu de cela, après chaque épisode, la Fed a eu de plus en plus de pouvoir sur l’économie. Même si la Fed avait provoqué la stagflation (?) des années 1970, le Congrès a décidé de charger officiellement la Réserve fédérale en 1978 du maintien du plein emploi et la stabilité des prix, combiné à l’ajout constant de réglementations terriblement nocives. Parlez de mettre les détenus en charge de l’asile !
Maintenant, nous récoltons les effets nocifs d’un siècle de politique monétaire laxiste, alors que notre économie reste embourbée dans la médiocrité et totalement dépendante sur un flux d’argent facile de la banque centrale. Il y a un siècle, les politiciens n’ont pas compris que les paniques financières du 19ème siècle ont été causées par la collusion entre le gouvernement et le secteur bancaire. Le monopole de plus en plus croissant du gouvernement sur la création de l’argent et le traitement de faveur pour la dette publique combinés pour créer un système bancal, et la panique du systeme bancaire. Si les législateurs avaient su ce que nous savons maintenant, nous pourrions espérer qu’ils n’auraient jamais établi le Système de réserve federal.
Aujourd’hui, cependant, nous le savons mieux. Nous savons que la Réserve fédérale continue de renforcer la collusion entre les banques et les politiciens. Nous savons que la politique monétaire inflationniste de la Fed continue de récolter les bénéfices de Wall Street tout en appauvrissant la rue. Et nous savons que le régime monétaire actuel est au bord d’un précipice. Cent ans, c’est assez long. Mettez fin a la Fed.
Source: zerohedge.com
Traduction: Valérie pour les moutons enragés (un immense merci à elle)

Et, dans la rubrique les socialistes français sont des menteurs et le président françois hollande nous prend pour des GROS CONS, voici :

(source : idem)

Dans un silence médiatique de cathédrale, la majorité socialiste installe Big Brother à l’Elysée

Les 5 et 18 décembre 2013 resteront des jours particulièrement noirs dans l’histoire de la démocratie française (ou plutôt de ce qu’il en reste).
L’Assemblée Nationale -pourtant censée représenter les intérêts du peuple et défendre les libertés fondamentales des citoyens français- vient en effet d’adopter dans un silence médiatique de plomb un projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2014-2019 qui autorisera demain un flicage de tous les Français en réalité digne des pires états totalitaires. Un texte législatif qui acte la mise en place d’une surveillance systématique et généralisée des citoyens, sur Internet et sur tous les réseaux de communication.
Cette loi totalement liberticide permet donc, sous le prétexte éculé et directement inspiré du sinistre Patriot Act américain de « prévention du terrorisme  »mais aussi, et beaucoup plus largement au nom de « la sécurité nationale, la sauvegarde des éléments essentiels du potentiel scientifique et économique de la France… » ou de la lutte contre « la criminalité et de la délinquance organisées et la reconstitution ou le maintien de groupements dissous  » la capture en temps réel et sur simple demande administrative, sans aucun mandat judiciaire de toutes les informations, coordonnées, adresses, conversations et documents échangés sur le net et sur les réseaux sociaux (1). Elle rendra par ailleurs permanents des dispositifs de surveillance et de contrôle tous azimuts qui ne pouvaient être jusque là que temporaires.
Totalement attentatoire aux libertés fondamentales, scandaleuse, cette loi autorise notamment (article 13) la surveillance en temps réel des « informations et documents traités et conservés dans les réseaux » à la demande et pour le compte de plusieurs ministères ou organismes gouvernementaux (sécurité intérieure et ministère de la défense, mais aussi par exemple ministères de l’économie et du budget), pour des prétextes qui dépassent en réalité très largement la « protection des citoyens contre des incidents d’une exceptionnelle gravité » bien évidemment mise en avant pour justifier cette forfaiture législative. Cette surveillance presque sans limites de nos échanges et communications se fera directement auprès des fournisseurs d’accès mais également de tous les hébergeurs et fournisseurs de services en ligne. Pire encore, aucune dispositif n’a été prévu et mis en place pour l’encadrer ou la limiter en cas d’abus.
Loin d’avoir provoqué en France le salutaire sursaut démocratique et plus encore le tollé généralisé qu’il aurait évidemment mérité, le scandale planétaire des écoutes systématiques et souvent délirantes de la pieuvre américaine NSA semble donc bien avoir en réalité désinhibé, totalement libéré les ambitions aujourd’hui ouvertement totalitaires du gouvernement Ayrault et de sa majorité socialiste. Une fuite en avant dans le flicage des citoyens potentiellement malpensants qui n’a d’ailleurs pas ému plus que cela l’opposition UMP… mais faut-il encore faire mine de s’en étonner. Tout est passé comme une lettre à la poste et personne donc, ni l’opposition, ni les associations droits-de-l’hommistes obnubilées par la situation des Roms ou la vraie-fausse affaire Taubira, ni la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) dont on se demande une fois de plus à quoi elle est bien censée pouvoir servir, ni bien entendu les médias du système bien trop occupés à célébrer les mérites -véritables ou fantasmés- de feu Nelson Mandela ou à commenter la dernière élection d’une Miss France « cosmopolite » sur TF1 n’y ont rien trouvé à redire. A l’exception, il faut bien hélas le reconnaître, de la seule Marine Le Pen sur Europe 1 face à la carpette Elkabbach (8.20 sur la vidéo en lien).
Profitez donc bien chers lecteurs, pendant les quelques semaines qui viennent, sur La Plume, Agoravox ou ailleurs, des derniers pauvres moments et espaces de liberté et de confidentialité qui vous restent… car demain sera un tout autre jour, un tout autre monde… le meilleur des mondes, celui d’Aldous Huxley, celui du 1984 de Georges Orwell, celui que nous offre à présent notre « président normal » de la Socialie heureuse, Big François Hollande.
Note :
(1) La loi permet en effet de collecter les « informations ou documents traités ou conservés par leurs réseaux ou services de communications électroniques, y compris les données techniques relatives à l’identification des numéros d’abonnement ou de connexion à des services de communications électroniques, au recensement de l’ensemble des numéros d’abonnement ou de connexion d’une personne désignée, à la localisation des équipements terminaux utilisés ainsi qu’aux communications d’un abonné portant sur la liste des numéros appelés et appelant, la durée et la date des communications  ».
Source: Agoravox.tv via Sott.net

Et, dans la rubrique, cela n'arrivera pas en France, retour sur l'Islande :

(source : le Monde Europe)

Cinq ans après la crise, l'Islande juge toujours ses ex-banquiers

Le Monde.fr avec AFP |  • Mis à jour le 
Abonnez-vous
à partir de 1 €
 Réagir Classer
Partager   google + linkedin pinterest



Vue de Reykjavik, en avril 2013.

Cinq ans après avoir été balayée par une crise économique qui avait laissé le pays exsangue, l'Islande continue à juger les « Néo-Vikings » de la finance, des responsables du secteur financier accusés d'avoir mené le pays à la faillite. Trois anciens dirigeants de la banque Kaupthing – l'une des trois principales banques islandaises à avoir fait faillite en 2008 – ont été condamnés pour fraude, jeudi 12 décembre.

Les trois anciens banquiers ont été reconnus coupables par un tribunal de Reykjavik d'avoir enfreint leurs obligations de transparence et d'avoir manipulé le marché boursier. Ils avaient en effet caché qu'un investisseur qatari qui avait acheté 5,1 % de la banque en pleine crise financière l'avait fait avec des sommes qu'elle lui avait prêtées. A l'époque, l'arrivée de cet investisseur, alors que le système bancaire islandais était en pleine déliquescence, avait été saluée par Kaupthing comme un signe de solidité évident. Mais la banque avait fait faillite dès le mois suivant, emportée avec ses consœurs par la panique qu'avait déclenchée l'effondrement de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers.
L'ancien directeur général, Hreidar Mar Sigurdsson, a été condamné à cinq ans et demi de prison, et l'ancien président, Sigurdur Einarsson, à cinq ans. L'ancien directeur de la filiale luxembourgeoise, Magnus Gumundsson, qui avait joué un rôle clé dans ce prêt, a été condamné à trois ans et demi d'emprisonnement. Une peine de trois ans de prison a également été prononcée contre un actionnaire important, Olafur Olafsson, qui avait donné son assentiment.
« PURGER » LE SECTEUR FINANCIER
Ce jugement est l'aboutissement du travail d'une commission mise en place en janvier 2009 qui cherche et traduit en justice ceux qui ont joué un rôle dans l'effondrement économique du pays. A la tête de cette commission, l'enquêteur Olafur Hauksson définissait son rôle dans un entretien au Monde.fr en 2012  « D'un côté, il s'agit d'enquêter sur toutes les suspicions de fraudes et délits commis avant 2009, de l'autre, nous engageons nous-mêmes des poursuites en justice contre les présumés coupables. » Une procédure unique au monde, qui a permis selon lui « de montrer à quel point le système bancaire qui avait été mis en place était à mille lieues de ce qu'on imaginait de lui. »
Lire notre reportage à Reykjavik sur la commission : Comment l'Islande traque ses "Néo-Vikings" de la finance, responsables de la crise
Dans ce pays de 320 000 habitants, l'idée du gouvernement qui avait mis en place cette commission d'enquête était de « purger » le secteur financier de l'île. Malgré un indéniable redémarrage économique — la croissance y a atteint 3 % sur les trois premiers trimestres 2013 — les Islandais restent profondément marqués par ce 6 octobre 2008, quand le ciel leur est tombé sur la tête. En direct à la télévision nationale, le premier ministre avait conclu ce jour-là son discours en appelant Dieu à « sauver l'Islande ». En moins d'un mois, les trois banques du pays, surendettées à hauteur de 800 % du produit intérieur brut, s'étaient déclarées en faillite, et la couronne s'effondrait sous les yeux médusés de ceux qui avaient cru au « miracle islandais ».

Et, oui, mes chers lecteurs, nous avec l'Union Européenne, nos comptes en banque sont carrément mis à la disposition des banquiers au cas où ils frôlent la faillite frauduleuse.




En cas de crise, les banques pourront prélever les dépôts des épargnants


 - 

Les représentants de l'Union européenne ont décidé de mettre à contribution les épargnants à partir de 2016.





Les dépôts seront garantis jusqu'à 100.000 euros. Sipa
Les dépôts seront garantis jusqu'à 100.000 euros. Sipa




Après la ponction des épargnants chypriotes cette année et l'idée émise par le FMI d'une supertaxe de 10% sur le patrimoine, l'Europe vient d'entériner la participation des déposants au renflouement des banques en cas de crise grave.L'accord, scellé mercredi 11 décembre, est passé relativement inaperçu, alors qu'il pourrait être d'une importance capitale pour les épargnants.
Les Européens se sont mis d'accord sur une loi prévoyant des règles de renflouement interne des banques, ou "bail-in", afin d'éviter de ne faire participer que les Etats au sauvetage des établissements financiers.
"Grand pas franchi ce soir: accord #BRRD pour 28", a écrit sur son compte twitter le commissaire européen chargé des Services financiers, Michel Barnier, en référence à la directive sur le sauvetage des banques. "Contribuables ne seront plus premiers à payer pour erreurs des banques", a-t-il ajouté.
"C'est un pas fondamental vers la réalisation de l'union bancaire", a assuré Michel Barnier dans un communiqué.
Des représentants du Parlement européen, du Conseil qui représente les Etats, et de la Commission européenne se sont mis d'accord au cours d'un "trilogue" sur ce texte, qui s'appliquera aux 28 Etats membres.
Cette nouvelle directive s'articulera avec le Mécanisme unique européen de résolution des banques, qui fait toujours l'objet de difficiles négociations au niveau des ministres, et destiné lui à la seule zone euro. Les ministres des Finances doivent se retrouver mercredi prochain pour tenter de finaliser un accord sur ce sujet.

Dépôts garantis jusqu'à 100.000 euros

Selon la directive, lorsqu'une banque sera en difficulté, les autorités nationales pourront intervenir pour l'empêcher de sombrer. De source européenne, on a indiqué qu'une "recapitalisation préventive et des instruments publics de stabilisation" étaient prévus "sous de strictes conditions".
La recapitalisation ne concernera ainsi "que les banques solvables qui doivent être recapitalisées en cas de faiblesses identifiées par les tests de résistance".
Si une banque est proche de la faillite, le renflouement interne ou "bail-in" s'appliquera, par opposition au "bail-out" privilégié pendant la crise et qui faisait appel à l'argent public, creusant ainsi les déficits.
Les premiers à payer seront les actionnaires puis les créditeurs (autrement dit, notamment les épargnants qui disposent de fonds sur leurs comptes), qui devront couvrir au minimum 8% des pertes de la banque avant que l'on puisse faire appel à des fonds nationaux de résolution, abondés par le secteur bancaire.
Les dépôts seront garantis jusqu'à 100.000 euros. Au-dessus de cette somme, les personnes physiques et des petites et moyennes entreprises bénéficieront d'un traitement préférentiel par rapport aux autres créanciers. 
Lors de la crise bancaire, pour rassurer les épargnants, l'UE avait relevé dans l'urgence cette limite de 20.000 à 50.000 euros, et elle était passée à 100.000 euros fin 2010.

Mécanisme national de garantie

Le 17 décembre, les représentants des Etats et le Parlement européen ont précisé les modalités de la garantie des dépôts bancaires. Dans un délai de 10 ans à partir de l'entrée en vigueur de ces nouvelles règles, chaque mécanisme national de garantie devra disposer d'un montant égal à 0,8% des dépôts couverts. Le délai pourra être allongé si la garantie doit être activée dans la période initiale de 10 ans.
Les banques y contribueront en fonction de leur profil de risque.
Quant aux déposants, ils recevront leur argent dans un délai de sept jours ouvrables après la faillite de la banque, contre 20 jours actuellement, même si des exceptions sont possibles jusqu'en 2024.
Les Etats auront 12 mois pour transposer cette directive dans leur législation nationale à partir de son adoption définitive, désormais imminente.

Entrée en vigueur en 2016

Les règles du "bail-in" entreront quant à elles en vigueur au 1er janvier 2016. La Commission avait d'abord prévu une application à partir de 2018, mais la Banque centrale européenne avait fait part de ses inquiétudes pour la période intermédiaire, craignant que le Mécanisme de résolution unique de la zone euro n'ait à régler le sort de certaines banques sans disposer de cet outil.
Jusqu'ici, ce sont les Etats, avec l'argent des contribuables, qui renflouaient les banques (un "bail out"). Ce renversement pose un certain nombre de questions, notamment sur la transparence de la gestion des banques pour les épargnants. Les informations disponibles pour les clients sont souvent très compliquées à décrypter pour juger de la santé financière de leur établissement bancaire. En outre, cela assure les banques que tout sera fait pour qu'elles ne fassent pas faillite, ce qui pourrait les inciter à être moins prudentes sur les marchés.
(Avec AFP)

Quant-à l'accord de libre échange entre les Etats-Unis et l'Europe, aucune organisation n'appelle les citoyens européens à descendre dans la rue.  La morale de cette histoire, c'est qu'elles critiquent tout en laissant faire.
Et, c'est valable pour le Front de Gauche en France.

A bientôt.
René.

PS : (source : TV5 monde)

Accords de libre échange :  les Etats de l'Union bientôt attaqués en justice ?
 
Les négociations sur les accords de libre échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis ont débuté en juillet et reprennent en cette fin d'année. La création d'un tribunal arbitral commercial permettant aux multinationales de trainer les Etats en justice est dénoncée par de nombreux syndicats et ONG. Le modèle économique et juridique qui s'annonce avec ces accords pourrait-il mettre en cause la souveraineté des Etats ? 
15.12.2013Par Pascal HérardLe nouveau "round" de négociation sur le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (Transatlantic Trade and Investment Partnership, TTIP en anglais), entre les Etat-unis et l'Union européenne, débute ce lundi 16 décembre 2013 à Washington. Le contenu exact du projet de mandat de négociation n'est toujours pas officiellement public, les représentants de plusieurs pays des 28 pays membres de l'UE s'y refusant (Allemagne, Danemark et Pays-Bas). Mais le projet, uniquement autorisé en diffusion restreinte, circule tout de même (voir encadré : le projet de négociation), et son contenu inquiète une grande partie des observateurs de ces accords de libre-échange. Et pour cause : un tribunal arbitral privé pourrait voir le jour, doté de pouvoirs supra-nationaux permettant à des multinationales de porter plainte contre les Etats. 
Yannick Jadot : "Ce traité sert les intérêts privés au détriment de l’intérêt général"

Cour de justice privée pour investisseurs mécontents

Au delà des changements de règles dans les échanges commerciaux internationaux qu'imposeraient ces accords à l'Union, une sorte de recomposition de l'espace démocratique pourrait voir le jour, basée sur un système déjà en place aux Etats-Unis et dans des zones de libre échange déjà existantes : le tribunal arbitral commercial privé. 

Le député écologiste français Yannick Jadot,membre du comité stratégique sur l’accord de partenariat transatlantique entre l’Europe et les Etats-Unis, dénonce sur son blog ce "hold-up" à venir des multinationales à l'encontre des Etats : "La mise en place d’un mécanisme juridique spécifique sera utilisée par les entreprises, américaines et européennes, pour attaquer directement les Etats si elles considèrent que des lois réduisent leurs bénéfices. Elles n’hésiteront pas à demander des centaines de millions d’euros de dommages et intérêts comme c’est déjà le cas en Amérique du Nord. Ce traité sert les intérêts privés au détriment de l’intérêt général, les firmes multinationales au détriment des citoyens des deux côtés de l’Atlantique". 

Ce système de tribunal arbitral privé était déjà proposé au sein de l'Accord Multilatéral pour l'Investissement (AMI) en 1995 : celui-ci avait été abandonné en 1998. La possibilité de voir des pays attaqués en justice par des firmes privées au sein d'une cour constituée d'avocats d'affaires, et sans appel possible, avait alors créé un tel scandale que l'AMI n'avait pu être signé par les chefs d'Etats des grandes nations industrielles. 

Depuis, des tribunaux arbitraux ont été mis en place dans le cadre de zones de libre échange spécifiques : l'accord de libre échange nord américain, l'ALENA (en anglais, North American Free Trade Agreement, NAFTA), a permis récemment, par exemple, à une firme pétrolière américaine, Lone Pine, d'attaquer l'Etat canadien en justice. En cause : l'application par le gouvernement canadien d'un moratoire sur les gaz de schiste. Lone Pine demande 250 millions de dollars américains de dommages et intérêts. Cette entreprise estime qu'interdire l'exploitation des gaz de schiste — qui causent des dommages environnementaux jugés inacceptable par le gouvernement canadien — lésait ses investissements et ses profits à venir : le tribunal privé de l'ALENA est saisi, le Canada pourrait être condamné pour vouloir protéger ses nappes phréatiques… 
La ministre du commerce extérieur français, Nicole Bricq défend "un accord de libre-échange utile et ambitieux entre l’Union Européenne et les Etats-Unis", sans consulter les ONG et les organisations syndicales, ni leur répondre…(photo : AFP)

La loi nationale déboutée ?

La problématique de l'instauration d'un tribunal arbitral dans le cadre d'accords de libre-échange est centrale puisqu'elle ouvre la voie à une nouvelle donne démocratique : ce ne sont plus les lois du pays, votées par des élus du peuple, qui passent au premier plan, mais la protection des investisseurs étrangers, qui peuvent les contester. 

Ce nouveau droit supra-national a déjà des précédents et touche à de nombreux domaines : santé, services publics, environnement, droit du travail, etc… Les exemples ne manquent pas,comme le mouvement altermondialiste Attac le souligne sur son site : "Philip Morris v. l'Uruguay et Australie : Au travers d’un traité bilatéral d’investissements, le géant du tabac Philip Morris poursuit en justice l’Uruguay et l’Australie sur leurs lois anti-tabac. La compagnie soutient que les encadrés d’alerte sur les paquets de cigarettes et les simples emballages les empêchent d’afficher effectivement le logo de leur marque, causant une perte substantielle de leur part de marché. Achmea v. la république slovaque : Fin 2012, l’assureur néerlandais Achmea (anciennement Eureko) a reçu 22 millions d’euros de la Slovaquie en compensation car, en 2006, le gouvernement slovaque a remis en cause la privatisation de la santé effectuée par l’administration précédente et demandé aux assureurs de la santé d’opérer sans ne plus faire de profits."

La protection de l'environnement et le droit du travail sont des sujets particulièrement sensibles dans le cadre des "règlement des différends investisseur-État" — terminologie officielle pour qualifier la possibilité de plaintes des entreprises auprès du tribunal arbitral contre un Etat. Pour sa protection de l'environnement, la politique française d'interdiction de l'exploitation des gaz de schiste risque d'être rapidement punie par le futur tribunal arbitral. Quant à des lois de protections des salariés, ou une augmentation du salaire minimum, il est certain que les investisseurs étrangers n'hésiteraient pas à aller demander réparation pour les "préjudices" subis au cas où les acciords seraient conclus. Cette possibilité, l'eurodéputé Yannick Jadot la dénonce, inscrite dans l'article 23 du mandat de négociations (lien en encadré), puisqu'elle permettra de "contester, et potentiellement obtenir, des dommages et intérêts considérables si des Etats ou des collectivités décident de nouveaux droits ou normes qui impactent leurs perspectives de profits". 

La souveraineté nationale pourrait donc être largement remise en cause par ces accords de libre-échange et son tribunal arbitral commercial privé. Ce que l'eurodéputé communiste Patrick Le Hyaric résume en une phrase : "C'est un véritable missile contre les peuples, les travailleurs et les Etats".

Aucun commentaire: