lundi 17 février 2014

(blog à finir et à corriger)

Alors, mes chers cinq lecteurs, l'INRA en France, vous connaissez ?
Non ?
Eh, bien, c'est l'Institut national de la recherche agronomique, pas moins !
Vous savez ces chercheurs qui sur ordre supérieur de l'époque nous ont aidé à nous lancer à fond dans l'agriculture intensive avec pesticides et autres saloperies.
Aujourd'hui, ils sont à fond dans la recherche OGM.
Cet INRA qu'a quitté le père Bourguignon qui aujourd'hui a monté sa propre boîte et travaille sur la reconstitution des sols, que ce même INRA aide à stériliser.
Eh, bien, aujourd'hui, il y a révolte dans la baraque
Des chercheurs s'ingurgent !

(source : Reporterre)

Tempête à l’INRA autour d’un rapport sur l’agriculture biologique

MARIE ASTIER (REPORTERRE)
lundi 17 février 2014
Plus de cent chercheurs en agronomie ont envoyé une lettre à la direction de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Dans cette lettre, révélée par Reporterre, les chercheurs vilipendent le parti pris non scientifique d’une étude critiquant l’agriculture biologique. Face à cette bronca exceptionnelle, la direction de l’Institut agronomique se réfugie dans le silence.

Ils sont agronomes, géographes, économistes, sociologues, généticiens ou encore chercheurs en cancérologie. Ils travaillent dans des écoles d’agronomie, des universités ou des instituts reconnus de la recherche française, tels que le CNRS (Centre national de la recherche scientifique), l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) et l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale).
Ce matin, ils sont cent seize chercheurs à avoir signé en leur nom propre une longue lettre adressée au PDG de l’INRA. Reporterre a pu se la procurer : elle demande le retrait de ce qui était présenté comme une grande synthèse scientifique de l’institut sur l’agriculture biologique. Une copie a même été adressée au ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll.
- Lettre à télécharger :
PDF - 205 ko
L’étude contestée est le volume 1 du rapport Vers des agricultures à hautes performances, intitulé Analyse des performances de l’agriculture biologique. Réalisé sous la direction du directeur scientifique agriculture de l’INRA, Hervé Guyomard, il répond à une commande du Commissariat Général à la Stratégie et à la Prospective (CGSP), institution rattachée au Premier ministre.
Publié en octobre dernier, le document a suscité une série de réactions critiques, de la FNAB (Fédération nationale de l’agriculture biologique) et du syndicat SUD Recherche .
Mais de manière plus inattendue, la critique s’est propagée dans toute la communauté des chercheurs en agronomie et a conduit, en quelques mois, à cette lettre adressée par le collectif de scientifiques à l’INRA vient ajouter une réponse académique. "De nombreux éléments constituant ce rapport le rendent très critiquable", affirme le courrier.
"Ce rapport jouit de la légitimité scientifique de l’INRA, il sera repris et cité dans beaucoup de travaux scientifiques. Ce serait grave qu’il reste comme cela, sans débat au sein de la communauté des chercheurs. C’est pour cela qu’on demande de le retirer", explique sous couvert d’anonymat l’un des rédacteurs de la missive.
Indice que l’affaire est grave, de nombreux chercheurs et ingénieurs employés par l’INRA ont accepté de mettre leur nom en bas de la lettre. "Ce n’est pas évident de remettre en cause une production de son propre institut", remarque un autre signataire.
Un rapport qui s’appuie sur… un climato-sceptique
Point par point, chapitre par chapitre, le groupe de savants a donc entrepris d’identifier les faiblesses scientifiques de ce rapport. Au final, il est décortiqué en dix pages très denses.
"Nous voulions construire une critique argumentée de ce rapport. C’est une note écrite à plusieurs mains. Chaque partie a été relue par plusieurs experts du domaine concerné", explique à Reporterre l’un de ses auteurs. "Il ne s’agit pas de prendre partie en faveur de l’agriculture biologique, mais de plaider pour une analyse rigoureuse de ses forces et de ses faiblesses, ce qui, à nos yeux d’universitaires et de chercheurs. Cette attitude équilibrée n’est pas adoptée dans ce rapport", indique en préambule le courrier.
Première critique, "dès l’introduction, le rapport cite à plusieurs reprises des ouvrages et pamphlets connus pour leur hostilité à l’agriculture biologique", relève la lettre des chercheurs. La première citation du rapport fait référence à un ouvrage de Gil Rivière-Wekstein, clairement opposé au bio, intitulé Bio, fausses promesses et vrai marketing. Journaliste agricole, l’auteur est également directeur de la publication de la lettre d’informationAgriculture&Environnement, qui relaye notamment les positions des climatoseptiques.
Rien que la lecture du résumé du rapport (p.6) donne en effet l’impression que l’agriculture biologique manque sérieusement d’avantages : "L’analyse montre que l’agriculture biologique souffre d’un handicap de productivité physique (...) ; les qualités nutritionnelles, sanitaires et organoleptiques des produits issus de l’agriculture biologique ne sont pas sensiblement différentes de celles des produits issus de l’Agriculture Conventionnelle, de sorte qu’il est peu probable que les consommateurs de ces produits en tirent un bénéfice significatif en matière de santé."
Le bio, pas si bon que ça pour la santé et l’environnement
Ensuite, la première partie du rapport propose une revue des précédentes études menées sur les performances de l’agriculture biologique (p.17). Une synthèse faite de descriptions "souvent partielles voire sélectives", écrivent les auteurs de la lettre.
Ainsi, dans la partie sur la qualité sanitaire des aliments issus de l’agriculture bio (p.57), le rapport ne consacre qu’une demi-page (sur 6 pages) à la contamination des aliments par les pesticides et "aucun lien avec les risques pour la santé n’y est mentionné", s’étonnent les rédacteurs du courrier. Le fait que les aliments bios ne contiennent pas de pesticides n’est même pas mentionné parmi les avantages de ce type d’agriculture.
De même, "l’effet positif sur la santé des agriculteurs de la non-utilisation de pesticides de synthèse en Agriculture biologique est minimisé dans le rapport",ajoute la lettre. Là encore, le rapport consacre seulement une demi-page au sujet et le titre elliptique du chapitre (p.139) est évocateur : "Un effet plutôt positif de l’agriculture biologique sur la santé des travailleurs agricoles".
A la lecture du rapport, même les "performances environnementales" de l’agriculture biologique semblent limitées. Il souligne que "le problème de la contamination des sols et des eaux par le cuivre et le soufre [produits utilisés en agriculture bio - NDLR] reste préoccupant" (p.114) mais il n’introduit "aucun élément de comparaison avec l’utilisation de produits phytosanitaires en agriculture conventionnelle", déplorent les scientifiques auteurs de la lettre critique.
"Cette absence totale de relativité dans l’analyse conduit à minimiser complètement l’avantage de l’agriculture biologique en ce qui concerne l’utilisation de pesticides."
Le rapport de l’INRA propose d’autoriser les pesticides chimiques dans l’agriculture bio
La deuxième partie du rapport s’appuie sur des données originales, afin d’analyser la "productivité et la rentabilité" de l’agriculture bio en France. Pour analyser ses rendements, il s’appuie sur une base de données où certaines exploitations bio sont classées comme utilisant des herbicides, pourtant interdits dans le cahier des charges... "Cette interdiction des herbicides n’est visiblement pas connue des auteurs du chapitre", s’inquiète le courrier adressé à l’INRA. Une fois exploitées, ces données visiblement erronées permettent à l’étude de conclure que le rendement en agriculture biologique augmente quand on applique des herbicides.
Une observation utilisée ensuite par le rapport pour proposer l’autorisation de certains pesticides de synthèse en agriculture biologique, afin d’améliorer les performances. Une recommandation "particulièrement problématique", relèvent les rédacteurs de la lettre : "Cela remet en cause la définition même de l’agriculture biologique, qui refuse l’utilisation d’intrants chimiques de synthèse."
Ils relèvent également un problème méthodologique dans le chapitre suivant, qui analyse "la compétitivité de l’agriculture biologique". Il s’appuie sur un questionnaire diffusé via internet : 1632 personnes ont eu la possibilité de le compléter, mais seulement 814 réponses ont été considérées comme exploitables. Une "mobilisation (...) très satisfaisante" (p.256) observe le rapport, qui pourtant nous apprend que "le questionnaire a probablement pâti de l’attitude de la profession des agriculteurs biologiques qui, pour des raisons qui lui sont propres, a déclaré dans ses réseaux ne pas se reconnaître dans cette consultation et par conséquent ne cautionner en aucun point cette enquête."
En fait, les questions ont été considérées comme biaisées par un grand nombre d’agriculteurs biologiques, qui ont refusé de répondre. "Beaucoup de questions ont posé problème, confirme Stéphanie Pageot, Présidente de la FNAB. La compétitivité n’est définie que d’un point de vue économique. La durabilité des fermes et la préservation de l’environnement ne sont absolument pas pris en compte."

"Cela pose un gros problème sur le plan méthodologique. Parmi les personnes qui ont accédé au questionnaire, le taux de non-réponse est énorme, les auteurs de l’étude auraient dû tout de suite s’interroger sur la qualité de leur questionnaire", s’étonne un des scientifiques signataire de la lettre. Les réponses au questionnaire n’auraient donc pas dû servir de base à une analyse scientifique, pas plus qu’à des recommandations.
Mais de façon générale, "dès le départ la démarche est biaisée" reconnaît l’un des scientifiques signataires de la lettre à l’INRA. Ce rapport propose d’aborder l’agriculture bio de la même manière que la conventionnelle, en découpant les performances par domaine (productivité, environnement, social...).

Or l’agriculture bio et l’agriculture conventionnelle n’ont pas du tout les mêmes logiques. C’est comme si vous compariez la performance d’une bicyclette et d’une voiture uniquement du point de vue de la vitesse ! Le but de l’agriculture bio n’est pas de produire autant ou plus que l’agriculture conventionnelle, c’est de produire autrement, en respectant l’environnement écologique et social. Un rapport honnête aurait dû présenter les buts de l’agriculture biologique et sa démarche holistique : on ne peut l’étudier qu’en considérant le système dans son ensemble."
Enfin, le rapport déplore également plusieurs fois le manque de données scientifiques pour évaluer les performances de l’agriculture biologique. Mais il ne cherche pas les raisons de ce manque, remarque la lettre des chercheurs, qui relève "l’absence d’analyse concernant la faiblesse récurrente de l’investissement de la recherche française et tout particulièrement de l’INRA dans le domaine de l’agriculture biologique".
Une faiblesse constatée par la FNAB : "Par exemple, on pousse pour qu’il y ait des recherches sur les alternatives au cuivre en viticulture, mais nous n’arrivons pas à obtenir un engagement de l’INRA sur le sujet", note sa présidente.
Pour combler ce retard de la recherche française en agriculture biologique, le rapport explique que le bio peut profiter des recherches faites sur l’agriculture en général... Un engagement insuffisant regrette encore la FNAB. "Ils nous disent que les recherches de l’INRA sur le sol peuvent nous servir... Mais s’ils font leurs analyses sur des sols pleins de pesticides, cela ne peut pas s’appliquer à l’agriculture biologique", explique Stéphanie Pageot.
Un rapport "idéologique" ?
Alors pourquoi ce rapport est-il aussi biaisé ? C’est avant tout une position"idéologique" explique-t-on chez SUD Recherche : "A la lecture du rapport, on était consternés sans être vraiment surpris. C’est dans la continuité du positionnement de la direction générale de l’INRA sur la question du bio. Ce rapport reflète une certaine idée du progrès, de personnes qui ne croient qu’à la technoscience."
Le malaise provoqué par ce document ajoute à l’embarras permanent de certains chercheurs, qui déplorent la faiblesse des moyens attribués à la recherche en bio. Selon le communiqué du syndicat, "le constat du faible investissement de l’INRA dans ce domaine de recherche (moins de 100 équivalents temps plein sur plus de 7 500 titulaires) avait été posé dans le livre blanc de l’INRA sur l’agriculture biologique en 2000".
Un manque d’investissement que relève aussi le journaliste Vincent Tardieu dans son livre-enquête sur l’agroécologie en France (Vive l’agro-révolution française !, ed. Belin, 2012) : "l’investissement de la recherche française en agriculture biologique ressemble à une mise ’pour voir’ d’un joueur de poker."

"L’INRA est historiquement au service du productivisme agricole, poursuit-on chez SUD Recherche. Mais d’habitude cette opinion est exposée de façon plus subtile, plus nuancée... Là on a un point de vue très orienté."
Cela pourrait s’expliquer par la forme scientifique prise par ce rapport. Il s’agit, dans la classification de l’INRA, d’une "étude". "Elle ne nécessite aucune règle particulière en terme de révision par les pairs ou de discussion collective", déplore l’un des scientifiques ayant signé le courrier à l’INRA.
C’est pourquoi en plus du retrait du rapport, dans leur lettre, les scientifiques demandent également à l’INRA une "expertise scientifique collective", qui garantit que l’analyse est confiée à un "collectif pluridisciplinaire d’experts".
Après l’envoi de cette lettre fin décembre, des discussions ont été entamées entre ce collectif de chercheurs et la direction de l’INRA, qui pour l’instant ne s’est pas engagé à répondre aux demandes des scientifiques. Contactée parReporterre, elle n’a pour l’instant pas souhaité réagir.

Source : Reporterre
Photos :
Bordeaux 3
. dessin : Le Courrier de l’environnement de l’INRA
. Epandage d’herbicides : Garden design ideas

Et, pendant ce temps, l'agro-alimentaire, toujours en France, continue de nous empoisonner !

(source : France 3 Bretagne)

Lamballe (22) : Soupçons de fraude à la Cooperl

La Cooperl fait l’objet d’une enquête sur les méthodes d'analyse de salmonelles dans la viande. Le numéro 1 français de la filière porcine installé à Lamballe est soupçonné de fraude et d'escroquerie. Trois cadres ont été placés en garde à vue cette semaine.
  • A. Castier et S. Salliou
  • Publié le 16/02/2014 | 12:48, mis à jour le 17/02/2014 | 10:28
Cooperl à Lamballe (22) © PHOTOPQR/LE TELEGRAMME - Cooperl - Lamballe (22)
© PHOTOPQR/LE TELEGRAMME - Cooperl - Lamballe (22) Cooperl à Lamballe (22)
C'est le Télégramme qui a révélé l'affaire. Trois cadres de la Cooperl, numéro 1 du porc en France, ont été placés en garde à vue en début de semaine dernière. Ils sont ressortis libres le lendemain, selon Gérard Zaug, le procureur de la république de St Brieuc. Ils ont été interrogés dans le cadre d'une suspicion d'affaire de fraude et d’escroquerie, portant sur 1.500 tonnes de viande potentiellement contaminée par des salmonelles. C'est la direction départementale de la protection des population, qui a lancé l'alerte en octobre 2012. Leur service vétérinaire s'étonnait de ne plus recevoir de résultat positif à la salmonelle en provenance du laboratoire de la Cooperl. Car en moyenne, 25 à 30% de la viande contient cette bactérie. Cette viande, quand elle est contaminée, est alors automatiquement écartée des lots vendus, explique l'Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et la santé publique (Oclaesp). 

Résultats d'analyse falsifiés

Des résultats de contrôle à la salmonelle auraient été falsifiés entre 2010 et 2012, sur de la (VSM) viande séparée mécaniquement. Cette viande est vendue à des entreprises qui font des plats préparés, en Russie notamment, mais également sur le marché français. Ces produits transformés, comme le saucisson, les raviolis... ont été écoulés entre 2010 et 2012. Il n'y a aucune victime à déplorer.

La Cooperl conteste les allégations de fraude et d'escroquerie

Dans un communiqué, l'entreprise basée à Lamballe (22) confirme qu'une perquisition a eu lieu dans ses locaux en novembre 2012. Le producteur de porcs parle d'une "probable mauvaise interprétation de [sa] part de la réglementation en vigueur" et rejette "avec force les allégations de fraude et d'escroquerie portées contre notre société par le Télégramme, qui sont totalement infondées". La Cooperl explique aussi qu'elle a amélioré ses protocoles d’analyse sur la salmonelle.  

Nouvelles auditions à venir

L’enquête préliminaire, ouverte fin 2012 par le parquet de Saint-Brieuc, se poursuit, elle a été confiée aux gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et la santé publique et de la section de recherches de Rennes. De nouvelles auditions sont prévues dans les prochaines semaines."

D'ailleurs, en France, les privilégiés des classes aisées ne sont pas prêts à ce que on leur en supprime.....un peu, alors, que les classes des travailleurs les voient tomber les uns après les autres.
(source : Contrepoints.org)

Notaires : quand les riches détroussent les pauvres au coin du bois

Publié le  dans Droit et justice
Par Vincent Le Coq.
Insigne de notaire à Paris (Crédits : Utr dragon, Creative Commons)Alors que tous les rapports économiques mettent en évidence le caractère contreproductif du régime dont bénéficie le notariat sur la compétitivité de la France, les notaires entendent justifier le maintien de leur monopole aberrant par l’affirmation qu’ils assurent une mission de service public.
Le notariat est donc une profession dont les membres ne sont animés que par un souci d’aider leurs prochains. Dans le même temps, le notariat est une profession dont les membres gagnent en moyenne 20 000 euros par mois. Servir en se servant. Formidable.
Cette contradiction au moins apparente entre altruisme et cupidité invite à s’intéresser à la façon dont les notaires respectent au quotidien les obligations de service public que la loi met à leur charge.
Avec l’aide juridictionnelle, la loi du 10 juillet 1991 a en effet instauré un mécanisme financier visant à favoriser l’accès de tous les justiciables à la justice.
Le justiciable dont les ressources sont inférieures à un premier plafond a droit au bénéfice d’une aide totale. Celui dont les ressources sont comprises entre ce premier plafond et un plafond plus élevé peut bénéficier d’une aide partielle. Le mécanisme est des plus simples.
Nul n’ignore que ce dispositif de solidarité est applicable aux avocats, cette profession bassement mercantile. Il s’applique également, ce que l’on sait moins, aux vertueux notaires. L’article 25 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridictionnelle précise que “le bénéficiaire de l’aide juridictionnelle a droit à l’assistance d’un avocat et à celle de tous officiers publics ou ministériels dont la procédure requiert le concours”.
Pourtant, le notariat se garde scrupuleusement d’informer les justiciables éligibles à l’aide juridictionnelle qu’ils peuvent également bénéficier de ce mécanisme lorsqu’ils saisissent leur notaire.
Instruits que nous étions par de nombreux témoignages de l’élusion massive de leurs obligations par les notaires, le collectif non/taire a voulu la révéler.
Le collectif Non/Taire s’est tourné vers les représentants de la profession et a écrit sept lettres à autant de présidents de chambre départementale pour solliciter le bénéfice de l’aide juridictionnelle dans le cadre d’une succession, et quatre lettres formulant la même demande, à la suite d’un divorce.
Le test est éloquent. Si certaines chambres ne répondent tout simplement pas, les 3 réponses reçues sont systématiquement à côté de la plaque.
« J’ai le regret de vous informer qu’il n’appartient pas à la Chambre des Notaires de donner des consultations juridiques. » « Nous ne pouvons répondre à ce sujet. Ce n’est pas la Chambre des Notaires qui s’occupe de l’aide juridictionnelle. » « Je ne peux que vous conseiller de vous rapprocher à nouveau de votre avocat qui seul pourra satisfaire à votre demande. »
Cette position des organes représentatifs de la profession est fort gênante pour le notariat car, sous réserve de l’appréciation souveraine de tribunaux (dont la mansuétude vis-à-vis des nantis n’est, il est vrai, plus à démontrer), la perception par un notaire d’émoluments pour un acte entrant dans le champ d’application de l’aide juridictionnelle est constitutive soit d’abus de confiance, soit d’escroquerie par qualité vraie de notaire.
Il va de soi ici encore que cette pratique pourrait aisément être repérée, donc stoppée, sous réserve que les 35 procureurs généraux exercent effectivement sur le notariat le contrôle dont pourtant seule l’effectivité justifie l’existence du statut d’officier public des notaires.
Nous avons pu nous convaincre, dans notre précédente chronique, qu’en déléguant aux notaires le soin de s’autocontrôler les procureurs généraux laissent ce contrôle qui pèse sur l’Etat tourner à la farce.
De son côté la Chancellerie, qui doit institutionnellement veiller au respect du droit par les professions juridiques et judiciaires, répond qu’elle n’a pas connaissance de dysfonctionnements affectant l’application par les notaires de l’aide juridictionnelle.
Il faut d’urgence que les justiciables éligibles à l’aide juridictionnelle et dont le bénéfice leur a été refusé par leur notaire fassent remonter cette information à Christiane Taubira. Et bien sûr à la commissaire européenne Viviane Reding, pour obtenir un résultat.
cccc

vv

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