dimanche 5 avril 2026

(De toute façon, c'est américain, c'est une cible légitime. note de rené)

Bombarder l’Amérique sans toucher l’Amérique

Bombarder l’Amérique sans toucher l’Amérique

Bombarder l’Amérique sans toucher l’Amérique

Par @BPartisans

À défaut de pouvoir frapper Washington, Téhéran a trouvé mieux : viser les succursales, les data centers, les logos lumineux et les tours vitrées des entreprises américaines disséminées dans le Golfe. Une guerre du XXIe siècle, où l’on ne bombarde plus seulement des bases, mais des marques.

C’est tout le cynisme glacial de l’article du National Interest : l’Iran “ne peut pas frapper l’Amérique”, mais il peut frapper l’infrastructure économique américaine au Moyen-Orient. Autrement dit, pas besoin de toucher le territoire continental des États-Unis pour faire monter le prix politique et financier de la guerre. Il suffit de viser ce que Washington a semé partout : les hubs technologiques, les installations logistiques, les terminaux énergétiques, les centres de données, les sièges régionaux des géants du numérique.

Le plus cynique, ou le plus sinistre, est la franchise du message attribué aux Gardiens de la Révolution. Selon le texte relayé par Tasnim et repris par National Interest, les sociétés américaines liées à l’IA, au cloud et aux systèmes de ciblage deviennent des “cibles légitimes”. Le vocabulaire est presque clinique : plus question d’ennemis abstraits, on parle désormais de serveurs, d’algorithmes, de prestataires et de chaînes de commandement numériques.

La satire, ici, s’écrit presque toute seule. Washington prétend mener une guerre “chirurgicale”, mais découvre que l’adversaire n’a pas besoin d’un ICBM pour répliquer. Il lui suffit de transformer les vitrines de la mondialisation américaine en zones grises. Le Pentagone protège les pistes, les porte-avions et les batteries Patriot ; pendant ce temps, les tours de bureaux à Dubaï, les fermes de serveurs dans le Golfe et les installations pétrochimiques deviennent les nouveaux champs de bataille.

La doctrine est d’une logique glaciale : si les États-Unis externalisent leur puissance à travers leurs entreprises, alors ces entreprises deviennent le prolongement du champ militaire. Le capitalisme globalisé, vendu pendant trente ans comme l’antidote à la guerre, se retrouve soudain recyclé en cartographie de cibles.

Les sources officielles américaines elles-mêmes rappellent l’ampleur du dispositif régional. Le United States Central Command continue de superviser une architecture de bases, de flux logistiques et de protection des voies énergétiques dans le Golfe. Dès lors, croire que les entreprises américaines opérant dans la région resteraient en dehors du conflit relevait de la fable corporate.

Et derrière le sarcasme, il y a la facture. L’U.S. Energy Information Administration souligne régulièrement le rôle stratégique du Golfe pour les flux pétroliers mondiaux. Une attaque contre des installations commerciales ou technologiques proches des infrastructures énergétiques ferait immédiatement grimper les primes d’assurance, les coûts du transport maritime et les prix de l’énergie.

Voilà donc la grande ironie impériale : l’Amérique pensait exporter sa puissance ; elle a surtout exporté sa vulnérabilité. Ses logos sont devenus des drapeaux, ses bureaux des avant-postes, ses serveurs des casernes.

Dans cette guerre, le missile n’a même plus besoin de traverser l’Atlantique. Il lui suffit de traverser un parking à Abu Dhabi ou un parc technologique à Dubaï pour envoyer le même message à Wall Street.

La mondialisation n’était pas la fin de l’histoire. C’était simplement la préparation logistique du théâtre d’opérations.

Source : https://nationalinterest.org/blog/buzz/iran-cant-hit-america-but-can-bomb-american-companies-middle-east-ps-040326

@BrainlessChanelx

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