jeudi 29 novembre 2018

Malbouffe: Immigrer aux USA modifie le microbiote intestinal des individus

Publié par wikistrike.com sur 29 Novembre 2018, 08:34am
Malbouffe: Immigrer aux USA modifie le microbiote intestinal des individus
Une étude parue le 1er novembre 2018 dans la revue CELL et menée conjointement par des chercheurs de l’université du Minnesota et des membres du SoLaHmo (Somali, Latino and Hmong Partnership for Health and Wellness) démontre que les populations qui immigrent vers les USA présentent rapidement après leur arrivée sur le territoire une modification de leur flore intestinale.
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La méthode utilisée pour cette étude

Les chercheurs à l’origine de cette étude ont collecté des selles, des questionnaires liés au régime alimentaire des participants, des informations médicales et des données anthropométriques (taille, poids, etc…) provenant de 514 Hmong et Karen, des communautés vivant en Thaïlande et aux Etats-Unis avec parmi eux des individus de première et deuxième génération, de 19 Karen, sur qui ont été prélevés des échantillons avant et après leur immigration, ainsi que de 36 personnes d’origine européenne et nées aux Etats-Unis.
Grâce à un séquençage de l’ADN utilisant les méthodes de la métagénomique, ils ont constaté que la migration d’un pays non-occidental vers les USA entraînait immédiatement une perte de diversité et de richesse de la flore intestinale. Les bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes, qui constituent le microbiote intestinal d’un être humain, sont modifiés et remplacés par des versions « occidentalisées » mais leur diversité n’est pas compensée pour autant comme le note Dan Knights, biologiste et informaticien de l’université du Minnesota et un des principaux auteurs de cette étude. Il a en outre été observé que plus le temps passé aux Etats-Unis était long, plus les effets s’aggravaient au fil des générations ce qui peut entraîner notamment des problèmes de santé, comme l’obésité ou encore le diabète, qui affectent plus particulièrement les populations immigrantes.

Le mode de vie américain et les changements qui en découlent

Les Etats-Unis, en plus d’être une destination accueillant un très grand nombre de touristes chaque année grâce aussi à l’autorisation de voyage ESTA, sont le pays qui compte le plus d’immigrés au monde; ceci étant notamment dû à leur programme d’immigration et de visas permettant chaque année à des personnes du monde entier de venir s’y établir. Cette diversité d’origine de ses habitants offre une fenêtre d’observation idéale et ce, afin de mieux connaître les conséquences à la fois d’un changement de régime alimentaire mais aussi d’un nouveau mode de vie sur des populations migrantes.
Par le passé, il a déjà été constaté qu’un individu vivant aux USA voyait son risque de développer et de contracter des maladies chroniques telles que l’obésité augmenter par rapport à un autre individu issu d’un groupe ethnique similaire au sien mais vivant encore dans son pays d’origine. Plus encore, certaines populations apparaissent également comme étant plus vulnérables que les autres lorsqu’il s’agit de prise de poids massive ; c’est notamment le cas des réfugiés venant d’Asie du Sud-Est d’où sont issus les Hmong et les Karen, sujets de cette étude et pour qui l’obésité est un sujet très préoccupant comme le souligne Pajau Vangay, un des auteurs de cette étude.
Il avait aussi été admis dans d’autres analyses que la diversité des bactéries dans le microbiote intestinal des populations de pays en voie de développement y était beaucoup plus grande que chez les personnes vivant aux États-Unis. Pour autant, et c’est probablement l’une des plus-values du résultat de la présente étude, l’élément le plus frappant selon les chercheurs a été de constater la perte de diversité intestinale découlant de la migration des individus vers les Etats-Unis et du changement d’habitudes alimentaires qui en résultait. Cette perte de pluralité est d’ailleurs d’autant plus forte chez les descendants d’immigrés qui dès leur jeunesse adoptent parfois totalement le mode de vie américain : plus de sucre, de gras, de viandes, etc…
Les chercheurs ont par ailleurs relevé que des modifications importantes avaient eu lieu très rapidement au cours des premiers mois sur le sol américain. Les bactéries de type Bacteroides, caractéristiques d’une alimentation riche en viandes, ont progressivement été remplacées par des bactéries intestinales Prevotella. Et cette occidentalisation s’est poursuivie au cours des décennies suivantes passées aux États-Unis avec en parallèle une diminution de la diversité globale du microbiote intestinal et une perte en enzymes bactériennes liée à une réduction des apports en fibres.

Ce que l’on peut retenir

L’observation du régime alimentaire de ces individus a permis, selon Dan Knights, de mettre en lumière qu’une occidentalisation du microbiote intestinal pouvait être associée à une plus forte obésité et d’après lui, cela pourrait offrir de nombreuses perspectives pour étudier les problèmes de surpoids et autres troubles du métabolisme, aussi bien des migrants, que de l’ensemble de la population. Cela nécessite toutefois de prendre également en compte d’autres facteurs pouvant aussi jouer un rôle sur le développement de maladies comme le stress, de nouvelles habitudes de vie (plus de sédentarité, moins de sports, etc…), la prise d’antibiotiques ou encore la consommation d’eau courante.

(N'allez pas aux States, la bouffe y est plus dégueulasse chimiquement qu'en Europe, votre santé n'y résistera pas. note de rené)

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