jeudi 2 juillet 2026

    

TikTok est envahi de vidéos générées par l’IA, et c’est bien plus grave que sur YouTube


Les contenus générés par l’IA pullulent sur les réseaux sociaux, et notamment sur TikTok. Selon une nouvelle étude, la plateforme contiendrait trois fois plus de vidéos générées par l’IA que YouTube.

L’intelligence artificielle prend de plus en plus de place, et notamment sur Internet. D’ailleurs, plus de la moitié du contenu présent sur le Web serait généré par l’IA. De nombreuses plateformes sont concernées. C’est notamment le cas des services de streaming audio. Sur Deezer, par exemple, près de la moitié des musiques seraient générées par l’intelligence artificielle. Et il semblerait que le leader de la vidéo verticale, TikTok, soit également concerné par ce phénomène.

TikTok
Crédits photo : Unsplash

C’est en tout cas ce qu’indique Kapwing, une entreprise de montage vidéo américaine. Celle-ci vient de publier un rapport pointant du doigt l’importante proportion de vidéos générées par l’IA sur TikTok. Et les chiffres sont inquiétants.

Le rapport indique ainsi que près de 60 % des vidéos proposées aux nouveaux utilisateurs sont désormais du contenu généré par l’intelligence artificielle. Sur YouTube, les contenus d’IA sont également présents, mais en bien plus faibles quantités. En effet, ces derniers seraient trois fois moins nombreux que sur TikTok.

TikTok : les vidéos d’IA pullulent sur la plateforme chinoise

Pire encore : les enfants seraient particulièrement ciblés par ce phénomène. En effet, le rapport précise que « la catégorie présentant de loin la plus forte densité de slop était celle destinée aux enfants ». Kapwing affirme que, sur une centaine de vidéos examinées, à peine trois échappaient à l’intelligence artificielle.

Face à ce phénomène, TikTok semble adopter la même posture que Spotify, qui accompagne les contenus d’IA plutôt que de les bannir totalement. En effet, l’année dernière, l’entreprise a annoncé sa volonté de donner la possibilité aux utilisateurs de choisir la quantité de contenus générés par l’IA visibles dans les recherches.

« Nous savons, grâce à notre communauté, que de nombreuses personnes apprécient les contenus créés avec des outils d’IA, qu’il s’agisse d’art numérique ou de vidéos de vulgarisation scientifique », assure Jade Nester, directrice européenne des politiques publiques pour la sécurité et la confidentialité chez TikTok. « Nous voulons donc donner à chacun la possibilité d’en voir plus ou moins, selon ses préférences. »

Source : Kapwing

 (Qu'est-ce qu'il appelle diminuer ? note de rené)

Nvidia veut limiter la consommation d’eau de ses centres d’entraînement d’IA, et c’est une excellente nouvelle

Le géant du hardware semble vouloir rendre ses centres d’entraînement d’IA plus « écolos ». Nvidia vient en effet de présenter une nouvelle méthode de refroidissement de ses centres de données, nettement moins gourmande en eau.

L’explosion de l’intelligence artificielle a bien des conséquences. En effet, celle-ci nécessite d’immenses centres d’entraînement, qui consomment d’énormes quantités de ressources. Tout d’abord, ces derniers ont besoin d’une grande quantité de matériel informatique, ce qui pourrait faire exploser les prix des disques durs. Ensuite, ces centres de données ont besoin d’une grande quantité d’énergie, à tel point que Microsoft a besoin de centrales nucléaires pour les alimenter.

Nvidia
Crédits photo : Unsplash

Mais ce n’est pas tout. En effet, les centres d’IA ont également besoin d’énormément d’eau pour être refroidis efficacement. Ainsi, selon une étude, l’IA consommera bientôt autant d’eau que 1,3 milliard de personnes. Rien que ça.

Mais Nvidia, qui commence déjà à proposer des solutions face à l’actuelle crise de la RAM, semble vouloir limiter les dégâts. En effet, l’entreprise affirme vouloir utiliser un nouveau système de refroidissement bien plus économique.

Nvidia : véritable avancée ou simple effet d’annonce ?

Celui-ci est constitué d’un circuit fermé, qui utilise un mélange composé à 75 % d’eau et à 25 % de propylène glycol. Le liquide resterait efficace jusqu’à une température de 46 °C. En utilisant ce système pour ses centres d’entraînement d’IA, Nvidia promet « jusqu’à 100 % de réduction de la consommation d’eau ».

« Bien que chaque nouvelle génération d’infrastructures de centres de données offre une puissance de calcul nettement supérieure pour chaque watt consommé, les infrastructures d’IA entièrement refroidies par liquide permettent de réduire considérablement la consommation énergétique liée au refroidissement, ce qui a un impact significatif sur la consommation globale des centres de données à très grande échelle », explique Nvidia.

Toutefois, Nvidia rappelle que l’efficacité de ce système dépend largement du climat. « Un centre de données situé dans les Highlands écossais et un autre à Phoenix, en Arizona, ne sont pas confrontés aux mêmes réalités », reconnaît l’entreprise.

« Mais même dans les climats plus chauds, l’utilisation d’un liquide de refroidissement à 115 °F rapproche considérablement les opérateurs de l’objectif d’un centre de données sans groupe frigorifique, où les refroidisseurs ne s’activeraient que quelques jours par an lorsque les températures extérieures l’exigent ». 

Source : gizmodo

 

OpenAI : le créateur de ChatGPT dévoile Jalapeño, sa toute première puce d’IA

Le créateur du célèbre ChatGPT se lance dans l’électronique de pointe. OpenAI vient en effet de dévoiler Jalapeño, une puce dédiée à l’entraînement de l’intelligence artificielle.

OpenAI ne développe pas que des modèles de langage, tels que le célèbre ChatGPT. L’entreprise de Sam Altman se lance en effet dans l’électronique. D’ailleurs, OpenAI préparerait un smartphone alimenté par l’IA. Mais cette fois, l’entreprise va encore plus loin, en développant une puce d’IA, baptisée Jalapeño.

Crédits photo : OpenAI

Les centres d’entraînement d’IA ont besoin d’énormément de ressources pour fonctionner. Ces derniers ont tout d’abord besoin d’eau, de beaucoup d’eau. Ainsi, une étude affirme que l’IA consommera bientôt autant d’eau que 1,3 milliard de personnes. Mais ce n’est pas tout.

En effet, les centres de données ont également besoin de nombreux composants. Et leur multiplication, qui pourrait faire exploser les prix des disques durs, provoque en partie l’actuelle crise de la RAM. Mais ces centres ont tout d’abord besoin de puces d’IA dédiées. Dans ce cadre, Nvidia propose des puces surpuissantes capables de former des IA telles que ChatGPT.

OpenAI se dote de sa propre puce d’IA

Mais il semblerait qu’OpenAI cherche à se passer du géant du hardware. En effet, l’entreprise s’est associée avec Broadcom pour développer sa propre puce d’IA. Baptisée Jalapeño, celle-ci offrirait des « performances par watt nettement supérieures à l’état de l’art actuel ». Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que son développement aura été particulièrement rapide.

OpenAI affirme en effet que « Jalapeño a été développé conjointement, depuis la conception initiale jusqu’au lancement de la production, en seulement neuf mois ». Selon l’entreprise d’IA, cette rapidité « reflète une profonde co-conception entre logiciel et matériel impliquant les équipes d’ingénierie d’OpenAI, l’expertise de Broadcom dans l’implémentation de puces silicium, ainsi que l’utilisation des modèles d’OpenAI pour accélérer certaines étapes de conception et d’optimisation ».

Toutefois, on ne connaît pas encore les performances exactes de la puce d’IA. L’entreprise affirme qu’un rapport de performances détaillé sera bientôt publié. OpenAI prévoit de commencer à utiliser la puce Jalapeño dans ses centres de données avant la fin de l’année 2026.

Source : engadget


(A pomper des subventions publiques pour assurer un avenir incertain et imposer son arbitraire aux citoyens avec l'appui de l'état. 5%
 pour l'inciter à l'aider, pas suffisant pour impulser une direction. note de rené)

Que cherche OpenAI en proposant 5 % de son capital au gouvernement américain ?


Par Naïm Bada, spécialiste logiciel et intelligence artificielle.

Publié le 02 juillet 2026 à 13h39.   Clubic


Sam Altman a proposé à l'administration Trump de lui céder 5 % du capital d'OpenAI. Une offre formulée comme un partage des bénéfices de l'IA avec le grand public américain, mais qui répond d'abord à une accumulation de pressions politiques.


Depuis le début de son second mandat, Donald Trump a fait de la suprématie américaine dans l'intelligence artificielle un marqueur de sa politique industrielle. Pour la Silicon Valley, c'est un feu vert généreux. Pour une part croissante des élus et de l'opinion publique (55 % des Américains estiment que l'IA fera plus de mal que de bien dans leur quotidien, selon un sondage Quinnipiac récent), c'est un chèque en blanc accordé à quelques entrepreneurs privés dont les profits échappent à tout contrôle démocratique. Selon le Financial Times, Sam Altman aurait choisi de désamorcer cette tension par une proposition pour le moins inhabituelle : céder 5 % d'OpenAI à l'État fédéral.


Un fonds souverain, un dividende et une contre-proposition à 50 %


Le dispositif discuté repose sur une cession volontaire d'actions, dont les revenus alimenteraient un véhicule public. L'hypothèse la plus commentée consiste à en reverser les fruits sous forme de dividende annuel à l'ensemble des ménages américains, sur le modèle du fonds pétrolier de l'Alaska (qui verse un chèque à chaque habitant de l'État depuis 1982, sans que personne n'y trouve à redire). OpenAI défend cette logique depuis le printemps. Dans un document d'orientation publié en avril, l'entreprise plaidait pour un « fonds de richesse publique » offrant à chaque citoyen, y compris ceux absents des marchés financiers, une part de la croissance tirée par l'IA. Anthropic a confirmé de son côté ne pas participer à ces discussions.


Bernie Sanders, figure du parti démocrate, a répliqué début juin avec l'American AI Sovereign Wealth Fund Act, qui propose une participation publique de 50 % dans les grandes entreprises du secteur. Le texte y ajoute une taxe de 50 % sur les actions d'OpenAI, d'Anthropic et de xAI (les intéressées l'ont accueilli avec l'enthousiasme qu'on imagine). Entre l'offrande d'Altman et l'expropriation version Vermont, l'écart donne la mesure du climat. Dans l'opinion, 55 % des Américains estiment que l'IA fera plus de mal que de bien dans leur quotidien, d'après un sondage Quinnipiac. La construction des centres de données se heurte de son côté à des résistances locales croissantes. Les associations de défense de l'intérêt public, Public Knowledge en tête, pointent quant à elles le problème structurel d'un État à la fois actionnaire et régulateur du même secteur.


L'État actionnaire, nouvelle doctrine industrielle américaine


Washington est entré au capital d'Intel en août 2025, à hauteur d'environ 10 %, en convertissant 8,9 milliards de dollars de subventions du CHIPS Act en actions. Le Pentagone a pris pied chez MP Materials, le spécialiste américain des terres rares, et le rachat d'U.S. Steel par le japonais Nippon Steel s'est conclu moyennant une action spécifique accordée à la Maison-Blanche. La proposition d'Altman parait ainsi devancer cette nouvelle doctrine : plutôt que d'attendre que l'administration vienne réclamer sa part, OpenAI fixe elle-même le prix de la tranquillité, à 5 %. Un actionnaire public a un intérêt financier direct à la prospérité de l'entreprise, et cet intérêt pèsera mécaniquement sur chaque arbitrage réglementaire futur, des règles de sécurité des modèles aux conditions d'accès aux marchés publics.


OpenAI prépare parallèlement son introduction en Bourse, dans le sillage du dépôt confidentiel d'Anthropic le 1er juin. Une participation fédérale changerait l'équation pour les investisseurs : dilution des actionnaires existants d'un côté, protection politique implicite de l'autre. Pour une entreprise devenue société à but lucratif au terme d'une restructuration contestée jusque devant les tribunaux, l'argument de vente est réel. Rien d'équivalent n'existe côté européen, où la puissance publique a choisi de réguler l'IA sans en posséder : l'AI Act encadre les modèles, aucun capital public n'entre au tour de table. La France pratique l'État actionnaire depuis des décennies dans l'énergie ou la défense, jamais dans l'IA générative (faute de champion à cette échelle, il est vrai).


Pour l'utilisateur français de ChatGPT, l'affaire dépasse le jeu du lobbying et des marchés financiers. L'outil qu'il ouvre chaque matin pourrait bientôt compter l'État américain à son capital, avec ses priorités commerciales, sécuritaires et diplomatiques, pendant que l'Europe s'en tient au rôle d'arbitre. Deux façons de peser sur l'IA ; une seule touche des dividendes.




Par Naïm Bada

Spécialiste logiciel et intelligence artificielle

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