vendredi 20 février 2026

 Davantage d’enfants dorment dans les rues de Bruxelles, une situation « en détérioration », préviennent les autorités

- Selon les données de 2024, 9 777 personnes étaient sans domicile dans la capitale, dont 1 678 mineurs

Melike Pala  |

20.02.2026 - Mıse À Jour : 20.02.2026

Brussels Hoofdstedelijk Gewest

AA / Bruxelles / Melike Pala

Un nombre croissant d’enfants sont contraints de dormir dans la rue à Bruxelles, les centres d’hébergement d’urgence refusant des familles faute de places, a alerté jeudi la commissaire belge aux droits de l’enfant.

Dans un communiqué conjoint, la commissaire aux droits de l’enfant et le délégué général aux droits de l’enfant ont tiré la sonnette d’alarme face à une « situation qui se détériore », rappelant qu' « aucun enfant ne devrait être contraint de dormir dehors », quel que soit le statut administratif de sa famille.

Se référant à la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, le texte souligne que chaque enfant a droit à un niveau de vie suffisant, incluant un logement sûr.

Si le sans-abrisme touche l’ensemble du pays, la situation est jugée particulièrement critique à Bruxelles. Selon des données de 2024 recueillies auprès d’organisations clés de la capitale, dont Bruss'help et Samusocial, 9 777 personnes étaient sans domicile à Bruxelles, parmi lesquelles 1 678 mineurs.

Les demandes d’hébergement sont en hausse, les structures sont saturées et les refus augmentent fortement. Samusocial refuserait quotidiennement des familles et a confirmé que des enfants vivent actuellement dans la rue à Bruxelles.

Les responsables font état d’une nette augmentation des refus de prise en charge des familles en 2025, avec des pics durant les mois d’été. Certains jours, jusqu’à 100 familles auraient été privées d’hébergement.

Les commissaires relèvent par ailleurs l’absence de chiffres complets et actualisés sur le nombre de personnes vivant dans la rue, faisant des refus d’hébergement un indicateur clé de l’ampleur de la crise. Ils avertissent également que certaines familles ne sollicitent plus d’aide et restent ainsi « sous les radars ».

Au-delà du sans-abrisme visible dans l’espace public, de nombreuses familles logent temporairement chez des proches, dorment dans des voitures ou des garages, ou vivent dans des squats, des conditions jugées dangereuses et préjudiciables à la santé et au développement des enfants.

La situation devrait encore s’aggraver avec la fermeture, le 31 mars, de l’hébergement hivernal, entraînant la suppression de 285 places destinées aux familles.

Appelant à une action urgente et coordonnée aux niveaux fédéral, régional et local, les commissaires exhortent les autorités à adopter le principe du « zéro refus pour les familles » afin qu’aucun enfant ne passe la nuit dehors.

*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir

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