vendredi 20 février 2026

«États-Unis – Iran, les marchés financiers croient dans le scénario d’une solution négociée»

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par François Meylan

En amassant les forces aéronavales US en Méditerranée et dans le Golfe, à quelques 700 km de l’Iran, Donald Trump gagne du temps. Le coût financier est certes très élevé mais en deçà de ce que coûterait une vraie guerre contre Téhéran 

Les risques économiques 

Sur le plan macroéconomique, risquer l’obstruction du détroit d’Ormuz c’est risquer une déflagration boursière mondiale et une flambée de l’inflation qui ébranleraient la classe moyenne états-unienne du moins pour un laps de temps. Donald Trump ne peut se le permettre. Rappelons que les marchés pétroliers constituent un canal majeur de transmission des chocs géopolitiques. Le couperait des élections de mi-mandat du 3 novembre prochain lui seraient fatales.  

Sur le plan juridique, l’Occident se décrédibilise une fois de plus ! 

Nous avons compris que le droit international est agonisant à Gaza et que les États-Unis tout comme l’Union européenne n’ont que faire des acquis juridiques gagnés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Lors de son sommet de Madrid, le 29 juin 2022, l’OTAN l’a exprimé clairement: la priorité doit demeurer un monde occidental basé sur des règles et dont les membres de l’OTAN représentent un milliard d’individus. La Chine est, pour la première fois depuis l’existence de l’alliance, désignée publiquement et officiellement comme le principal adversaire dans tous les domaines. Qu’ils soient d’ordre sécuritaire, économique ou culturel. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. 

Autant dire que l’Empire du milieu est déjà à pied d’œuvre en appui de Téhéran. Pour fournir la technologie et les missiles nécessaires à infliger, le cas échéant, un maximum de pertes à l’Oncle Sam. Pour la Chine, c’est l’opportunité rêvée de porter des coups militaire à l’adversaire sans s’exposer directement. Est-ce que Donal Trump est prêt à communiquer ses condoléances aux familles américaines endeuillées ? Rien n’est moins sûr. Pour une guerre qui n’est en fin de compte pas celle des États-Unis mais bien celle de l’appétit sioniste. 

Quant au cadre juridique, c’est le néant. L’Iran est un état souverain. Il n’a agressé personne. Il ne constitue actuellement une menace pour aucun de ses voisins. Il n’y a pas même une résolution de l’ONU qu’il n’aurait respectée. 

À cela s’ajoute l’étroite collaboration militaire entre la Fédération de Russie, la Chine et l’Iran qui s’est déjà matérialisée en mars 2025 par le biais de manœuvres militaires en Méditerranée. Une nouvelle alliance et une trilatérale qui ne prétend pas imposer un nouvel ordre mondial mais vider l’ordre actuel occidental de sa composante contraignante. 

Le devoir de protéger les populations civiles 

On pourrait explorer cet angle. Pour justifier une opération militaire à l’encontre de l’Iran. Mais là aussi le dossier risque d’être faible. Si on fait l’effort de croiser les sources, de confronter les discours on s’aperçoit que la répression de janvier dernier au combien brutale et meurtrière du régime des mollahs s’est déroulée en corollaire des méfaits de groupes de tueurs lourdement armés et pilotés par des puissances étrangères, qui assassinaient aussi bien chez les manifestants que chez les forces de l’ordre du régime. Une révolution de couleur ou une tentative de coup d’État version Maïdan. Tant Trump que Netanyahou le savent. Pour ça, le locataire de la Maison Blanche a mis discrètement mais définitivement l’argument «de sauver les civils iraniens» sous le tapis. Rien n’est noir ni blanc mais plutôt gris, avec des nuances. Aussi, il est regrettable que nos médias mainstream qui, une fois n’est pas coutume, s’emploient à nous vendre une nouvelle guerre, n’aient pas soulevé le tapis. Pour nous révéler ce qui c’était réellement passé en Iran, entre décembre et janvier derniers. 

Quant au militantisme de la diaspora il faut demeurer prudent. S’appuyer sur les seuls témoignages d’une diaspora sur laquelle nous ne connaissons pas grand chose peut irréversiblement nous induire en erreur. 

Comment, pourquoi et dans quelles conditions celle-ci a-t-elle quitté le pays ? Qui était privilégié sous le règne de la terreur de l’ex Shah ? Qui profitait d’être dans le camp de 

Mohammad Reza Pahlavi ? Qui est vraiment animé par un dessein démocratique ? Qui a vraiment connu l’époque du Shah ? Etc et etc. Pourtant, aux côtés de nos habituels «experts de plateau télé» qui n’en d’expert que le nom on nous a servi qud des témoignages de la diaspora. Ce qui est insuffisant pour se forger une opinion équilibrée. 

Personne ne peut exiger de l’Iran qu’il renonce à sa souveraineté 

Le président Trump a appelé Téhéran à négocier les limites à son programme d’enrichissement de l’uranium; à se délester de ses stocks; à restreindre le nombre et la portée de ses missiles balistiques et à prendre ses distances avec ses alliés au moyen-orient. Traduction : à renoncer à sa souveraineté au bénéfice du régime de Netanyahou et par voie de conséquence du projet très fantasmé d’un grand Israël. En plus d’être la seule puissance stabilisatrice de la région, l’Iran sait qu’il existe dans des tiroirs à Washington et à Jérusalem des plans pour la dépecer. 

Donald Trump est un menteur invétéré, c’est un bon bluffeur mais il est très mauvais chef militaire 

En juin 2025, au terme de la guerre israélo-iranienne de douze jours que l’Iran a finalement dominée – loin du discours occidental – Trump se félicitait d’avoir neutralisé et pour longtemps le complexe nucléaire iranien. Par le biais des bombardements qu’il avait ordonnés sur quelques sites iraniens1.

Moins d’une année après, on réalise qu’il en était rien. Aujourd’hui, la situation est encore plus complexe. Pour celui qui a assidûment fréquenté le pédo criminel Jeffrey Epstein. Quand on se retrouve à la tête de l’armada qu’il est en train de mouvoir on doit être animé par des buts de guerre. Renverser le régime ? Apporter la démocratie ? Détruire une seconde fois un arsenal nucléaire qui n’existe pas ? Trump n’a ni but de guerre ni vision. Il prie lui-même pour que son bluff fonctionne. Il est pris en tenaille entre le complexe militaro industriel; le puissant lobby sioniste American Israel Public Affairs Committee ou l’AIPAC; son passé incestueux avec Epstein et Netanyahou. 

En substituant un ultimatum pa un autre, tout en déployant tout l’éventail de sa force, il cherche une sortie honorable à cette impasse qui affecte cruellement son mandat présidentiel.  Les marchés financiers qui sont généralement un important indicateur avancé, laissent entrevoir une solution négociée 

La réaction des marchés financiers face à un scénario comprenant un tel risque de guerre majeure inclurait une forte hausse des cours des matières premières et une volatilité accrue des marchés boursiers. Le secteur de l’énergie devant s’adapter à la nouvelle donne. Une forte demande pour les valeurs refuge se manifesterait ainsi qu’une pentification de la courbe des rendement des emprunts gouvernementaux. Les anticipations d’inflation augmentant et les banques centrales évaluant la perspective d’un ralentissement de la croissance économique. 

À l’heure actuelle, il n’en est rien. Les marchés misent sur solution négociée. 

François Meylan 

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