(En France, les magasins Leclerc vend des dattes et Carrefour des produits israéliens, ils n'ont jamais vendu de dattes palestiniennes. note de rené)
Ramadan : des responsables palestiniens alertent sur la vente de dattes israéliennes présentées comme « palestiniennes »
- Les dattes palestiniennes destinées à l'exportation « sont scellées et portent les coordonnées des entreprises exportatrices et importatrices », explique Mohammad Sawafteh
Mohammad Sıo |
18.02.2026 - Mıse À Jour : 18.02.2026
Ramallah
AA / Ramallah / Qais Abu Samra
Deux responsables palestiniens du secteur commercial ont appelé à une vérification minutieuse des certificats d’origine, des codes-barres et des autres documents officiels accompagnant les dattes lors de leur achat, mettant en garde contre la commercialisation de dattes produites dans des colonies israéliennes illégales sous l’appellation de produits palestiniens.
Mohammad Sawafteh, représentant de l’Union non gouvernementale des exportateurs de dattes, a indiqué que les dattes produites dans la région du bassin de la mer Morte « peuvent être difficiles à distinguer visuellement en raison de conditions climatiques similaires ».
Il a insisté sur la nécessité que « le produit soit clairement identifié comme palestinien et que les sociétés de fourniture et d’exportation soient des entreprises palestiniennes bien connues ».
Sawafteh a évoqué la coopération entre les services de sécurité, le ministère de l’Agriculture et les entreprises palestiniennes.
Cette coopération « a permis de resserrer l’étau autour du phénomène de la commercialisation de dattes israéliennes sous des appellations trompeuses et d’entraîner une baisse des quantités provenant de sources non identifiées. Ce phénomène était plus répandu par le passé », a-t-il ajouté.
Il a souligné que la production palestinienne s’est développée tant en quantité qu’en qualité, avec des volumes en hausse et des normes améliorées, « ce qui a contribué à la stabilité du marché ».
« Il n’y a plus aucune justification à l’importation d’un produit israélien sous prétexte qu’il serait de meilleure qualité », a ajouté Sawafteh.
Il a expliqué que les produits palestiniens destinés à l’exportation « sont scellés et portent les données des entreprises exportatrices et importatrices, en plus de l’accomplissement de toutes les procédures techniques confirmant leur origine palestinienne ».
La vérification de l’origine s’effectue à travers un certificat sanitaire délivré par le département de la santé du ministère palestinien de l’Agriculture, un certificat « EUR.1 » émis par le département des douanes du ministère des Finances, ainsi qu’un certificat d’origine palestinien délivré par la Chambre de commerce, a-t-il précisé.
Sawafteh a présenté des échantillons de ces certificats devant la caméra d’Anadolu.
De nombreuses différences
Abondant dans le même sens, Ibrahim Daeeq, président du Conseil palestinien non gouvernemental des palmiers et des dattes, a affirmé que la vérification de la provenance repose sur des documents officiels et un système de traçabilité approuvé par le ministère de l’Agriculture et la Chambre de commerce.
Daeeq a déclaré à Anadolu que la distinction visuelle n’est pas aisée pour le consommateur moyen, en particulier en dehors de la Palestine.
« Les dattes palestiniennes font l’objet d’un inventaire des quantités dans chaque exploitation (…) et de la délivrance de certificats d’origine et de certificats sanitaires avant l’exportation », a-t-il expliqué.
« Les palmiers palestiniens sont irrigués à partir de sources naturelles et de puits d’eau propre, tandis que les palmiers des colonies illégales sont irrigués avec des eaux usées recyclées, ce qui affecte la qualité et la saveur », a-t-il ajouté, évoquant « des différences de couleur, de taille et de goût ».
Il a précisé que les dattes palestiniennes tendent vers une couleur miel naturelle et sont de taille moyenne, tandis que les dattes issues des colonies illégales sont foncées et de grande taille, avec des différences dans la teneur en sucre et les composants nutritionnels dues à l’irrigation par des eaux usées.
Il a ajouté que les produits palestiniens portent un code-barres officiel, car ils sont exportés via un code-barres jordanien commençant par le numéro 625.
« Des travaux sont en cours pour établir un code-barres spécifique au produit palestinien », a-t-il indiqué.
À l’inverse, les produits israéliens sont commercialisés sous des codes-barres commençant par 729 et parfois 871, selon Daeeq.
Le code-barres est un identifiant portant l’identité du produit ; une fois scanné, ses données apparaissent, notamment le nom du produit, l’entreprise de fabrication et le pays d’origine.
Daeeq a souligné que le produit palestinien est exporté sous l’appellation « Product of Palestine », accompagnée du drapeau palestinien, tandis que les produits israéliens peuvent porter des noms tels que Jordan River, Mehadrin, Hadiklaim, King Solomon Dates, Carmel Agrexco, Star Dates, Anna and Sarah ou Medjool Plus.
Il a toutefois mis en garde contre les contournements, expliquant que des marques israéliennes sont, sur certains marchés, reconditionnées dans des cartons spéciaux portant le nom d’entreprises de conditionnement.
« Les services de sécurité palestiniens œuvrent pour contrôler et empêcher la contrebande ou l’entrée de produits issus des colonies illégales sur les marchés palestiniens et leur exportation comme produits palestiniens, et ce phénomène a reculé ces dernières années », a-t-il ajouté.
Daeeq a indiqué que des délégations turques visitent des exploitations palestiniennes pour vérifier les mécanismes de production, le stockage en chambres froides et les étapes de tri et de conditionnement avant la conclusion de contrats.
« Il existe un système de supervision dirigé par des ingénieurs du ministère de l’Agriculture, qui comprend l’inventaire et l’estimation des quantités dans chaque exploitation, l’enregistrement des volumes dans un système fixant un “quota” pour chaque agriculteur, l’octroi de permis d’exportation spécifiques à chaque commerçant, l’analyse des résidus de pesticides et de produits chimiques, ainsi que la délivrance de certificats sanitaires et de certificats d’origine », a-t-il expliqué.
Il a estimé que ces procédures garantissent que le produit palestinien est d’origine palestinienne à 100 % et protègent les marchés contre les tentatives de tromperie.
Il a ajouté que des comités internationaux de boycott, en coopération avec le Conseil des palmiers et des associations locales, surveillent les tentatives de vente de dattes issues des colonies illégales sous des appellations arabes ou palestiniennes, ce qui a contribué à limiter les manipulations.
Avec l’observation du mois sacré du Ramadan par les musulmans du monde entier, les marchés connaissent une hausse de la demande, a indiqué Daeeq, précisant que plus de 90 % des dattes palestiniennes sont disponibles sur les marchés internationaux.
Vallée du Jourdain et « roi des dattes »
La production de dattes est concentrée dans la vallée du Jourdain palestinienne, qui compte environ 400 000 palmiers. Près de 7 000 jeunes hommes et femmes travaillent dans ce secteur, ce qui en fait l’un des plus grands secteurs agricoles employeurs de main-d’œuvre en Palestine, selon Daeeq.
Il a précisé que la majorité des exploitations se situent dans des zones classées « zone C » de la Cisjordanie occupée.
La zone C, selon l’accord d’Oslo II de 1995, représente environ 61 % de la superficie de la Cisjordanie et devait rester sous contrôle israélien jusqu’à la signature d’un accord sur le statut final en mai 1999, ce qui n’a pas eu lieu en raison des retards imputés à Tel-Aviv.
Il a expliqué que la vallée du Jourdain se situe à environ 350 mètres en dessous du niveau de la mer.
« Ces conditions climatiques confèrent aux dattes palestiniennes des caractéristiques distinctives », a déclaré Daeeq.
Il a conclu que la variété « Medjool » est la plus demandée sur les marchés mondiaux et est qualifiée de « roi des dattes » en raison de sa haute qualité, avec une forte demande notamment durant le Ramadan, reflétant l’acceptation internationale du produit palestinien.
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani
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