(C'est con, ils n'auront plus d'argent de la Russie pour acheter des armes pour tuer les russes ukrainiens. Ils n'auront surtout plus cette manne pour leur budget et ça c'est mauvais pour demander une aide financière. Ils ont vendu les forêts, ils vont vendre toutes les terres agricoles. C'est bizarre, ces gouvernants qui gère leur pays comme on joue au monopoly. note de rené)
Nord Stream 2 : Les États-Unis exhortent l’Ukraine à rester calme au sujet du pipeline russe
L’administration Biden demande à une Ukraine mécontente de ne pas faire de vagues, alors qu’un accord sur le gazoduc entre la Russie et l’Allemagne est en passe d’être conclu.
Source : Politico, Betsy Woodruff Swan, Alexander Ward et Andrew Desiderio
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Le secrétaire d’État Antony Blinken a déclaré le mois dernier que l’achèvement de ce pipeline était un fait accompli. | Chip Somodevilla/Getty Images
Dans le cadre de négociations tendues avec Berlin au sujet d’un pipeline controversé reliant la Russie à l’Allemagne, l’administration Biden demande à un pays ami de taire son opposition véhémente. Et cela ne plaît pas à l’Ukraine.
Les responsables américains ont fait savoir qu’ils avaient renoncé à entraver le projet, connu sous le nom de gazoduc Nord Stream 2, et qu’ils s’efforçaient désormais de limiter les dégâts en concluant un grand accord avec l’Allemagne.
Dans le même temps, les responsables de l’administration ont discrètement exhorté leurs homologues ukrainiens à ne pas critiquer un accord à venir avec l’Allemagne concernant le gazoduc, selon quatre personnes ayant eu connaissance de ces conversations.
Les responsables américains ont indiqué qu’une opposition publique à l’accord à venir pourrait nuire aux relations bilatérales entre Washington et Kiev, ont précisé ces sources. Les officiels ont également exhorté les Ukrainiens à ne pas discuter des plans potentiels des États-Unis et de l’Allemagne avec le Congrès. Un haut fonctionnaire de l’administration a contesté cette information, notant que la situation est plus nuancée que cela, mais a refusé de donner plus de détails sur les discussions des fonctionnaires américains avec leurs homologues ukrainiens.
Les négociateurs et les diplomates américains ont indiqué qu’ils avaient renoncé à bloquer l’achèvement du pipeline, connu sous le nom de Nord Stream 2, qui acheminera du gaz naturel bon marché de la Russie vers l’Allemagne et qui constitue une aubaine pour Moscou.
Entre-temps, ils ont essayé d’apaiser un partenaire régional clé, l’Ukraine – qui a le plus à perdre de l’achèvement final du gazoduc – et de reconstruire la relation effilochée entre les États-Unis et l’Allemagne, qui soutient le gazoduc. Selon Reuters, le président Joe Biden et la chancelière allemande Angela Merkel ne sont pas parvenus à un accord sur la manière de traiter le dossier lors de la visite de cette dernière à Washington la semaine dernière. Biden a déclaré après sa rencontre avec Merkel que « de bons amis peuvent ne pas être d’accord. »
Dans les discussions qui se tiennent actuellement avec l’Allemagne, les fonctionnaires américains tentent de limiter les risques que le pipeline représentera pour l’Ukraine et pour la sécurité énergétique européenne, a déclaré le fonctionnaire à Politico. Les responsables américains et allemands sont en pourparlers au sujet du pipeline et de son impact sur l’Ukraine, a ajouté ce responsable. Ils cherchent des moyens de limiter les dommages qu’il cause à la jeune démocratie.
Le secrétaire d’État Antony Blinken a déclaré le mois dernier que l’achèvement de ce pipeline était un fait accompli (en français dans le texte, NdT). Le haut fonctionnaire de l’administration a déclaré que les États-Unis ont conclu que les sanctions ne pourraient pas faire obstacle à l’achèvement du pipeline.
La position de l’administration est en désaccord avec une grande partie du Congrès ainsi qu’avec le gouvernement ukrainien et d’autres alliés d’Europe de l’Est, qui ont longtemps considéré qu’une intervention américaine pouvait encore bloquer l’achèvement du gazoduc, qui est presque terminé.
The four people familiar with the situation, including a congressional source with direct knowledge, described the dynamics on condition of anonymity to discuss sensitive matters. Details began circulating around Capitol Hill late Monday.
Les quatre personnes au courant de la situation, dont une source du Congrès ayant une connaissance directe du dossier, ont décrit la dynamique sous couvert d’anonymat afin de discuter de sujets sensibles. Les détails ont commencé à circuler au Capitole lundi dernier.
La pression exercée par les responsables américains sur les responsables ukrainiens pour qu’ils renoncent à critiquer l’accord final conclu entre les Américains et les Allemands, quelle qu’en soit la teneur, se heurtera à une résistance importante.
Une source proche du président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que la position de Kiev est la suivante : les sanctions américaines pourraient encore empêcher l’achèvement du projet, si seulement l’administration Biden avait la volonté de les appliquer aux stades de la construction et de la certification. Cette personne a déclaré que Kiev reste farouchement opposée au projet.
Entre-temps, le cabinet Biden a convenu avec Zelensky d’un rendez-vous à la Maison Blanche avec le président dans le courant de l’été, selon un haut responsable du cabinet.
Les détracteurs du futur pacte américano-allemand sur le gazoduc affirment qu’il servira principalement les intérêts de la Russie et nuira aux relations entre Washington et Kiev.
« Il est inéquitable et injuste que la Russie obtienne une énorme récompense et que l’Ukraine soit condamnée par les critiques », a déclaré Alina Polyakova, la présidente et directrice générale du Centre d’analyse des politiques européennes. « Si Trump avait fait ça, on peut être sûr à 100% que tout le monde serait devenu dingue », a-t-elle ajouté.
Les États-Unis ont imposé des sanctions sur le gazoduc sous le gouvernement Trump, ce qui a bloqué le projet. Le ministre allemand des Finances a tenté de conclure avec l’administration Trump un accord qui aurait financé l’importation de gaz naturel liquéfié américain en Europe en échange de la levée des sanctions sur le gazoduc, selon Environmental Action Germany, comme le rapporte RFE/RL [Radio Free Europe/Radio Liberty est une station de radio privée financée par le Congrès américain, diffusée en Europe et au Moyen Orient, NdT]. Mais Trump n’a pas accepté l’accord et il y a eu des divergences au sein de son administration sur la question de savoir jusqu’où pouvait aller le régime de sanctions américain, ce qui a incité le Congrès à renforcer ces sanctions.
Les Républicains et les Démocrates de Washington s’opposent depuis longtemps à ce gazoduc, qui relierait la Russie à l’Allemagne et augmenterait considérablement la dépendance énergétique de l’Europe occidentale vis-à-vis de la Russie.
« Il s’agit de doubler les importations énergétiques de gaz en provenance de Russie plutôt que d’investir dans la diversification des sources d’énergie – notamment les énergies vertes », a déclaré Mme Polyakova. « Tant que vous avez du gaz russe bon marché, pourquoi investir dans d’autres sources d’énergie ? »
Le nouveau gazoduc serait également un coup dur pour l’économie ukrainienne, sachant que la Russie paie aujourd’hui des milliards de dollars en frais de transit pour le gaz qui passe par l’Ukraine avant d’arriver en Europe.
Les opposants au Nord Stream 2 affirment qu’il réduirait également l’influence de l’Ukraine dans les négociations de paix avec la Russie, dont les incursions dans l’est de de ce pays ont suscité une condamnation internationale.
Le Congrès a approuvé l’année dernière une liste de sanctions obligatoires visant à paralyser le pipeline, dans un contexte de préoccupations bipartisanes quant à son achèvement. Plus tôt cette année, l’administration Biden a refusé d’imposer pleinement ces sanctions, dans la mesure où le nouveau gouvernement s’efforce de reconstruire les relations entre les États-Unis et l’Allemagne, qui ont souffert sous Donald Trump. Entre-temps, cependant, le sénateur Ted Cruz (Républicain-Texas) a bloqué des nominations clés au département d’État afin de faire pression sur l’administration pour qu’elle impose les sanctions.
L’achèvement du gazoduc est depuis longtemps une priorité pour Berlin, qui voit dans le gaz naturel russe relativement bon marché un moyen de se sevrer du charbon, plus polluant. Biden, quant à lui, a qualifié le gazoduc de « mauvaise affaire pour l’Europe » et a maintenu que les États-Unis ne souhaitaient pas qu’il soit achevé.
Les alliés de Biden au Capitole ont été particulièrement contrariés par son attitude à l’égard du gazoduc, poussant son administration à imposer des sanctions obligatoires aux navires poseurs de tuyaux et aux autres entités impliquées. Y compris Nord Stream 2 AG, la société qui a mené à bien la construction du gazoduc.
Derek Chollet, un conseiller de Blinken, se rend à Kiev cette semaine pour solliciter le soutien de l’Ukraine. Il s’arrête également en Pologne – où les États-Unis ont récemment signé un accord de sécurité énergétique de plusieurs milliards – pour tenter d’apaiser les critiques émanant d’autres pays de la région. Le gouvernement polonais a qualifié le gazoduc de menace pour la sécurité énergétique régionale, a rapporté Reuters.
Le gazoduc Nord Stream 2 perturbe les relations entre les États-Unis et l’Allemagne depuis des années. Presque achevé, le pipeline de 1 230 km de long sous la mer Baltique est considéré à Berlin comme un élément clé de sa sécurité énergétique et, à Moscou, comme un moyen d’étendre son influence en Europe tout en remplissant ses coffres. Certains, comme Evelyn Farkas, ancienne haute responsable du Pentagone pour la politique ukrainienne, ont déclaré qu’elle aurait « préféré » que l’administration Biden « attende la fin des élections en Allemagne » avant de conclure cet accord.
Merkel, qui était à Washington la semaine dernière, quittera ses fonctions dans le courant de l’année.
De nombreuses personnes à Washington continuent de s’opposer au gazoduc, craignant qu’il ne profite principalement qu’à la Russie, et tant les Démocrates que les Républicains ont exhorté l’administration Biden à bloquer la finalisation de Nord Stream 2.
Cela a entraîné des frictions. En mai, l’administration a renoncé aux sanctions imposées par le Congrès à l’égard du gazoduc parce qu’elle estimait que de telles mesures nuiraient aux relations entre les États-Unis et l’Allemagne, ce qui a valu à Biden et à son équipe une forte réprobation de la part d’alliés politiques habituellement amis.
« L’administration a dit que le pipeline est une mauvaise idée et qu’il s’agit d’un projet d’influence malveillante de la part de la Russie », avait alors déclaré le sénateur Bob Menendez (Démocrate-New Jersey), président de la commission des Affaires étrangères du Sénat. « Je partage ce sentiment, mais je ne vois pas en quoi la décision (de dérogation) fera progresser les efforts des États-Unis pour contrer l’agression russe en Europe. »
Dans le même temps, l’Ukraine craint qu’un Nord Stream 2 achevé ne minimise son rôle de nation de transit pour l’énergie circulant de la Russie vers l’Europe. Les responsables allemands, quant à eux, ont tenté sans succès de rassurer Kiev.
« Pour nous, l’Ukraine est et restera un pays de transit même une fois que Nord Stream 2 sera achevé » a déclaré Merkel la semaine dernière lors d’une conférence de presse aux côtés de Zelensky à Berlin. « Il y a de grandes inquiétudes à ce sujet du côté ukrainien et nous les prenons au sérieux » a-t-elle poursuivi, ajoutant que « l’Union européenne et l’Allemagne veilleront à ce que cela continue à l’avenir, au-delà de 2024. »
Farkas, l’ancienne responsable du Department of Defense, se demande si le marchandage du pipeline avec les alliés et les partenaires est vraiment la meilleure utilisation du temps de ce gouvernement. « C’est l’affaire la plus absurde dont on puisse discuter en ce moment » a-t-elle déclaré à Politico. « Il n’y a pas de crise plus importante que le changement climatique mondial, donc traiter ce genre d’accord rétrograde est insensé ».
America Hernandez, reporter pour Politico Europe à Bruxelles, a contribué à cet article.
Source : Politico, Betsy Woodruff Swan, Alexander Ward et Andrew Desiderio, 20-07-2021
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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