Actifed, Nautamine… leurs graves effets secondaires inquiètent les experts
Des allergologues canadiens mettent en garde contre les antihistaminiques H1 à base de diphénhydramine, à l’origine de surdoses et de graves effets secondaires. En France, on trouve cette molécule dans l’Actifed Rhume et la Nautamine.
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Un médicament en vente libre ne signifie pas qu’il n’est pas dangereux. C’est notamment la raison pour laquelle les experts ont récemment demandé le retrait du paracétamol et de l’ibuprofène des rayons de nos pharmacies. Désormais, c’est une autre molécule qui inquiète : la diphénhydramine. On la retrouve notamment dans l’Actifed et la Nautamine.
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Les antihistaminiques H1 de première génération, moins sûrs que leurs successeurs
Les experts de la Canadian Society of Allergy and Clinical Immunology (CSACI) viennent de publier une prise de position dans leur journal officiel. Après avoir étudié leurs bénéfices et leurs risques, ils affirment que les antihistaminiques H1 de nouvelle génération sont plus sûrs que leurs prédécesseurs de première génération, et devraient donc être utilisés en premier recoursdans le traitement des rhinites allergiques et de l’urticaire.
En cause, la diphénhydramine, principale molécule des antihistaminiques H1 de première génération, que l’on trouve en vente libre au Canada sous forme de Benadryl. En France, la diphénhydramine est la substance active des médicaments Actifed Rhume Jour et Nuit, Nautamine et Butix.
Selon les médecins, ce traitement est beaucoup trop utilisé du fait de sa disponibilité en vente libre, et devrait être limité à un accès sur ordonnance. “Nous sommes stupéfaits de voir que les gens veuillent toujours l’utiliser”, affirme le Dr David Fischer, allergologue clinicien à Barrie, en Ontario, et auteur de l’article.
Somnolence, irritabilité, coma, arythmie… de graves effets secondaires
L’association d’allergologues recommande de ne pas utiliser ces antihistaminiques, qui ont été introduits dans les années 1940, “avant les normes actuelles”. En effet, ces traitements de première génération peuvent pénétrer dans d’autres parties du corps et entraîner de nombreuses réactions, outre ses effets antihistaminiques.
Le chlorhydrate de diphenhydramine, "vous rend somnolent et irritable, et si vous en prenez une dose trop importante, vous vous retrouverez à l’hôpital", explique le Dr Fischer. Une surdose de ce médicament peut aussi entraîner des problèmes respiratoires, un coma ou des convulsions, rappelle la CSACI. Des troubles du rythme cardiaque peuvent aussi survenir, et s’avérer fatals.
Les personnes âgées s’exposent à un risque de délires et de perte de mémoire
Pour les experts, pas de doute, les antihistaminiques H1 de nouvelle génération (généralement à base de cétirizine et de desloratadine), sont plus sûrs, plus efficaces et plus rapides. La différence majeure étant qu’ils ont un effet beaucoup moins sédatif - voire pas du tout - comparés à la génération précédente.
“Même en suivant les doses prescrites, les médicaments comme le Benadryl sont associés à une somnolence, des troubles cognitifs et des problèmes de mémoire”, met en garde le Dr Anne Ellis, allergologue et professeure à la Queen’s University. “Les enfants peuvent subir une réaction paradoxale, qui les rend hyperactif, tandis que les personnes âgées peuvent délirer”.
1 700 rapports d’effets indésirables graves, selon les autorités sanitaires
Ces mises en garde semblent avoir été prises au sérieux par les autorités de santé canadienne, qui ont déclaré être en train d’étudier le document de synthèse de la CSACI, “afin de déterminer si de nouvelles mesures sont nécessaires pour atténuer le risque des produits contenant de la diphénhydramine”.
Health Canada a d’ailleurs affirmé être au courant des problèmes de sécurité liés à l’utilisation de ces traitements chez les enfants, pour qui une simple petite erreur de dosage peut entraîner une grave surdose. Depuis 1965, l’agence a reçu plus de 1 700 rapports faisant état "d’effets indésirables graves soupçonnés d’être liés à des produits contenant de la diphénhydramine", notamment la fatigue, la fièvre, les maux de tête et la somnolence.
Néanmoins, cette dernière n’a pas évalué ces rapports et ne peut donc, pour l’instant, pas déterminer de lien de cause à effet entre ces symptômes et l’utilisation d'un quelconque médicament.
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