Trump va déclarer l'"urgence nationale" pour construire son mur à la frontière
WASHINGTON (AFP)

Donald Trump a finalement saisi l'option massue en décidant d'annoncer prochainement l'"urgence nationale" pour financer le mur qu'il a promis de construire à la frontière mexicaine, une procédure rare qui menace de provoquer une féroce bataille politico-judiciaire.
Après de longues heures de suspense, le président républicain a finalement promis de promulguer un compromis budgétaire obtenu de haute lutte par des négociateurs républicains et démocrates au Congrès, afin d'éviter un "shutdown".
Ce texte a été approuvé à une large majorité au Sénat, contrôlé par les républicains, peu après l'annonce que Donald Trump le signerait. Il doit être soumis à la Chambre des représentants, à majorité démocrate, après 18H30 (23H30 GMT) puis, après son adoption, être transmis au président américain pour sa promulgation.
Mais Donald Trump "agira aussi par décrets --avec en particulier l'urgence nationale-- afin de mettre fin à la crise de sécurité nationale et humanitaire à la frontière", a indiqué Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche.
"Une nouvelle fois, le président tient sa promesse de construire le mur, de protéger la frontière et d'assurer la sécurité de notre grand pays", a-t-elle souligné.
Le chef de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell a annoncé qu'il soutenait la décision du président de déclarer l'"urgence nationale".
Mais cette procédure rare, autorisant le président des Etats-Unis à contourner le Congrès pour mobiliser des fonds, hérisse de nombreux parlementaires, y compris dans les rangs républicains.
"Déclarer l'urgence nationale serait un acte sans fondement juridique, un grave abus du pouvoir de la présidence et une tentative désespérée de détourner l'attention du fait que le président n'a pas tenu sa promesse fondamentale que le Mexique payerait pour son mur", ont écrit les chefs démocrates de la Chambre et du Sénat Nancy Pelosi et Chuck Schumer.
"Il n'y a pas d'urgence à la frontière" avec le Mexique, avait plus tôt asséné Nancy Pelosi, présidente de la Chambre qui est contrôlée par les démocrates.
"Nous allons passer nos options en revue et nous serons préparés à y répondre de façon appropriée", a-t-elle ajouté, n'écartant pas la voie judiciaire.
Une loi votée en 1976, le "National Emergencies Act", autorise le président des Etats-Unis à invoquer une "urgence" nationale pour activer des pouvoirs extraordinaires, qui permettraient à Donald Trump de contourner le Congrès et de s'appuyer sur l'armée pour construire l'édifice qu'il réclame.
Plusieurs présidents des Etats-Unis ont fait usage de ces dispositions mais dans des circonstances différentes. George W. Bush avait notamment décrété l'urgence après les attentats du 11 septembre 2001 et Barack Obama en avait fait de même lors de l'épidémie de grippe H1N1.
- "Finissez le mur" -
L'accord voté jeudi ne comprend qu'un quart du budget réclamé par Donald Trump pour construire son mur --1,4 milliard de dollars-- et ne mentionne pas le mot "mur", préférant "barrière" ou "clôture".
Certains commentateurs et élus ultra-conservateurs, qui ont l'oreille de Donald Trump, ont durement critiqué le texte depuis lundi soir. Et le président républicain avait fait savoir son mécontentement face au contenu de cet accord.
Washington a jusqu'à vendredi minuit pour éviter une nouvelle impasse qui conduirait à l'asséchement soudain des budgets, ou "shutdown", de 25% des administrations fédérales.
La lutte contre l'immigration clandestine est au coeur de ce blocage.
Donald Trump réclamait 5,7 milliards de dollars pour ériger un mur à la frontière avec le Mexique. Les démocrates ne voulaient pas entendre parler de ce montant, ni de mur en béton.
Leur désaccord a précipité les Etats-Unis dans le plus long "shutdown" de leur histoire, plongeant quelque 800.000 fonctionnaires dans la tourmente pendant 35 jours jusqu'à fin janvier.
Donald Trump avait alors cédé, renonçant temporairement au mur pour sortir du "shutdown".
Grande promesse de campagne, le slogan "Construisez le mur" a porté le républicain jusqu'à sa victoire surprise à la présidentielle de 2016.
Il a pivoté cette semaine vers celle de 2020, qu'il compte bien remporter, avec un nouveau mot d'ordre: "Finissez le mur". Pas question donc d'abandonner sa promesse.
(Bientôt des boat people. Où passeront-ils par le Canada. A mon avis, à une époque où les extrêmes climatiques s'installent aux States où déplacements de populations (réfugiés climatiques) en interne vont se mettre en place, c'est un mauvais choix. En Europe, l'immigration massive pose la question du développement économique des pays migrateurs et l'arrêt de son exploitation prédatrice par les multinationales. Par exemple, l'Afrique reçoit des milliards de dollars pour son exploitation prédatrice sans créer d'emplois pour les africains, donc, ils continuent à quitter leur pays. Les multinationales américaines font la même chose en Amérique centrale et du Sud. Donc, il n'y a aucune raison que les habitants et ne partent pas, surtout, lorsqu'ils regardent les films d'Hollywood qui fait la propagande de l'amércan way of life. En voulant dépecer le Venezuela, les States ne feront que rajouter une population qui se portera volontaire pour faire la migration. Toutes les dérégulations des règles financières, économiques et sociales qui ont été réalisées à marche forcée depuis reagan ont accentué la misère du peuple amércain et celle des autres peuples de la planète. Une refonte de ce qui reste de la démocratie américaine est impératif en commençant par le mode de financement des campagnes électorales qui autorise la corruption des candidat avant même leur élection. note de rené)
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