Les populations de moineaux en forte chute
Les moineaux désertent les grandes villes européennes dont Paris./©Pixabay
A l’occasion de la journée mondiale du moineau (20/03/2019), les cris d’alerte se succèdent concernant le déclin de l’espèce à l’échelle de la planète. En France, les chiffres sont également très inquiétants. Diminution des sites de nidification, raréfaction de l’alimentation ou encore usage des pesticides… 30millionsdamis.fr revient sur les causes qui expliquent en partie cette triste baisse.
Et si les futures générations n’avaient plus la possibilité de voir des moineaux dans leur jardin ? Cette hypothèse – qui pouvait paraître farfelue il y a une décennie – prend malheureusement tout son sens de nos jours.
3 moineaux sur 4 ont disparu à Paris
En effet, ce volatile, présent notamment dans les zones urbaines, voit ses effectifs se réduire à une vitesse folle depuis une dizaine d’années. La Ligue Protectrice des Oiseaux (LPO) estime d’ailleurs que dans la capitale, 3 moineaux sur 4 ont disparu… en 13 ans ! Depuis les années 80, les populations de moineaux auraient également perdu 70% de leurs effectifs en campagne. Dans une publication de la LPO de mars 2018, l’espèce est précisément prise en exemple pour alerter sur la « situation catastrophique » des oiseaux dans nos villes et nos campagnes. « A Paris, il semblerait que la situation se stabilise mais ne s’améliore pas, regrette Jean-François Magne, responsable de la délégation LPO en Île-de-France. C’est pourquoi nous avons relancé l’étude début mars afin d’identifier les moineaux mais aussi s’intéresser à la dynamique des colonies. »
Raréfaction des sites de nidification, manque d’insectes… Les causes sont multiples
A Paris, la situation ne s'améliore pas.
Jean-François Magne, responsable de la délégation LPO en Île-de-France.
Les raisons de ce fort déclin sont multiples, ce qui fragilise les solutions à apporter. L’une des principales causes est la diminution des sites de nidification dues à l’intensification de l’urbanisation. Les bâtiments sont bien moins adaptés pour que les moineaux y construisent leurs nids. « La raréfaction des sites de nidifications est effectivement l’une des causes de ce déclin, confirme Jean-François Magne. Il faut que des cavités soient disponibles pour les moineaux notamment en période de reproduction. On constate également un problème sur le nourrissage des jeunes à cause de la raréfaction des insectes. C’est l’un des sujets que nous devons mettre en évidence dans notre programme qui apporte des solutions concrètes pour le moineau. »
Si l’inquiétude se fait sentir en France, elle s’étend aussi à l’échelle mondiale. C’est ainsi que Mohammed Dilawar, fondateur de la Nature Forever Society, a créé le « Sparrow Day » (le jour du moineau) dès 2010 afin d’alerte sur le déclin numérique de cet animal dans son pays, l’Inde.
De grandes villes européennes qui perdent leurs oiseaux
Au Royaume-Uni, le moineau a même été inscrit sur la liste rouge des espèces d’oiseaux menacées, l’animal ayant quasiment disparu de Londres, la capitale. Dans le pays, la chute a été estimée à 62% entre 1970 et 1999. Plusieurs grandes villes d’Europe déplorent une situation analogue, que ce soit à Hambourg (-50% en 30 ans), à Prague (60% en 20 ans) ou en Finlande (60% en 25 ans). « Les baisses enregistrées en Europe occidentale sont attribués à la diminution de la disponibilité des aliments, explique l’ONG Birdlife International. Cela peut être dû aux modifications de pratiques agricoles comme les pesticides et les herbicides. »
Si les populations de moineaux sont fragilisées, il est essentiel de rappeler que c’est malheureusement l’ensemble des oiseaux qui se retrouvent en difficulté. Les hirondelles elles-mêmes pourraient ne plus annoncer le printemps si le déclin de leur population se poursuit. Dans son rapport accablant de mars 2018, Birdlife International rappelait déjà que « la disparition des oiseaux [allait] entre 100 et 10 000 fois plus vite que la normale » et que « des douzaines d’espèces [risquaient de] s’éteindre chaque jour » à ce rythme ! Tristement prophétique… sauf à modifier rapidement et en profondeur nos comportements.
(Perso, dans ma campagne dans le nord de la France, depuis deux ans, je ne suis plus réveillé par le chant des oiseaux. Plus d'insectes, plus d'oiseaux. Pour en garder quelques uns, je laisse les graines de mes poules à disposition. note de rené)
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