dimanche 10 mars 2019

Comment manger du poisson sans s'intoxiquer au mercure ?


source : Notre planète info                Article mis à jour le 
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© Christophe Magdelaine / www.notre-planete.info - Licence : Tous droits réservés
Manger régulièrement du poisson est à priori bon pour la santé sauf que les mers et océans de notre planète sont maintenant tellement polluées que les poissons sont contaminés au mercure. Un véritable casse-tête pour se nourrir sainement...
La consommation mondiale d'animaux marins par habitant a doublé en 50 ans : elle est passée de 10 kg en 1960 à 20 kg en 2014, avec de fortes disparités régionales. En Europe et en Amérique du Nord, la consommation dépasse même 25 kg par habitant.
Il existe un consensus sur la valeur ajouté nutritionnelle du poisson dans notre alimentation mais c'était sans prendre en compte la pollution au mercure des mers et océans qui a été multipliée par trois depuis la révolution industrielle.
Le Biodiversity Research Institute et le Zero mercury working group, ont lancé des alertes sur la contamination au mercure des poissons suite aux résultats inquiétants de prélèvements marins effectués dans des zones de pêches synthétisé dans un récent rapport.

"Le poisson est le plus sain des aliments"

Originellement, la consommation de poisson est conseillée puisque selon la FAO, "le poisson est le plus sain des aliments" : "c'est un gros fournisseur de micronutriments essentiels pour une bonne alimentation. Au-delà de l'énergie et des protéines qu'il dispense, il diminue le risque de maladies coronariennes et améliore la santé cardio-vasculaire. Le poisson est également un grand fournisseur de n-3 poly acides gras insaturés à chaîne longue (LC n-3 PUFA), qui sont manifestement liés à un meilleur développement cognitif tel que mesuré par les compétences en lecture jusqu'à l'âge de 12 ans. Soulignons que les oméga-3 à chaîne longue sont naturellement présents dans les microalgues (phytoplancton) ingérées par les poissons.
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Pourtant, les produits de la mer constituent la principale source d’exposition humaine au mercure.

Les océans sont de plus en plus pollués par le mercure

Le mercure (Hg) est un élément trace métallique (anciennement appelé métaux lourds) qui est assimilé par les organismes vivants sous une forme chimique biodisponible et très toxique : le méthylmercure (MeHg). Or, le méthylmercure est « stable et à forte affinité pour les protéines », il aura donc « une forte tendance à s'accumuler dans les organismes et à se propager le long des chaînes alimentaires » indique l'INSU.
Le mercure est notamment émis par les activités humaines (exploitation minière, orpaillage, métallurgie, transformation de pâte à papier, combustion des déchets et du charbon en particulier). Il s'est largement disséminé dans les écosystèmes terrestres et marins, jusqu'en Antarctique !
Aujourd'hui, les océans constituent l'un des principaux réservoirs pour le mercure qui s'accumule tout au long de la chaîne trophique : du plancton et des petits poissons jusqu'aux plus gros prédateurs marins : « Présent à de faibles concentrations dans l'eau ou les sédiments sous sa forme méthylée, il peut se concentrer très fortement dans les organismes aquatiques, sa teneur tendant à s'élever au fil de la chaîne alimentaire, à chaque fois qu'une espèce en mange une autre », indique l'Anses. Autrement dit, les grands poissons prédateurs présentent généralement une plus forte teneur en mercure car ils se nourrissent de plus petits animaux qui ont eux-mêmes déjà ingéré du mercure.

Manger du poisson : « la principale source d'exposition alimentaire de l'homme au méthylmercure »

La consommation de poissons constitue la principale source d'exposition alimentaire de l'homme au méthylmercure selon l'Anses. Le niveau de contamination augmente chez les espèces marines situées en haut de la chaîne alimentaire : requin, marlin, espadon, lamproie, thon rouge du Pacifique, mais aussi le homard, les petites baleines et les phoques.
Résultat : les poissons et les autres espèces aquatiques consommées par l'Homme ont des concentration en mercure qui dépassent souvent les niveaux de sécurité alimentaire définis par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
« Pratiquement tout individu présente au moins des traces de méthyle mercure dans ses tissus, ce qui reflète l'omniprésence de ce composé dans l'environnement et l'ampleur de l'exposition à travers la consommation de poissons et de crustacés » explique l'OMS.
Or, "les risques pour la santé sont tout particulièrement élevés pour le fœtus et les jeunes enfants", ce qui "constitue donc un enjeu de santé publique d'importance" explique l'IRD.

Guide de consommation de poissons et mercure

Le Biodiversity Research Institute et ses partenaires ont effectué près de 26 000 prélèvements dans les zones de pêche autour du globe et le constat est inquiétant.

Les poissons qui ne devraient pas être mangés

Certaines espèces de poissons ne devraient tout simplement pas être consommées, comme le marlin, le maquereau roi, l'espadon et le thon rouge du pacifique, qui, paradoxalement fait l'objet de ventes à des prix records pour alimenter quelques restaurants japonais spécialisés dans les sushis. Manger des sushis au thon rouge n'est donc pas recommandé.

Les poissons qui ne devraient être consommés qu'une fois par mois

D'autres espèces ne devraient être consommées qu'une fois par mois, c'est le cas des autres espèces de thon dont le thon albacore que l'on retrouve notamment dans les boîtes de thon si communes. A ne consommer qu'une fois par mois également : hoplostèthe orange, mérou, merlu...

Les poissons qui peuvent être consommés une à plusieurs fois par semaine

Bonne nouvelle tout de même : des espèces marines peuvent être consommées une fois par semaine (mais pas davantage) comme le bar, l'anchois, le chinchard, la sardine et le flet.
Et même deux fois par semaine : hareng, maquereau tacheté, mulet, morue.

Les poissons qui peuvent être consommés sans restriction

Selon le rapport, l'aiglefin et le saumon sont les deux espèces de poisson qui présentent le moins de mercure et peuvent donc être consommés librement.

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