Donald Trump torpille le projet de Brexit de Theresa May
source : Romandie.news
Mélania et Donald Trump en compagnie de Theresa May, le 12 juillet 2018 à Blenheim près d'Oxfordn / © POOL/AFP / Geoff PUGH
Après avoir vertement critiqué l'Allemagne lors d'un sommet de l'Otan à Bruxelles où il a également réclamé une augmentation de la contribution financière des européens, M. Trump s'en est pris au plan de Mme May de future relation commerciale avec l'UE, dans un entretien accordé au tabloïd The Sun avant son arrivée jeudi après-midi sur le sol britannique.
Selon lui, ce projet va "probablement tuer" la possibilité d'un accord de libre-échange entre Washington et Londres après la sortie britannique de l'UE fin mars 2019.
Le plan que Mme May a proposé à Bruxelles prévoit de maintenir des liens étroits avec l'UE à 27, en instaurant une nouvelle "zone de libre-échange" qui reposerait sur un ensemble de règles communes concernant les biens et le secteur agro-alimentaire.
"S'ils font un tel accord, nous traiterions avec l'Union européenne au lieu de traiter avec le Royaume-Uni", a dit M. Trump, qui n'a jamais caché sa préférence pour un Brexit dur synonyme de rupture nette des liens entre le Royaume-Uni et l'UE.
Un poupon géant gonflable caricaturant le président américain Donald Trump lors d'une manifestation devant le Parlement à Londres, le 13 juillet 2018, pour protester contre la visite du dirigeant au Royaume-Uni / © AFP / Tolga AKMEN
Le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères Alan Duncan a aussi tenté de dédramatiser. "Donald Trump aime la controverse, c'est son style, sa couleur (...) Je ne pense pas que ce soit grossier", a-t-il dit sur la BBC vendredi matin.
Ces propos ont toutefois soulevé l'indignation de parlementaires britanniques et risquent de peser sur les discussions bilatérales prévues entre les deux dirigeants.
Ils ont également provoqué dans la matinée une baisse de la livre britannique face à l'euro et au dollar.
Anthony Gardner, l'ancien ambassadeur du président Barack Obama auprès de l'UE, a jugé ces déclarations de M. Trump "totalement inacceptables" et "sans précédent" en pleine visite officielle. "Il est hors de contrôle et constitue une honte", a-t-il tweeté.
Ils risquent aussi d'affaiblir davantage la position de Mme May au sein de son Parti conservateur, alors que les récentes démissions du ministre des Affaires étrangères Boris Johnson et du Brexit David Davis, deux eurosceptiques, l'ont mise dans une situation délicate.
M. Trump n'a pas non plus exclu de rencontrer son "ami" Boris Johnson, qui ferait, selon lui, un "grand Premier ministre".
- Thé avec la reine -
La nouvelle sortie de M. Trump constitue une claque d'autant plus cinglante pour Mme May que, jeudi soir, elle lui a déroulé le tapis rouge et a vanté la force du lien transatlantique.
Les États-Unis et le Royaume-Uni ne sont pas seulement "les plus proches alliés, mais aussi les amis les plus chers", a-t-elle déclaré en accueillant le président américain et son épouse Melania pour un dîner au palais de Blenheim, résidence de campagne près d'Oxford, où étaient également invités de nombreux représentants du monde économique.
Vendredi matin, les deux dirigeants doivent se retrouver pour aller inspecter les troupes à la prestigieuse académie royale militaire de Sandhurst, avant des discussions bilatérales et un déjeuner à Chequers, la résidence de campagne des Premiers ministres britanniques, à 70 km au nord-ouest de Londres.
Une conférence de presse commune est ensuite prévue.
Outre le commerce, les échanges entre M. Trump et Mme May porteront sur le Proche-Orient, La Corée du Nord et la Russie, alors que le milliardaire s'apprête à rencontrer pour la première fois le président russe Vladimir Poutine lors d'un sommet à Helsinki lundi.
Le président et son épouse sont ensuite attendus au palais de Windsor, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Londres, pour prendre le thé avec Elizabeth II.
Ce parcours le tiendra éloigné des manifestations prévues à Londres contre sa venue, qui devraient culminer par un rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Trafalgar Square pour dénoncer la politique migratoire de Trump, son "sexisme" et son "déni" du changement climatique.
Dans la matinée, un ballon géant représentant un Donald Trump en couche-culotte devait flotter dans le ciel londonien près du Parlement.
Les démonstrations de mécontentement contre le président américain ont démarré dès jeudi, avec un rassemblement devant la résidence de l'ambassadeur américain à Londres.
"Donald Trump n'est pas le bienvenu !" ont scandé en cœur les quelques centaines de manifestants rassemblés devant les grilles de Winfield House, située dans Regent's Park.
(©AFP / 13 juillet 2018 11h50)
(Que peut faire macron (France) avec sa feuille de route européenne confiée à lui par un réseau financier qui n'est pas celui de trump ? Aux States, celui qui gagne est celui qui aux manettes de l'état, raison pour laquelle celui de macron a réagi et réagit toujours avec une telle violence médiatique contre trump aux States. Sauf, que macron n'a pas considéré un facteur, trump est très, très rancunier. note de rené)





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