mardi 10 juillet 2018

Bruxelles va blinder ses frontières

source : El Watan
Photo : D. R.
 
29 JUIN 2018 À 21 H 54 MIN
 
Après des tractations marathon entamées jeudi en début de soirée à Bruxelles, les dirigeants des 28 pays de l’Union européenne ont bouclé, hier, un accord sur les migrations.
Plateformes de débarquement» de migrants, «centres contrôlés», renforcement des frontières extérieures : après plus de 9 heures de tractations, le Conseil européen a accouché de nombreuses mesures pour faire face au phénomène des migrants clandestins. Il n’y a pas de doute, l’Europe veut rendre ses frontières plus hermétiques et rejeter le gros du «fardeau» des migrants clandestins aux pays de la rive sud de la Méditerranée.
C’est de la sorte, du moins, que le problème est perçu au Maghreb. Pour dissuader les traversées de la Méditerranée, les dirigeants des 28 ont ainsi appelé à «explorer rapidement» le «concept» de «plateformes régionales de débarquement» de migrants secourus en mer hors d’Europe, en coopération avec le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale des migrations (OIM).
Aucun pays tiers ne s’est jusqu’à présent proposé pour héberger de tels lieux d’accueil des migrants secourus dans les eaux internationales, où il est question de distinguer les migrants irréguliers des demandeurs d’asile admissibles dans l’UE.
L’Albanie, l’Algérie, la Libye et le Maroc, qui souffrent déjà beaucoup du phénomène des migrants clandestins, ont déjà fait savoir qu’ils n’accepteraient pas de tels centres. Ces lieux suscitent beaucoup de doutes sur les contours concrets des «plateformes» comme sur la compatibilité avec le droit international de ces débarquements hors d’Europe.
Les migrants secourus dans les eaux européennes pourront être pris en charge dans des «centres contrôlés» sur le territoire de l’UE, prévoit le texte de l’accord, d’où ils pourront être répartis dans l’Union lorsqu’ils sont éligibles à l’asile et renvoyés vers leur pays dans le cas contraire.
Mais la création de ces lieux, qui seraient dotés de moyens européens, est laissée à la discrétion des Etats membres, et de la même manière le partage de l’accueil devra se faire «sur une base volontaire», ce que refuse l’Italie qui demande un système permanent de répartition et l’abandon pur et simple du principe de la responsabilité du pays d’arrivée.
Mouvements secondaires
Le compromis comprend, par ailleurs, un paragraphe pour la lutte contre les déplacements de migrants entre pays de l’UE, sans attendre de décision sur leur cas dans leur pays d’arrivée, qualifiés de «mouvements secondaires». «Les Etats membres devraient prendre toutes les mesures législatives et administratives internes nécessaires pour contrer de tels mouvements et coopérer étroitement entre eux à cette fin», est-il écrit.
C’est justement ce problème qui coince actuellement en Allemagne, rappelle l’AFP qui rapporte l’information. L’accord prévoit enfin d’augmenter les moyens de l’Agence européenne des gardes-frontières, Frontex, en lui donnant plus de ressources financières (sans donner de chiffres) et un mandat plus large.
Il prévoit aussi de renforcer le soutien aux gardes-côtes libyens et appelle «tous les navires qui opèrent dans la Méditerranée» à «respecter les lois applicables et ne pas faire obstacle aux opérations des gardes-côtes libyens».
Un passage particulièrement apprécié par Malte et l’Italie. Les 28 ont convenu de débloquer la seconde tranche de 3 milliards d’euros du fonds pour aider les réfugiés en Turquie et d’alimenter le fonds de l’UE pour l’Afrique afin de lutter contre les causes des migrations. 
(Donc, si, l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, la Libye n'ont pas d'espoir de se débarrasser des migrants, ils vont les virer méchant pour les décourager de revenir par cette voie. Et, dans cette histoire de migrants, il faudrait reposer le rôle des ong. note de rené)

Aucun commentaire: