Deutsche Bank met fin à 6 ans de vaches maigres

(Agence Ecofin) - Le géant bancaire allemand, Deutsche Bank, a renoué avec les bénéfices en 2020, après plusieurs années de vaches maigres. Pour ce prêteur européen, qui en a fait l'annonce ce jeudi, c’est en effet une première depuis 2014.
Si ses gains sont relativement "modestes", pour ce mastodonte de la finance internationale, avec un bénéfice net attribuable aux actionnaires de “seulement” 113 millions €, c’est tout de même meilleur que les pertes de 5,7 milliards € de 2019…. Dans la foulée, son chiffre d'affaires a progressé de 32 %, pour atteindre 9,28 milliards € en 2020, tandis que les revenus de ses principales activités de vente et de négociation de titres à revenu fixe et de devises ont grimpé de 28 %.
Mais c'est surtout sa division banque d'investissement qui aura porté le gros des recettes, ce qui marque une embellie inatendue (les analystes tablaient d'abord sur une perte d'environ 300 millions € pour 2020). L’unité, pour qui la pandémie aura été, paradoxalement, très rentable, a notamment profité de la grande volatilité sur les marchés financiers, massivement inondés de cash par les banques centrales européenne et américaine.
C’est aussi une victoire pour le nouveau DG, Christian Sewing, qui a été promu en 2018 pour redresser le géant allemand, au bord de la faillite.
Plus largement, ces performances ont de quoi apporter une petite bouffée de soulagement vis à vis de cette banque systémique (c’est à dire une banque dont les activités sont tellement importantes que sa faillite affecterait l’ensemble de la finance mondiale), qui inquiète déjà les experts depuis plusieurs années, avec ses pertes à répétitions (sur les dix dernières années, Deutsche a perdu au total 8,2 milliards €), et ses amendes pour fraudes, blanchiments d’argent et autres malversations financières.
D'autant que ce gros acteur européen, dopé par les marchés financiers l'an dernier, porte toujours ses failles structurelles, notamment un trou de plus 10 milliards € dans son solde financier. L'institution financière, déjà très impliquée dans la crise des subprimes de 2008, est encore considérée, par de nombreux analystes, dont le FMI, comme capable de causer une nouvelle crise financière, d’ampleur mondiale.
Ayi Renaud Dossavi
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