Venezuela: l'armée déploie ses chars face à la "menace" américaine
Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 27/08/2017 à 08:34 , mis à jour à 09:09
Civils et membres de l'armée ont paradé dans les rues de Caracas, samedi. REUTERS
200 000 soldats et 700 000 miliciens, réservistes et civils, participent à des manoeuvres militaires ce week-end, au cours d'une véritable démonstration de force.
Chars débarquant sur la plage, hélicoptères survolant un barrage, tireurs d'élite en tenue de camouflage: l'armée vénézuélienne est mobilisée jusqu'à dimanche soir pour de grandes manoeuvres militaires, en réponse à la "menace" du président américain Donald Trump.
À Caracas, où forces de l'ordre et miliciens ont défilé samedi, des partisans du gouvernement vêtus de rouge se sont eux essayé au maniement du fusil ou aux techniques de combat, dans le cadre d'"une marche anti-impérialiste".
"Prenez en charge la défense du territoire"
"Yankees, hors d'ici!": en frappant deux mannequins à l'aide d'un long fusil trop lourd pour elle, Erica Avendaño, 60 ans, crie son opposition aux États-Unis. Un peu plus loin, Alicia Rosales, 63 ans, est assise aux commandes d'un canon antiaérien, qu'elle fait tourner dans un sens puis dans l'autre, le canon vers le ciel. "C'est comme conduire une auto-tamponneuse", sourit-elle.
Le coup d'envoi de ces manoeuvres baptisées "Souveraineté bolivarienne 2017" a été donné samedi par le chef de l'État vénézuélien Nicolas Maduro et son ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez. Au cours du week-end, 200 000 soldats et 700 000 miliciens, réservistes et civils armés devraient montrer leur force.
"Au peuple et à la FANB (armée vénézuélienne), prenez en charge la défense du territoire et de la souveraineté", a écrit Nicolas Maduro sur Twitter.
"Une possible option militaire si nécessaire"
Après des exercices de tir samedi, des manoeuvres de combat sont prévues dimanche. "Ce sera un exercice très bénéfique pour la défense intégrale du pays" face à l'"agression de l'empire", selon le ministre de la Défense.
Un membre de l'armée apprend à une femme à manier un fusil pendant un exercice militaire, samediREUTERS
Ces grandes manoeuvres militaires avaient été ordonnées dès la mi-août par le chef de l'Etat socialiste, en réponse à la déclaration de Donald Trump évoquant "une possible option militaire si nécessaire" au Venezuela. Nombre de pays d'Amérique latine avaient pourtant rejeté la perspective d'un recours à la force.
Vendredi, la Maison Blanche a certes écarté toute action militaire à court terme. En revanche, déterminé à démontrer que les États-Unis ne resteraient pas immobiles face à la crise dans ce pays, le président Trump a signé un décret interdisant d'acheter de nouvelles obligations émises par le gouvernement du Venezuela ou par la compagnie pétrolière nationale PDVSA.
Une opération de "propagande"
Riche en ressources pétrolières mais pauvre en liquidités, le pays, dont la dette est estimée à plus de 100 milliards de dollars, redoute le spectre d'un défaut de paiement. "Ces mesures ont été soigneusement calibrées pour priver la dictature Maduro d'une source cruciale de financement", a souligné la Maison Blanche.
Les exercices militaires du week-end relèvent d'une "propagande" dont "Maduro a besoin", estime Rocio San Miguel, experte en questions militaires. Très critiqué, Nicolas Maduro est confronté depuis début avril à une violente vague de contestation qui a fait au moins 125 morts et des milliers d'arrestations.
L'opposition considère le président vénézuélien comme responsable de la grave crise économique que traverse le pays. Elle lui reproche également d'avoir fait élire une assemblée constituante fin juillet. Cet organisme s'est emparé des pouvoirs législatifs de l'Assemblée nationale, la seule institution du pays contrôlée par l'opposition depuis la fin 2015.
(Ils ne font pas le poids face à la puissance de feu américaine. Mieux faudrait pour eux se dissoudre dans la population et s'organiser en résistance armée dès le déclenchement des hostilités par les States. note de rené)
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