Des Sud-soudanais contaminés par les produits chimiques de l'exploitation pétrolière
(source : Romandie.com)Nairobi - Les produits chimiques utilisés dans l'exploitation pétrolière ont contaminé la population vivant près d'une usine de traitement dans l'Etat d'Unité, au Soudan du Sud, causant un risque sanitaire sérieux pour 180.000 personnes, a indiqué vendredi une ONG allemande qui a mené des études toxicologiques sur place.
La population dans les environs de l'usine de traitement de Thar Jath, dans l'Etat d'Unité (nord), est fortement intoxiquée avec des substances polluantes telles que le plomb et le baryum, explique dans un communiqué le vice-président de l'ONG Sign of Hope (Signe d'espoir), Klaus Stieglitz.
Il y a un lien direct entre la contamination des gens et les activités de l'industrie pétrolière travaillant dans cette zone, a-t-il affirmé. La contamination s'opère via l'eau potable que boivent les habitants, selon Sign of Hope.
L'an passé, après avoir mené pendant six ans des recherches hydrologiques dans la région, à environ 500 km au nord de la capitale Juba, l'ONG allemande avait établi un lien direct entre l'exploitation pétrolière et la contamination de l'eau potable.
Elle avait démontré que les nappes phréatiques d'une large région bordant les zones marécageuses du Nil-Blanc étaient polluées par l'infiltration lente d'eaux salées issues de la production de brut.
L'organisation avait mis en cause les compagnies pétrolières, qui ne prennent aucune mesure pour éviter que les additifs chimiques utilisés n'entrent en contact avec le sol, ou pour traiter leurs déchets.
Cette fois-ci, Sign of Hope a demandé à deux toxicologues indépendants d'examiner des échantillons capillaires prélevés sur 96 volontaires, venus des Etats d'Unité et des Lacs (centre).
Concernant le plomb et le baryum, on peut conclure qu'il y a des raisons d'être inquiets sur leurs effets sanitaires, dans les localités de Koch, Leer et Nyal, explique l'un des deux experts, le professeur Fritz Pragst, du département de Toxicologie de l'hôpital de la Charité à Berlin.
Selon l'autre expert, le docteur Klaus-Dietrich Runow, de l'Institut de médecine fonctionnelle et de santé environnementale de Wolfhagen, les niveaux de concentration observés pour le plomb et le baryum menacent la survie des personnes contaminées.
Malgré la faible quantité d'échantillons analysés, l'homogénéité des résultats laisse supposer qu'ils s'appliquent à de larges sections de la population locale, estimée à 180.000 personnes.
(©AFP / 04 mars 2016 06h00)
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