Pétrole : des indiens d’Amazonie dénoncent deux entreprises françaises
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07/09/2015
(source : Secours Catholique.org)
Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, reçoit à Paris, ce lundi 7 septembre, Manuel Pulgar-Vidal Otarola, ministre péruvien de l’Environnement, pour discuter de la question climatique. Dans le même temps, le Secours Catholique-Caritas France, le CCFD-Terre Solidaire et deux associations de la société civile péruvienne publient un rapport sur les impacts en Amazonie péruvienne des activités de Maurel & Prom et Perenco, deux entreprises pétrolières françaises.
Problèmes de peau, augmentation des cas de diarrhées, dysenteries et parasitoses, raréfactions des espèces naturelles et notamment des poissons, baisse des rendements agricoles et appauvrissement des sols... La liste est dressée par plusieurs communautés indigènes de l’Amazonie péruvienne.
Elles dénoncent les dommages causés par la pollution de leurs sols et des cours d’eau qu’elles utilisent pour se laver, pêcher, s’alimenter, boire et cuisiner. En cause, les activités sur leurs territoires de deux entreprises pétrolières françaises : Maurel & Prom et Perenco.
C’est l’objet du rapport « Le baril ou la vie » que publient, ce lundi 7 septembre, le Secours Catholique-Caritas France, le CCFD-Terre Solidaire et deux associations de la société civile péruvienne : le Centre amazonien d’anthropologie et d’application pratique (CAAAP) et CooperAccion.
Elles dénoncent les dommages causés par la pollution de leurs sols et des cours d’eau qu’elles utilisent pour se laver, pêcher, s’alimenter, boire et cuisiner. En cause, les activités sur leurs territoires de deux entreprises pétrolières françaises : Maurel & Prom et Perenco.
C’est l’objet du rapport « Le baril ou la vie » que publient, ce lundi 7 septembre, le Secours Catholique-Caritas France, le CCFD-Terre Solidaire et deux associations de la société civile péruvienne : le Centre amazonien d’anthropologie et d’application pratique (CAAAP) et CooperAccion.
Atteintes à l’environnement et aux droits humains
Depuis le milieu des années 2000, ces deux organisations, engagées, avec le Centre épiscopal d’action sociale (CEAS), aux côtés des communautés indigènes, documentent les impacts des activités des deux entreprises pétrolières françaises sur l’environnement et sur le quotidien des populations qui vivent sur ces terres.
Aujourd’hui, avec le Secours Catholique et le CCFD- Terre solidaire, elles accusent les deux entreprises de ne pas vouloir se préoccuper des risques écologiques que font courir leurs activités, et de ne pas respecter les droits humains auxquels peuvent prétendre les habitants des territoires exploités, tels que le droit à l’alimentation, le droit à la santé, le droit à la consultation, le droit de vivre dans un environnement sain.
Les cinq ONG dénoncent aussi la faiblesse coupable des contrôles exercés par les États français et péruviens. Elles préconisent en ce sens des mesures législatives et politiques, en France et au Pérou, pour encadrer de manière plus rigoureuse les entreprises et pour mieux protéger les populations impactées.
Aujourd’hui, avec le Secours Catholique et le CCFD- Terre solidaire, elles accusent les deux entreprises de ne pas vouloir se préoccuper des risques écologiques que font courir leurs activités, et de ne pas respecter les droits humains auxquels peuvent prétendre les habitants des territoires exploités, tels que le droit à l’alimentation, le droit à la santé, le droit à la consultation, le droit de vivre dans un environnement sain.
Les cinq ONG dénoncent aussi la faiblesse coupable des contrôles exercés par les États français et péruviens. Elles préconisent en ce sens des mesures législatives et politiques, en France et au Pérou, pour encadrer de manière plus rigoureuse les entreprises et pour mieux protéger les populations impactées.
>>> Accéder au rapport « Le baril ou la vie »
« Déconstruire cette image de l’indigène avec des plumes et des flèches »
- ©Secours Catholique
- Manuel Pedro Cornejo Chaparro, responsable du CAAAP.
Manuel Pedro Cornejo Chaparro, responsable du CAAAP, partenaire du Secours Catholique-Caritas France, explique l’importance d’agir pour que les communautés indigènes aient une place dans les instances politiques locales et nationales.
« Par delà notre travail de documentation et de lobbying, nous accompagnons depuis des années les communautés indigènes pour qu’elles renforcent leurs capacités, notamment en matière de négociation et de formulation de politiques publiques, de gestion des territoires et d’accès aux droits que leurs garantissent les conventions internationales.
L’Amazonie péruvienne représente environ 62% de notre territoire national et abrite 52 peuples indigènes. Et cela est totalement méconnu de nos autorités étatiques. Nous, Péruviens, avons un imaginaire depuis des siècles autour du peuple amazonien. On les imagine uniquement avec des plumes et des flèches.
Au CAAAP, nous sommes au contraire convaincus que l’Amazonie n’est pas un lieu d’étude ou d’expérimentation. Les peuples d’Amazonie sont des sociétés dynamiques qui changent et produisent des connaissances. Nous sommes persuadés que ces populations ont la réponse à leurs problèmes.
Le Pérou est un État centraliste : tout s’impose de Lima, il n’y a pas de dialogue. Les sociétés d’Amazonie sont éloignées des services de l’État, et présentent de hauts niveaux de pauvreté. L’État doit se rapprocher d’elles car le pays ne pourra se développer que s’il évolue vers un modèle interculturel qui respecte les différentes cultures et favorise le dialogue entre elles : entre le secteur politique de Lima, le monde andin et les populations indigènes.
Ces dernières ont eu, par le passé, une relation culturelle avec le monde andin, le monde inca surtout, qui a débouché sur de nombreux échanges. Elles ont ainsi beaucoup apporté au développement pré-colombien et elles peuvent aujourd’hui beaucoup apporter au développement de la nation.
C’est pourquoi, d’un côté, nous travaillons au niveau local avec les communautés : nous organisons des ateliers de formation à la citoyenneté, aux droits humains, avec l’idée qu’ils développent leur propre capacité à s’organiser. Et de l’autre côté, nous essayons de sensibiliser les autorités politiques, régionales et nationales, pour déconstruire cette image de l’indigène d’Amazonie qui perdure dans les instances sociales et étatiques, et pour qu’il y ait une meilleure participation des peuples indigènes. »
« Par delà notre travail de documentation et de lobbying, nous accompagnons depuis des années les communautés indigènes pour qu’elles renforcent leurs capacités, notamment en matière de négociation et de formulation de politiques publiques, de gestion des territoires et d’accès aux droits que leurs garantissent les conventions internationales.
L’Amazonie péruvienne représente environ 62% de notre territoire national et abrite 52 peuples indigènes. Et cela est totalement méconnu de nos autorités étatiques. Nous, Péruviens, avons un imaginaire depuis des siècles autour du peuple amazonien. On les imagine uniquement avec des plumes et des flèches.
Au CAAAP, nous sommes au contraire convaincus que l’Amazonie n’est pas un lieu d’étude ou d’expérimentation. Les peuples d’Amazonie sont des sociétés dynamiques qui changent et produisent des connaissances. Nous sommes persuadés que ces populations ont la réponse à leurs problèmes.
Le Pérou est un État centraliste : tout s’impose de Lima, il n’y a pas de dialogue. Les sociétés d’Amazonie sont éloignées des services de l’État, et présentent de hauts niveaux de pauvreté. L’État doit se rapprocher d’elles car le pays ne pourra se développer que s’il évolue vers un modèle interculturel qui respecte les différentes cultures et favorise le dialogue entre elles : entre le secteur politique de Lima, le monde andin et les populations indigènes.
Ces dernières ont eu, par le passé, une relation culturelle avec le monde andin, le monde inca surtout, qui a débouché sur de nombreux échanges. Elles ont ainsi beaucoup apporté au développement pré-colombien et elles peuvent aujourd’hui beaucoup apporter au développement de la nation.
C’est pourquoi, d’un côté, nous travaillons au niveau local avec les communautés : nous organisons des ateliers de formation à la citoyenneté, aux droits humains, avec l’idée qu’ils développent leur propre capacité à s’organiser. Et de l’autre côté, nous essayons de sensibiliser les autorités politiques, régionales et nationales, pour déconstruire cette image de l’indigène d’Amazonie qui perdure dans les instances sociales et étatiques, et pour qu’il y ait une meilleure participation des peuples indigènes. »
Propos recueillis par Benjamin Sèze
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