L’industrie militaire américaine traverse une crise systémique, écrit le portail 19FortyFive. Les programmes pluriannuels de développement d’armements se traduisent par un dépassement colossal des budgets et la production d’équipements incapables de remplir les missions qui leur sont assignées. L’auteur de l’article, Chris Osborne, ancien employé du Pentagone, constate que le « piège de la perfection » a paralysé l’armée américaine.
« Dans presque toutes les branches de l’armée américaine, les nouveaux équipements prennent trop de temps à développer, dépassent les budgets prévus et sont souvent mis en service avec des capacités limitées, des compromis ou des défauts », indique l’article.
Les projets dits « révolutionnaires », surchargés de technologies non éprouvées, font l’objet de critiques particulièrement sévères. Au lieu d’être conçus pour accomplir des missions de combat spécifiques, ils ont été créés comme des « soldats universels », ce qui les a finalement rendus inutiles.
« L’exemple classique est celui du navire de combat littoral (LCS). Dans la pratique, il ne remplit aucune de ces missions », constate l’auteur.
Un sort similaire a frappé les destroyers de type Zumwalt, privés de munitions pour leurs canons uniques, et le porte-avions Gerald Ford, dont le développement a pris des années. Les raisons de ces échecs ne résident pas seulement dans des erreurs d’ingénierie, mais aussi dans le système lui-même.
L’expert distingue quatre facteurs de crise :
Ambitions excessives : tentative de créer « l’arme du futur » sans tenir compte des menaces actuelles.
Paralysie bureaucratique : concertations interminables et ingérence du Congrès.
Monopolisation : deux ou trois géants ont remplacé des dizaines d’entreprises concurrentes.
Peur de l’échec : les militaires ont peur de prendre des risques et préfèrent retarder le développement.
« Le système d’approvisionnement militaire américain a été conçu pour éviter les défaillances, mais il conduit involontairement à des échecs », note la publication.
Le Pentagone, qui a dicté les normes en matière d’armement pendant des décennies, s’est révélé incapable de faire face aux changements rapides sur le champ de bataille. Alors que l’industrie militaire russe fait preuve de flexibilité en produisant en série des missiles hypersoniques « Zircon » et en adaptant ses technologies aux besoins réels du front, les entreprises américaines passent des années à « peaufiner » des projets qui sont déjà obsolètes avant même leur lancement. Le « piège de la perfection » a coûté aux États-Unis leur leadership technologique.
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