(Sérieux l'appareil du parti démocrate atteint son plus haut niveau d'hystérie. Il est passé en mode auto-destruction. note de rené)
par Karine Bechet-Golovko
Alors que Lavrov se rend aux Etats-Unis pour rencontrer le Secrétaire d’Etat Pompeo et le Président Trump, afin de rationaliser un peu les relations entre les pays, le Sénat en profite pour contraindre le Département d’Etat à reconnaître la Russie Etat soutenant le terrorisme et empêcher ainsi l’exécutif de restreindre l’hystérie antirusse qui s’est emparée de la politique intérieure américaine.
Comme le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov le déclare très justement aux journalistes au retour de son passage aux Etats-Unis :
« Notre délégation est arrivée à Washington, le jour où de nouvelles sanctions étaient discutées. Il me semble que quel que soit le jour que l’on ait pu choisir pour notre arrivée à Washington, il aurait de toute manière coïncidé soit avec des sanctions, soit avec l’impeachment. »
En effet, le 11 décembre, le Comité des affaires internationales du Sénat a adopté le projet de loi obligeant le Secrétaire d’Etat à décider de déclarer ou non la Russie comme Etat finançant le terrorisme. Et ce malgré (et peut-être justement en raison) de la lutte acharnée menée par l’armée russe en Syrie contre le terrorisme, ce type de projet passe.
Il faut dire que, justement, peu avant, le vice-secrétaire d’Etat américain avait déclaré ne pas considérer la Russie comme un des Etats supportant le terrorisme, liste dans laquelle figurent l’Iran la Corée du Nord, la Syrie et le Soudan. Les Etats-Unis ont en effet une vision très sélective de la question, qui ne semble pas avoir de lien particulier avec la lutte – ou le financement – du terrorisme. L’Arabie Saoudite, par exemple, est pieusement oubliée.
Cette position est assez ubuesque, puisque les Etats-Unis prennent le contre-pied du Tribunal international de La Haye, qui lors d’une décision intermédiaire en 2017, avait refusé de reconnaître la Russie comme un Etat soutenant le terrorisme, en l’occurrence en Ukraine (voir notre article ici).
Alors que la justice internationale, je ne parle pas de la « justice médiatique », n’a pas non plus pu retenir de preuves soutenant la thèse ukrainienne de l’implication directe de l’armée russe dans le Donbass, le Sénat s’engage aussi dans cette voie. Il est vrai qu’après le fiasco de Zelensky au Format Normandie, la politique est quand même un métier, il faut bien le soutenir à bout de bras. Sinon, comme nous avons pu le voir, il patauge. Surtout quand Trump, plus réaliste, tente de dépasser cette hystérie antirusse contre-productive pour ramener le débat dans le cadre d’un conflit politique classique.
Le Département d’Etat a donc 90 jours pour déterminer si des troupes russes se trouvent dans le Donbass et dans ce cas si elles peuvent être qualifiées, avec les formations militaires de DNR et LNR, d' »organisations terroristes internationales ».
Juste en passant : si la présence de troupes étrangères, sans autorisation du pays concerné, entraîne la qualification je cite « d’organisations terroristes internationales », les Etats-Unis devraient s’inquiéter de la présence nombreuse de leurs troupes tombant dans cette catégorie, en commençant par la Syrie … Parce que dans cette logique, ils risqueraient, pour pousser l’absurde à son paroxysme, de devoir s’inscrire eux-même dans leur liste d’Etats soutenant le terrorisme …
Bref, la Russie doit être sanctionnée. Peu importe les fondements, quelques déclarations politiques doivent être suffisantes pour ne pas trop écorcher ce qui reste du vernis écaillé de la démocratie occidentale. Et le conflit intérieur politique américain s’amplifie sur fond d’impeachment, qui bat de l’aile.
La Russie semble un peu lasse d’être la victime de cette décadence du jeu politique américain intérieur, qui n’arrive toujours pas à intégrer une véritable alternance, et le Comité de la Douma pour la Défense envisage à son tour d’élaborer un projet de loi contre Washington. Selon Alexandre Chernine:
« Aucune organisation terroriste dans le monde ne peut exister sans être nourrie de l’extérieur, seuls les Etats-Unis détiennent ces ressources« .
Karine Bechet-Golovko


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