( Pas étonnant, total veut imposer l'exploitation de gaz/pétrole de schiste à l'Algérie. note de rené)
Algérie : Révélations d'un député européen sur le lobbying de Total contre le Hirak
source : Observ'Algérie via Kabylie.news
Le député européen Raphaël Glucksmann accuse, entres autres, le Français Total de lobbying contre l'internationalisation du Hirak Algérien. En effet, dans un texte partagé sur son compte facebook, il s'indigne contre le silence du Parlement européen face à ce qui se passe en Algérie. Selon lui, le lobbying de Total mais aussi de l'italien ENI, y joue un grand rôle.
Pour Raphaël Glucksmann, le silence du parlement européen face à la révolution massive et pacifique en Algérie, n'est pas anodin. Il dénonce une politique de deux poids deux mesures. Il ne comprend pas que le Parlement vote des résolutions sur le code pénal indonésien, sur des lois anti-LGBT en Ouganda ainsi que des lois sur la mémoire de tragédies passées ou l'imprévisibilité d’événements futurs et finalement ne dit rien sur un mouvement aussi exemplaire que le Hirak.
"Mais depuis que je suis là, le Parlement n’a pas eu un mot en session plénière sur un mouvement aussi massif, aussi exemplaire que le Hirak algérien, cette révolution qui ne brise pas un carreau et pourtant pourrait changer la face du monde méditerranéen (le nôtre, aussi, donc, faut-il le rappeler?) a-t-il soutenu. Le député européen explique plus loin que les raisons peuvent être multiples ; lobbying, politique et bureaucratie.
Le lobbying du Français Total et de l'Italien ENI contre le Hirak Algérien
Selon Raphaël Glucksmann, si sa tentative de faire réagir le Parlement européen sur ce qui se passe en Algérie n'a pas abouti, c'est parce que l'enjeu économique et financier est conséquent. Des députés européens auraient expliqué à l'auteur que les intérêts économiques des grandes sociétés nationales de l'énergie (Total et ENI, Ndlr) sont plus importants : « (...) Vint d’abord le défilé des gens qui s’expriment au nom de leurs « intérêts nationaux » (entendre: les intérêts de grandes compagnies nationales qui pensent représenter les intérêts de la nation ou feignent de le penser pour que leurs éléments de langage claquent un peu plus que « notre thune est en jeu les amis » et se nimbent d’un parfum de légitimité politique).
« Vous avez raison (étape 1 de tout raisonnement ici), ces manifestants sont vraiment admirables et la situation juridique (entendre: les arrestations massives) est difficile (entendre: désastreuse), mais l’Algérie, c’est un pôle de stabilité dans la région, et l’un de nos premiers partenaires énergétiques (on y vient: clin d’œil à ENI et Total en coulisses / règle générale: le dernier point dans l’ordre discursif est toujours le premier dans l’ordre d’importance) » a t-il asséné quelque peu agacé.
L’ambassadeur algérien ne dissuade pas le député européen
Raphaël Glucksmann raconte également ce qu'a été sa rencontre avec l'ambassadeur algérien qui aurait tenté de le persuader en jouant sur l'amour du député européen pour l'Algérie et son peuple. « Puis vint l’ambassadeur. Et là rien a dire. Il est aussi bon que courtois. Et surtout, il est dans son rôle. On parle de mes aventures de jeunesse au pays de Kateb Yacine et Lounes Matoub, de la résistance algérienne au colonialisme français puis à l’islamisme terroriste. On se souvient du GIA revendiquant ses attentats depuis Washington ou Londres, on parle de mon amour pour l’Algérie, mais rien n’y fait car c’est précisément au nom de cet amour que je tiens autant à ce que nous exprimions notre soutien à ces innombrables jeunes (et moins jeunes) qui rêvent et luttent dans les rues d’Alger et d’ailleurs » raconte-t-il encore.
La bureaucratie et le risque politique avant l'élection présidentielle en Algérie
Après les lobbyings économique des grandes sociétés de l'énergie installées en Algérie et diplomatique de l'ambassadeur algérien, c'est au tour des bureaucrates du Parlement européen et leurs calculs politiques. Ceux qui n'hésitent pas à dire : "Une résolution oui, mais pas avant les élections. C’est une règle du Parlement européen. On ne vote pas de résolution avant une élection car cela politiserait trop les débats. On transformerait le Parlement en foire d’empoigne politique entre gauche et droite,..." rouspète Raphaël Glucksmann.
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