La Turquie presse ses alliés d'intervenir militairement sur le sol syrien
(source : Romandie.com)Istanbul - Les autorités turques ont renouvelé mardi leur appel en faveur d'une intervention militaire terrestre internationale en Syrie, seule capable à leurs yeux de mettre un terme à la guerre civile meurtrière qui fait rage depuis cinq ans à leur frontière.
Nous voulons une opération terrestre avec nos alliés internationaux. (...) Sans opération au sol, il est impossible d'arrêter les combats en Syrie, a déclaré à la presse un haut responsable turc qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat.
Samedi, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu avait déjà déclaré que la Turquie et l'Arabie saoudite, qui s'apprête à déployer des chasseurs sur la base turque d'Incirlik (sud), pourraient mener une intervention terrestre contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) en territoire syrien.
La Turquie et l'Arabie saoudite font partie de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, qui mène des frappes aériennes contre l'EI en Syrie et en Irak.
Washington a jusque-là catégoriquement écarté tout scénario d'intervention au sol.
Le responsable turc a répété mardi qu'il n'était pas question pour la Turquie de se lancer seule dans une intervention au sol.
Il n'y aura pas d'opération militaire unilatérale de la Turquie en Syrie, a-t-il souligné, nous ne ferons rien qui puisse aller contre la volonté de la coalition.
Mais bien sûr, il est difficile de prévoir ce qui pourrait se passer dans dix jours, a noté le responsable, si les conditions changent, d'autres options pourraient être envisagées, mais nous n'avons pas de telles intentions pour l'instant.
Interrogé sur les cibles que pourraient viser une opération terrestre, le responsable turc a répondu tous les groupes terroristes en Syrie.
Selon lui, ces groupes incluent l'EI, le régime de Damas et les Kurdes de Syrie, que l'artillerie turque bombarde chaque jour depuis lundi.
- Groupes terroristes -
Le gouvernement islamo-conservateur d'Ankara qualifie le Parti de l'union démocratique (PYD) et sa milice des Unités de protection du peuple (YPG) d'organisations terroristes car liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène depuis 1984 une rébellion meurtrière sur le sol turc.
Cette position turque a provoqué des tensions avec Washington, qui soutient et arme les YPG en première ligne sur le terrain contre les combattants jihadistes.
Les YPG ont profité ces derniers jours de l'offensive lancée par l'armée du régime de Damas, soutenue par l'aviation russe, autour d'Alep pour prendre le contrôle de plusieurs secteurs auparavant tenus par les rebelles syriens.
La Turquie redoute que les forces kurdes n'étendent leur influence à la quasi-totalité de sa frontière et déclarent l'autonomie dans les secteurs qu'elles contrôlent.
Les Etats-Unis et la France, alliés et partenaires de la Turquie au sein de l'Otan, l'Union européenne (UE) ont condamné les frappes turques. Mais le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a assuré mardi qu'elles continueraient tant que la sécurité nationale de la Turquie serait menacé.
La Turquie continuera ses représailles où et quand elle le jugera nécessaire pour protéger sa frontière (...) empêcher toute nouvelle tragédie humanitaire et un afflux de réfugiés, ainsi que pour empêcher l'affaiblissement de l'opposition, le seul espoir pour la Syrie, a déclaré M. Davutoglu devant les députés de son parti.
L'offensive de l'armée de Bachar al-Assad autour d'Alep et les frappes aériennes russes qui l'accompagnent ont provoqué l'exode de plus de 50.000 civils, dont une majorité se masse près de la frontière turque.
M. Davutoglu a qualifié mardi les bombardements russes de barbares, lâches et cruels.
(©AFP / 16 février 2016 13h17)
(De toute façon, aucune décision américaine ne sera prise avant les élection, les risques de confrontation généralisée sont trop importants. Si, trump passe aux States ou Bernie Sanders,c'est mort pour erdogan, alors, il va tout faire pour impliquer l'Otan avant ! note de rené)
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