Covid-19. Une quatrième dose de vaccin envisagée pour les personnes sévèrement immunodéprimées
Valentin DAVODEAU.Publié le 08/06/2021 à 17h11
Les personnes sévèrement immunodéprimées se voient déjà proposer une troisième dose de vaccin contre le Covid-19, face à une réponse de protection des anticorps insuffisante contre la maladie. Mais dans certains cas, une quatrième dose pourrait même être recommandée.
Particulièrement touchées par la pandémie de Covid-19, les personnes immunodéprimées ont un risque élevé de développer une forme grave de la maladie. Elles ont donc fait partie des premières personnes éligibles à la vaccination, vue comme une source d’espoir pour un retour à la vie normale. Mais celle-ci n’aurait cependant pas les résultats escomptés.
La double dose de vaccin contre le coronavirus serait en effet insuffisante chez les personnes sévèrement immunodéprimées, comme l’a expliqué le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (COSV), dans son avis du 6 avril.
« Des incertitudes » pour certains patients
« Il existe des incertitudes quant à l’efficacité de la vaccination chez ces personnes. Des données récentes ont montré que la réponse immunitaire anticorps suscitée après deux doses de vaccin était insuffisante […] Un défaut de production d’anticorps a été observé notamment chez les personnes transplantées, les patients dialysés, les patients atteints de maladies auto-immunes et certains patients atteints d’hémopathies malignes », a indiqué le COSV.
L’injection systématique d’une troisième dose de vaccin a alors été recommandée pour les personnes sévèrement immunodéprimée, « quatre semaines après la deuxième dose ou dès que possible pour les personnes qui ont déjà dépassé ce délai ».
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Des signes encourageants
Les résultats préliminaires des effets d’une troisième dose, encore non-publiés, ont montré depuis des signes encourageants. « Une partie des personnes immunodéprimées sévères qui n’avaient pas d’anticorps après la deuxième injection disposent d’anticorps après la troisième injection. Cela montre une efficacité », avance Yvanie Caillé, fondatrice de Renaloo (association de patients atteints de maladies rénales) et membre du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale.
Selon ces premiers éléments, les patients qui répondent favorablement à une troisième dose sont « ceux qui avaient déjà un début de réponse immunitaire après deux doses », précise Alain Fischer, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale.
Mais pour un certain nombre de personnes immunodéprimées, cela représente un taux probablement trop faible pour assurer une protection. « On ne sait pas de toute manière quel niveau d’anticorps minimal permet d’assurer une protection, ce qui rend les conclusions difficiles », ajoute Yvanie Caillé.
« Ce que l’on mesure, ce sont des titres d’anticorps […] mais pour le moment, on n’a pas de certitude de corrélation avec la protection clinique », explique Alain Fischer.
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Une possible quatrième dose envisagée
Dans les semaines à venir, un nouvel avis devrait être publié pour une « personnalisation » de la réponse médicale après la troisième dose. Une réflexion est notamment engagée pour recommander une quatrième dose de vaccin dans certains cas. « Pour ceux qui ont une réponse d’anticorps jugée trop faible, il est probable qu’une quatrième dose soit envisagée », précise Yvanie Caillé.
« La quatrième dose est une option. La possibilité de vaccination hétérologue, c’est-à-dire avec des vaccins différents, en est une autre », abonde Alain Fischer.
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Parmi les mesures envisagées se trouve aussi la possibilité d’injecter des doses de vaccins plus fortes pour les personnes immunodéprimées sévères. Un autre traitement hors vaccination est aussi examiné : l’administration d’anticorps monoclonaux en prophylaxie (en préventif), encore en phase d’expérimentation. Mais Alain Fischer prévient : « Il n’y a rien de fixé aujourd’hui sur toutes ces stratégies ».
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