vendredi 14 juin 2019

Nouméa se lance dans un massacre aux requins insensé (Nouvelle Calédonie-océan Pacifique))

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Requins tués à Nouméa le 12 juin 2019
© Sea Shepherd - Licence : Tous droits réservés
Suite au tragique accident avec un requin bouledogue qui a gravement mutilé un petit garçon en Nouvelle Calédonie le 25 Mai dernier, Nouméa a décidé de se lancer dans une chasse aux requins sans aucune concertation ni aucune rigueur scientifique.
L'enfant se trouvait dans une zone portuaire, interdite à la baignade du fait de l'accumulation de déchets pouvant y attirer les squales. Le requin qui lui a arraché la jambe a visiblement été repéré et tué immédiatement. Mais cela ne suffit pas pour la principale ville portuaire de Nouvelle-Calédonie, territoire français d'Outre-Mer. La Province Sud et la Mairie de Nouméa ont mis en place un plan de "régulation" qui vise à tuer une vingtaine de requins de l'espèce.
Ce plan d'action, déjà fortement contesté par une grande partie des Calédoniens présente des mesures aussi irresponsables qu'inefficaces :
  • mise à mort immédiate et aléatoire de 20 requins bouledogues localisés dans la zone de la grande et petite rade de Nouville, alors qu'aucune étude n'a montré l'efficacité de ces abattages. Au contraire une étude d'Eric Clua – scientifique IRD du comportement du requin mondialement reconnu – montre qu'il est illusoire de chercher à diminuer le risque en abattant de façon aléatoire une population de requins. D'ailleurs, à la Réunion les accidents perdurent malgré ce type de pêche "préventive", preuve qu'elles ne sont pas efficaces et qu'elles donnent un faux sentiment de sécurité ;
  • "régulation" de la population de requins sur 18 mois, sans présenter de limite, ni de base d'étude ou de rapport solide de la population de requins bouledogue (l'étude de l'IRD étant toujours en cours et partielle à ce jour). Pour réguler les populations de requins bouledogue, l'objectif est d'abattre massivement ceux-ci jusqu'à ce que le nombre de survivants soit jugé acceptable par les autorités ;
  • filet anti-requin dans la baie des citrons, ce mur dressé sera également un piège mortel pour nombre d'animaux non ciblés (tortues, gros poissons,... etc). En outre, la pose et la maintenance d'un filet de protection représente un coût exorbitant pour la collectivité – +100M CFP annuel (plus de 800 000 euro). Ces fonds municipaux seraient sans doute plus utiles dans l'amélioration de l'assainissement - une des causes de l'attrait des squales près des côtes - ou la mise en place de tours de surveillance.
  • interdiction de quelques mouillages à la baie des citrons ne peut-être qu'appréciée mais qu'en est-il de ceux où s'est déroulé l'accident ? En effet, les mouillages forains de Plaisance / Port du Sud ont proliféré ces dernières années et cette zone composée de 3 marinas et d'une mise à l'eau, est une zone propice à la présence de requins.
Sea Shepherd Nouvelle-Calédonie s'insurge contre cette "solution" brandie sans concertation avec les associations environnementales - qui suivent ce dossier activement depuis des années - ni avis circonstanciés d'expert sur le comportement du requin doit être révisé dans les meilleurs délais. Et "demande aux institutions l'arrêt immédiat des prélèvements de requins bouledogue et l'organisation de tables rondes pour la mise en place d'un plan d'actions de prévention du risque requins concerté et consensuel avec l'ensemble des acteurs publics, associatifs et experts du comportement du requin".
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Sea Shepherd Nouvelle-Calédonie agit depuis 2013 pour la protection du requin sur le territoire dans le cadre de sa campagne « Amelen » (signifiant « Epargner / Sauver la vie »).

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