Zéro pesticides : mobilisation des collectivités franciliennes
LE 20/04 À 07:00 source : Les échos.fr
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Le 1 er janvier 2017, les collectivités seront contraintes d'abandonner les pesticides. En Ile-de-France, elles sont déjà 18 % à avoir sauté le pas. Opposition des habitants, contraintes financières… Faire sa révolution demeure compliqué.
En Ile-de-France plus qu'ailleurs, les herbicides, fongicides et autres pesticides désertent les allées. D'après une étude de l'agence régionale d'Ile-de-France pour la nature et la biodiversité (Natureparif), menée auprès de 1.050 collectivités franciliennes, près de 18 % d'entre elles ont déjà cessé de recourir à ces produits phytosanitaires pour entretenir leurs voiries, espaces verts, forêts et promenades. A l'échelle du pays, elles ne seraient que 1,2 % à avoir fait de même, comme le révèle « La Gazette des Communes ». Dès le 1er janvier 2017, elles auront pourtant toutes l'obligation d'atteindre l'objectif « Zéro Phyto », sacré par la loi Labbé (2014), du nom du sénateur écologiste Joël Labbé, et accéléré par la loi sur la transition énergétique. « Enfin, nous verrons surtout au premier mars, parce qu'en janvier, les plantes ne poussent pas », sourit Gilles Lecuir, responsable du pôle Forum des acteurs au sein de l'agence Natureparif. S'il est peu probable que toutes les collectivités franciliennes parviennent à tenir ce délai, elles sont néanmoins 94 % à avoir entrepris une démarche de réduction de ces produits, dont 19 % à n'avoir recours aux pesticides que pour les espaces à contraintes (voiries et cimetières). « L'institution régionale, où, durant dix-huit ans, des écologistes ont été en poste, a forcément joué un rôle dans cette avance à l'échelle nationale », estime Stéphane Troussel, président (PS) du Conseil général de la Seine-Saint-Denis. Tout comme le Val-d'Oise, le Département fait partie des pionniers du « Zéro Phyto ».
Plus coûteux, mais plus efficace
« L'environnement n'est plus une notion clivante politiquement, assure Gilles Lecuir . En dépit d'une alternance politique, les villes ont poursuivi leurs efforts. » Entre 2014 et 2016, l'agence a noté une augmentation de 6 % du nombre de communes ayant abandonné les produits phytosanitaires. Dans le département des Hauts-de-Seine (92), l'objectif est presque atteint. Si les parcs et jardins de la collectivité sont d'ores et déjà en gestion écologique, les stades viennent tout juste de les rejoindre. « Il ne nous reste plus que la voirie et les cimetières », liste Yves Révillon, vice-président chargé de l'environnement au sein du Département et maire de Bois-Colombes. Mais dans ces espaces, la population n'apprécie guère de voir des trottoirs ou des tombes en proie aux herbes folles. « Dans les Hauts-de-Seine, les citoyens ont portant très bien accueilli cette transition environnementale, se félicite-t-il.Lorsqu'ils se rendent au parc, les gens veulent respirer. »Yves Révillon pointe l'augmentation, en Ile-de-France, du nombre d'abeilles, coccinelles et autres espèces menacées par les produits phytosanitaires. Mais la pratique est complexe. Il faut changer les habitudes des employés et des habitants. « Nous avons été interrogés par la population sur ces espaces verts qui n'étaient plus si carrés, avec des herbes irrégulières », se souvient Stéphane Troussel.
Opéré dès l'année 2008, le « Zéro Phyto » fait désormais partie du paysage, en dépit d'un coût plus élevé pour la collectivité. Si les pesticides sont des produits qui demeurent chers, abandonner le désherbage chimique au profit du manuel, planter de nouvelles espèces végétales et embaucher de nouveaux jardiniers s'avère encore plus coûteux. « La gestion écologique des espaces demande une transformation et une adaptation du budget des collectivités », explique Gilles Lecuir. De 1,92 euro par mètre carré entretenu avec pesticides, le Département des Hauts-de-Seine est passé à 1,96 euro sans ces produits. Si le différentiel peut paraître faible, rapporté aux près de 500 hectares d'espaces verts que la commune possède, il atteint pourtant les 200.000 euros. « Oui, c'est plus coûteux, concède le président de la Seine-Saint-Denis, mais souvent, c'est aussi plus efficace ! », insiste-t-il.
Agathe Mercante
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