mardi 8 mars 2016

Comment les délais de paiement (à rallonge) des grandes entreprises françaises sont devenus une arme de destruction massive anti-PME

Ne pas payer à l'heure est devenue une norme qui étouffe les PME, et ce surtout du fait de la négligence coupable des grandes entreprises. Il semble que si certaines solutions ont été proposées, rien ne garantit qu'on voit cesser dès demain cette spécificité très française.

Atlantico : Selon l’Observatoire des délais de paiement, seules 49% des grandes entreprises françaises payeraient leurs fournisseurs dans les temps, ce qui aurait pour conséquence de faire perdre 16 milliards aux PME en termes de transferts de trésorerie. Comment expliquer une telle situation ? A une telle échelle, peut-on réellement parler de négligence ou plutôt de stratégie délibérée ? Dans quel but ? 

Jean-Yves Archer : Effectivement, environ la moitié des grands groupes ne règlent pas leurs factures à échéance. Ceci varie bien entendu selon les sociétés et selon les filiales des groupes, mais telle est bien une réalité durable française que la crise de 2008 a encore renforcée. Concrètement, cela veut dire que bien des PME sont "les banquiers de leurs clients" et donneurs d'ordre en leur assurant non seulement leurs prestations (biens ou services) mais en permettant de financer à coût nul leurs cycles d'exploitation. Ce crédit inter-entreprises représente des sommes plus que conséquentes : ainsi, il est estimé par la Banque de France ou la Coface à plus de 700 milliards d'euros, c'est-à-dire plus de 70% du montant total du crédit bancaire. 
Clairement, il ne saurait s'agir de négligence mais bien plutôt d'une stratégie délibérée visant à engranger des produits financiers sur le dos du fournisseur qui attend piteusement son règlement. Si l'on pose le principe que le fait de jongler avec sa trésorerie (centralisation de trésorerie ou "cash pooling") permet aux grandes entreprises et même aux ETI de récupérer 3% du montant des flux qui circulent annuellement, on comprend vite la hauteur des enjeux. La grande (...)lire la suite sur Atlantico
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(Je rajouterais également les délais de paiement de l'état ! note de rené)

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