samedi 6 février 2016

La classe moyenne américaine en voie d’extinction ?

Par 
La classe moyenne américaine en voie d’extinction ?
 
Maison d'un supporter de Bernie Sanders, dans la ville de Des Moines dans l'Iowa.RFI/Anne-Marie Capomaccio

    C'est aujourd'hui le coup d'envoi des primaires aux Etats-Unis. Le processus de sélection des candidats à la présidentielle se déroule dans un contexte socio-économique inédit : celui du déclin de la classe moyenne.

    Appartenir à la classe moyenne est devenu un fait minoritaire aux Etats-Unis. Depuis 2014, à peine un américain sur deux dispose d'un niveau de revenu correspondant à cette catégorie, ils étaient deux sur trois en 1971. C'est la conclusion-choc de l'étude publiée en décembre par le Pew Research Center, qui scanne en permanence l'évolution de la société américaine.
    Aux Etats-Unis, la classe moyenne est à la fois le carburant de l'économie tournée vers la satisfaction des besoins de ces consommateurs aux revenus confortables et le ciment de la société. Depuis la grande récession de 2008, on annonce régulièrement son déclin. C'est aujourd'hui un fait statistiquement étayé.

    Quels sont les revenus des membres de la classe moyenne américaine ?

    Entre 42 000 et 126 000 dollars par an pour une famille avec un enfant. Pour définir cette fourchette, les chercheurs sont partis du revenu médian, la moitié de la population gagne plus et l'autre moitié moins. Appartiennent à la classe moyenne ceux qui gagnent au moins les deux tiers de cette base et au plus le double.
    Sur la période de référence, ce revenu moyen a progressé de 28 %. Sur le long terme, il n'y a donc pas eu d'appauvrissement de la classe moyenne, ni d'appauvrissement général puisque les plus riches comme les plus pauvres ont tous vu leurs revenus augmenter. Mais avec l'explosion des inégalités, cette pierre angulaire du pacte social américain s'érode lentement et sûrement.
    La part des plus pauvres a augmenté tout comme celle des plus riches. Les classes supérieures sont les grandes gagnantes de cette redistribution des revenus. Il y a vingt ans, leur revenu représentait le triple de celui de la middle class. Aujourd'hui, c'est sept fois plus.

    Lors du forum de Davos, le vice-président américain Joe Biden a fait part de son inquiétude pour l'avenir de la classe moyenne

    Il se demande si la révolution du numérique lui offre encore des opportunités. La réponse n'est pas encore connue, mais l'évolution récente du marché de l'emploi est déjà alarmante pour les membres de la classe moyenne. D'après une étude publiée cet été, dans le groupe des revenus intermédiaires, il manque 900 000 postes pour retrouver le niveau d'avant la crise, tandis que sur le segment du marché correspondant aux revenus supérieurs, un million d'emplois supplémentaires sont apparus.
    Ce qui ne veut pas nécessairement dire que les salariés de la classe moyenne ont tous intégré la classe dite supérieure. Joe Biden qu'on surnomme aux Etats-Unis « middle class Joe » s'émeut de cette situation parce qu'il estime que la classe moyenne constitue la fibre des économies florissantes et de la démocratie. C'est aussi l'avis de certains candidats populistes à la primaire qui ont fait de son déclin l'un des ressorts de leurs discours.
     

    Aucun commentaire: