Construction d’une base militaire turque au Qatar
Ankara établira une base militaire au Qatar dans le cadre d’un accord de défense qui vise à l’entraide mutuelle contre des « ennemis communs », a déclaré l’ambassadeur turc au Qatar en décembre.
Après ses alliés de l’Otan, le Royaume-Uni et les États-Unis, avec leurs bases militaires permanentes à Bahreïn et la France, qui déploie ses forces armées aux Émirats arabes unis, les Turcs vont créer leur propre base au Qatar, où ils y placeront des forces aériennes et maritimes. Selon l’ambassadeur, la base accueillera près de 3.000 soldats des troupes terrestres, des militaires de l’Armée de l’air et de la Marine, ainsi que des instructeurs et des forces spéciales.
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La Turquie devient un État paranoïaque
A l’avenir, cet avant-poste permettra à l’armée turque de participer à des opérations militaires éventuelles en mer Rouge, en Afrique du nord et dans le Golfe persique. Ainsi, Ankara pourrait affecter l’équilibre sécuritaire de la région. De plus, la Turquie pourra augmenter les ventes de son matériel militaire en proposant au Qatar ses nouveaux chars Altay, des obusiers automoteurs Firtina, et d’autres armements.
L’une des raisons pour laquelle le Qatar a signé cet accord sur la construction de la base militaire turque est son désir d’élargir et de diversifier ses méthodes de sécurité. L’accord comprend une disposition « casus foederis » qui repose sur le principe de défense mutuelle, ce qui signifie que si l’un des Etats est attaqué, l’autre doit l’aider à se défendre contre un agresseur. La Turquie a signé un accord similaire avec l’Otan, la République d’Azerbaïdjan et la République turque de Chypre du nord.
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La Turquie veut installer une base militaire en Somalie
Bien sûr, une telle « intervention » de la Turquie dans le domaine de la sécurité du Golfe persique n’est devenue possible qu’avec l’approbation des États-Unis, qui sont complètement satisfaits de cet accord, car Washington est intéressé à partager les coûts de la sécurité dans cette partie du monde avec ses alliés et partenaires.
Il importe de noter que ce geste turc ne peut pas rester inaperçu par l’Iran chiite, pour lequel un déploiement d’une base militaire turque dans un Etat sunnite de la coalition des pays arabes, est un acte hostile.
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