vendredi 14 mai 2021

 


Mozambique : des rescapés blancs et des chiens sauvés avant les Noirs lors de l’attaque de Palma (Amnesty)

Mozambique : des rescapés blancs et des chiens sauvés avant les Noirs lors de l’attaque de Palma (Amnesty)
  • Date de création: 14 mai 2021 14:49

(Agence Ecofin) - Les nombreuses sociétés de sécurité privée opérant au Mozambique, en raison de l’impuissance de l’armée à vaincre les djihadistes de l’EI, sont régulièrement pointées du doigt pour leurs actions controversées.

Des individus de race blanche ont été évacués en priorité avant les habitants noirs, au cours d’une opération de sauvetage aérien, lorsque la ville de Palma, dans le nord-est du Mozambique, a été attaquée par les groupes djihadistes en mars, dénonce un rapport publié, jeudi 13 mai, par Amnesty International.

Citant des témoignages de 11 survivants, l’organisation de défense des droits de l’Homme affirme également que l’hélicoptère de sauvetage avait privilégié la sécurité de deux bergers allemands, au détriment d’êtres humains.

« Abandonner des personnes lors d'une attaque armée, simplement en raison de la couleur de leur peau relève du racisme et viole l'obligation de protéger les civils », a déclaré Deprose Muchena, directeur régional d'Amnesty International. « Le fait que le directeur de l’hôtel [où s’étaient réfugiés quelque 220 civils, Ndlr] choisisse de sauver ses chiens plutôt que des personnes est également extrêmement choquant », a-t-il ajouté.

Une version des faits qui « n’est pas tout à fait exacte », selon un texto envoyé à l’AFPpar Lionel Dyck, patron du Dyck Advisory Group (DAG), une société de sécurité privée sud-africaine ayant participé aux opérations de sauvetage. L’organisation, qui appuie l’armée mozambicaine dans la région, promet de publier un communiqué dans les prochains jours.

Notons que les mercenaires de DAG, impliqués sur le théâtre mozambicain, depuis plus d’un an, avaient déjà été accusés par Amnesty International d’avoir lancé une attaque meurtrière sur des civils, en juin 2020.

Environ 220 personnes ont trouvé refuge à l'hôtel Amarula de Palma, lors de l'attaque de la ville de Palma, le 24 mars. Parmi elles, environ 200 étaient des ressortissants noirs et une vingtaine, des sous-traitants blancs du mégaprojet gazier de Total dans le nord du pays.

Après l’évacuation de « la majorité des entrepreneurs blancs et quelques ressortissants noirs aisés, les laissés-pour-compte ont tenté de fuir par convoi terrestre, mais sont tombés dans une embuscade tendue par Al-Shabab », détaille Amnesty, dans son rapport.

Interrogé, le ministère mozambicain de la Défense a déclaré qu’il ne pouvait réagir qu’à propos des missions de sauvetage menées par les troupes régulières.

Le Mozambique est confronté depuis 2017 aux attaques meurtrières de forces djihadistes affiliées à l’Etat Islamique. Concentrées sur la province gazière de Cabo-Delgado, la recrudescence des attaques a contraint le pétrolier français Total à suspendre son mégaprojet gazier de 20 milliards $.

Stéphane Alidjinou

Aucun commentaire: