Alexandre Benalla ou la stratégie de diversion
source : Agoravox

La mise en une du nom d’Alexandre Benalla, chargé de mission d’Emmanuel Macron, par le journal Le Monde, organe de presse ami au pouvoir, également le sacrifice apparent – le pauvre ne risque pas grand chose - d’une brebis galeuse servent d’autres intérêts, et obéissent à une stratégie rodée de l’Elysée. Faire diversion, jouer sur l’émotionnel, faire que tout le monde en parle. Ce qui marche extrêmement bien tant les faits sont graves.
Sauf qu il ne s’agit hélas de rien d’autre qu’un fait divers. Un de plus. Monté en épingle pour masquer l’essentiel. Qui se joue au Palais Bourbon.
Nos députés planchent actuellement sur la réforme constitutionnelle voulue par le tout petit monarque. En gros deux mesures. Qui a elles seules enterrent définitivement le role de cette assemblée, avec l’assentiment de 75% des députés eux-mêmes.
De quoi s’agit-il. Purement et simplement de couper le lien entre électeur et deputé, en réduisant d’une part le nombre de députés d’un tiers. Circonscriptions plus grandes égale éloignement. Un député qui n est pas sur le terrain devient hors-sol et technocrate. Rajoutez à cela le fait de surbooker les agendas des parlementaires et vous supprimez les permanences. Pendant lesquelles vous et moi pouvions faire remonter infos, témoignages et doléances. Avec le nouveau dispositif, le député du futur aura le choix entre absentéisme ou être vissé à Paris. Une bien belle évolution.
Mesure deux, l’ordre du jour devient celui du gouvernement et de lui seul. Finie pour les députés la possibilité d’inscrire à l’ordre du jour telle ou telle mesure ou sujet. On exécute, point. On vote avec ses pieds mais on vote tout ce que veut le roitelet, et on récuse tous les amendements dont sa Majesté ne veut pas.
Et on continue à payer fort chers des députés qui de fait ne servent plus à rien. Les débats, peu importe. Les votes sont acquis. Bourbon c’était déjà un théatre d’ombres. Dorénavant on pourra parler de maison des morts. Avec un cout fort élevé pour un truc qui ne sert plus à rien.
Les ministres, tous, sont des obligés, eux non plus ils ne servent à rien, pareil pour l’opposition, pareil pour le Sénat, pareil pour le Conseil Constitutionnel, pareil pour le Conseil d’Etat. Une tête une seule, un qui a le melón, un et un seul qui depuis sa console de jeux décide de tout. Macron tire toutes les ficelles. Ca s’appelle une dictature.
Tu votes une fois tous les cinq ans dans une liste dressée par l’oligarchie, les médias te bourrent le crâne et jouent avec un ou deux épouvantails qui s’auto-annulent, tu élis des députés fantomes, quatre lois sur cinq sont des traductions de directives européennes, tu manifestes sans que le pouvoir recule d’un iota, ton parti d’opposition tonne mais ne fait pas varier la ligne d’un millimètre. Digne de feu l'URSS.
Donc voilà, la dictature institutionnalisée est en marche et ne se cache que derrière cette dérisoire affaire Allexandre Benalla dont Macron avait la carte en stock depuis deux mois et demie. Voila à quoi a servi cette excitation médiatique, une de plus, post coupe du Monde de football. Bientot les vacances, dormez bien bonnes gens.
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