vendredi 20 juillet 2018

Alexandre Benalla ou la stratégie de diversion

source : Agoravox
La mise en une du nom dAlexandre Benalla, chargé de mission dEmmanuel Macron, par le journal Le Monde, organe de presse ami au pouvoir, également le sacrifice apparent – le pauvre ne risque pas grand chose - dune brebis galeuse servent dautres intérêts, et obéissent à une stratégie rodée de lElysée. Faire diversion, jouer sur lémotionnel, faire que tout le monde en parle. Ce qui marche extrêmement bien tant les faits sont graves.
Sauf qu il ne sagit hélas de rien dautre quun fait divers. Un de plus. Monté en épingle pour masquer lessentiel. Qui se joue au Palais Bourbon.
Nos députés planchent actuellement sur la réforme constitutionnelle voulue par le tout petit monarque. En gros deux mesures. Qui a elles seules enterrent définitivement le role de cette assemblée, avec lassentiment de 75% des députés eux-mêmes.
De quoi sagit-il. Purement et simplement de couper le lien entre électeur et deputé, en réduisant dune part le nombre de députés dun tiers. Circonscriptions plus grandes égale éloignement. Un député qui n est pas sur le terrain devient hors-sol et technocrate. Rajoutez à cela le fait de surbooker les agendas des parlementaires et vous supprimez les permanences. Pendant lesquelles vous et moi pouvions faire remonter infos, témoignages et doléances. Avec le nouveau dispositif, le député du futur aura le choix entre absentéisme ou être vissé à Paris. Une bien belle évolution.
Mesure deux, lordre du jour devient celui du gouvernement et de lui seul. Finie pour les députés la possibilité dinscrire à lordre du jour telle ou telle mesure ou sujet. On exécute, point. On vote avec ses pieds mais on vote tout ce que veut le roitelet, et on récuse tous les amendements dont sa Majesté ne veut pas.
Et on continue à payer fort chers des députés qui de fait ne servent plus à rien. Les débats, peu importe. Les votes sont acquis. Bourbon cétait déjà un théatre dombres. Dorénavant on pourra parler de maison des morts. Avec un cout fort élevé pour un truc qui ne sert plus à rien.
Les ministres, tous, sont des obligés, eux non plus ils ne servent à rien, pareil pour lopposition, pareil pour le Sénat, pareil pour le Conseil Constitutionnel, pareil pour le Conseil dEtat. Une tête une seule, un qui a le melón, un et un seul qui depuis sa console de jeux décide de tout. Macron tire toutes les ficelles. Ca sappelle une dictature.
Tu votes une fois tous les cinq ans dans une liste dressée par loligarchie, les médias te bourrent le crâne et jouent avec un ou deux épouvantails qui sauto-annulent, tu élis des députés fantomes, quatre lois sur cinq sont des traductions de directives européennes, tu manifestes sans que le pouvoir recule dun iota, ton parti dopposition tonne mais ne fait pas varier la ligne dun millimètre. Digne de feu l'URSS.
Donc voilà, la dictature institutionnalisée est en marche et ne se cache que derrière cette dérisoire affaire Allexandre Benalla dont Macron avait la carte en stock depuis deux mois et demie. Voila à quoi a servi cette excitation médiatique, une de plus, post coupe du Monde de football. Bientot les vacances, dormez bien bonnes gens.

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