Ex-espion empoisonné : Londres, Paris, Berlin et Washington accusent Moscou
via le Figaro
- Par Marie-Alix Dagry AFP, Reuters Agences Mis à jour le 15/03/2018 à 17:36 Publié le 15/03/2018 à 16:19
VIDÉO - Les États-Unis, la France et l'Allemagne se sont joints jeudi à Londres pour condamner dans un communiqué commun la tentative d'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal intervenue le 4 mars. Ils ont appelé la Russie à répondre à toutes les questions liées à cette attaque.
«Nous, les chefs d'État et de gouvernement de la France, de l'Allemagne, des États-Unis et du Royaume-Uni, exprimons notre consternation». Theresa May, Emmanuel Macron, Angela Merkel et Donald Trump ont annoncé dans un communiqué commun publié ce jeudi par le gouvernement britannique qu'ils condamnaient la tentative d'assassinat de l'ex-espion russe empoisonné au Royaume-Uni. Dans cette déclaration commune, les quatre dirigeants ont estimé que la responsabilité russe était la seule explication «plausible» dans la tentative de meurtre de l'ancien agent, partageant le constat britannique. Ils ont également déclaré que «l'incapacité de la Russie à traiter des demandes légitimes du Royaume-Uni accentue encore sa responsabilité».
L'ancien agent double Sergueï Skripal, âgé de 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, avaient été retrouvés inconscients le 4 mars dernier sur un banc de Salisbury dans le sud de l'Angleterre, où ils ont ensuite été hospitalisés dans un état grave. La Russie aussitôt accusée d'avoir réalisé l'empoisonnement, car bien connue pour son recours au poison dans ses services de renseignements, a démenti toute responsabilité.
Mais la condamnation des quatre dirigeants ce jeudi ne laisse aucun doute quant à leur position sur l'affaire. Cette attaque constitue une «menace pour leur sécurité», s'inquiètent-ils. Et d'ajouter que «cette utilisation d'agent neurotoxique militaire (Novichok), d'un type développé par la Russie, constitue la première utilisation offensive d'un agent neurotoxique en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale». «Il s'agit d'une attaque contre la souveraineté britannique et toute utilisation par un État-parti à la Convention constitue une violation de ladite Convention des armes chimiques et du droit international. C'est notre sécurité à tous qui est menacée», ajoutent-ils.
La démonstration d'unité que représente le communiqué commun intervient au lendemain du discours de Theresa May devant le parlement britannique . Elle a assuré que la Russie était «coupable» de l'empoisonnement, exigeant des sanctions contre Moscou, dont le renvoi de 23 diplomates russes.
Une attaque «extrêmement grave» selon l'Otan
Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a également exprimé son inquiétude concernant cette affaire, la qualifiant d'«extrêmement grave». Il a expliqué que si la Russie cherchait la confrontation, «ce sera sa décision», mais l'Otan sera «en mesure de défendre tous ses membres». Et d'ajouter: «Nous ne souhaitons pas une nouvelle Guerre froide, nous ne voulons pas être entraînés dans une nouvelle course aux armements, car c'est coûteux, dangereux et dans l'intérêt de personne». Le secrétaire général a également affirmé que «l'Otan veut continuer d'avoir un dialogue» et que l'Alliance travaillait pour «organiser une réunion du Conseil Otan-Russie (COR) cette année». Lancé en 2002, le COR permet le dialogue entre les deux parties, et se réunit régulièrement pour aborder notamment des questions de sécurité.
L'Otan, qui reste régulièrement informé des résultats de l'enquête menée au Royaume-Uni, a appelé les autorités britanniques à réagir de manière «proportionnée et modérée». Jens Stoltenberg, qui rencontrera lundi le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson à Bruxelles, a toutefois déclaré qu'à ce jour «le Royaume-Uni n'a pas demandé d'aide concrète pour mener cette enquête», alors que ce jeudi Theresa May s'est rendue à Salisbury, pour la première fois depuis l'empoisonnement.
Moscou dément l'existence d'un programme de développement d'armes chimiques
Sergueï Riabkov, le vice-ministre russe des Affaires étrangères a affirmé ce jeudi qu' «il n'y a eu aucun programme de développement d'armes chimiques du nom de ‘Novichok' ni sous l'URSS, ni en Russie», en réponse aux propos des quatre dirigeants qui avaient appelé plus tôt la Russie à «déclarer de façon entière et complète» son programme «Novichok» (le produit chimique utilisé dans l'empoisonnement) à l'organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) mais également à répondre clairement «à toutes les questions liées à l'attaque de Salisbury».
Par ailleurs, toutes recherches en matière d'armes chimiques auraient été arrêtées dans le pays, suite à la ratification du la Convention sur l'interdiction des armes chimiques, et tous les stocks auraient été détruits, selon le vice-ministre. La Russie, qui clame son innocence depuis le début de l'affaire, a qualifié la position britanique de «totalement irresponsable» et a promis des mesures de représailles.
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Marie-Alix Dagry AFP, Reuters Agences
(Ca sent le boycott du mondial de foot en Russie parce que pour interférer à l'élection présidentielle russe, c'est rapé. note de rené)
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