En France, 200 fermes disparaissent par semaine au profit de grands groupes industriels, menaçant directement la souveraineté alimentaire du pays, mais aussi l’avenir de l’agriculture en général. L’association
SOL (Alternatives Agroécologiques et Solidaires) entend résister en promouvant un modèle agricole sain, à taille humaine et en proposant des formations à l’intention de ceux qui souhaitent se convertir au métier de paysan.
SOL est une association de solidarité internationale créée en 1980 pour « replacer l’homme au cœur de son environnement », une démarche alimentée par « la protection des ressources et de la biodiversité ainsi que la sécurité et la souveraineté alimentaire ». Avec le projet intitulé « Biofermes » entamé il y a 18 mois, SOL souhaite soutenir une agriculture « plus saine, plus humaine, productive et respectueuse de l’environnement ». Le projet est mené de manière conjointe avec les acteurs locaux dans trois pays, en Inde au Sénégal et en France, avec le soutien d’autres organismes engagés comme Intelligence Verte et la ferme de Sainte Martheainsi que des personnalités comme Vandana Shiva et Pierre Rabhi.
Multiplier les formations pour démultiplier les petites fermes
Pour atteindre ces objectifs,
SOL organise des formations de manière conjointe avec la Ferme Sainte Marthe. Ces derniers mois, plus de 100 personnes ont pu suivre un cursus de 50 jours à l’occasion duquel les participants ont pu
se former aux bases de l’agroécologie. Dans le même temps SOL souhaite continuer à s’intégrer au réseau d’acteurs existants et contribuer à
tisser les solidarités et l’entraide paysannes au niveau national et international en développant les nouveaux outils de l’autonomie locale comme les projets de préservation des semences anciennes adaptées au milieu de culture. Alors que des dispositifs similaires doivent désormais prendre place au Sénégal et en Inde, SOL a lancé un
crowdfunding pour pouvoir
poursuivre cet engagement dans le temps et participer à la généralisation de ces nouvelles pratiques agricoles.
« L’agriculture paysanne est une nécessité » nous explique Axelle Nawrot, chargée de communication au sein de l’association, aussi bien « d’un point de vue environnemental, social et économique ». « Pour que l’on vive mieux demain », il faudrait donc se tourner vers la polyculture et les circuits courts, le tout dans une perspective de redynamisation locale des territoires, tout en s’extrayant des logiques concurrentielles. L’objectif est de défendre les agriculteurs qui, dans le modèle d’aujourd’hui, sont poussés à s’installer sur des surfaces de plus en plus grandes et perdent leur indépendance au profit des industries de l’agro-alimentaire. Sept « micro-fermes », dont le Bec Hellouin, sont déjà rentrées en résistance en ayant intégré le réseau initié par SOL.
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