dimanche 16 octobre 2016

(Libye et si l'occident arrêtait d'imposer son choix qui change au gré du vent. note de rené)

source : El Watan

Libye : L’Occident fait pression pour imposer Haftar à El Sarraj

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le 15.10.16 | 10h00 Réagissez

La France, les Etats-Unis et l’Union européenne se joignent à la Russie et l’Egypte pour faire pression sur Kobler et El Sarraj afin de donner une place à Haftar dans le schéma de sortie de crise en Libye.

Il s’agit, selon ces pays, de récompenser l’homme fort de l’Est libyen, puisque sa reprise des ports du croissant pétrolier a fait monter la production de 250 000 à 550 000 barils/jour.
L’évaluation des pays européens et des Etats-Unis de la situation en Libye a carrément changé concernant le maréchal Khalifa Haftar après sa remise de la gestion des ports du croissant pétrolier aux institutions civiles. Lesquels pays commencent également à avoir des doutes concernant l’efficacité du gouvernement de réconciliation de Fayez El Sarraj, comparativement avec la reprise notable de la stabilité dans l’est de la Libye. En effet, dans l’Est, seules l’armée et la police officielles ont le droit d’opérer des contrôles alors qu’à Ouest, les groupes armés continuent à imposer leur loi.
Cette approche a par ailleurs été pratiquement confirmée lors du passage, la semaine dernière, à Paris de Mustapha Sanaallah, président de la Société nationale de pétrole en Libye (SNPL), qui a mis l’accent sur le redémarrage tous azimuts du secteur pétrolier. «La production a déjà atteint 551 000 barils/jour et parviendra à la hauteur d’un million de barils/jour d’ici la fin de l’année», a-t-il déclaré. Mustapha Sanaallah relève pourtant de l’autorité du gouvernement de Fayez El Sarraj. Le président du SNPL était à Paris pour des négociations avec les sociétés Total et Schlumberger. C’est dire que les choses bougent dans le dossier libyen.
Percée
Au-delà du volet militaire, les députés libyens proches du maréchal Khalifa Haftar et du président du Parlement, Salah Aguila, mènent une offensive diplomatique en direction de  l’Europe et des Etats-Unis. Une délégation, composée des député Tarek Jrouchi, général Aoun Brahim Salem et colonel Khaled Ali Faraj, a été accueillie au Parlement européen à Bruxelles, lors d’une séance plénière, organisée par le groupe libéral, pour présenter une autre vision de la crise que traverse la Libye.
Pour présenter le débat, le député espagnol Javier Nart, membre de la commission des affaires étrangères et de la défense, a mis l’accent sur la différence entre le soutien international dont bénéficie un gouvernement et son impact réel sur le terrain. Javier Nart parlait en l’occurrence de celui d’El Sarraj et comparait entre la stabilité progressive dans l’Est libyen grâce à l’armée et la continuité du pouvoir des groupes armés à l’Ouest, qui est sous l’autorité théorique de ce gouvernement soutenu par la communauté internationale.
Par ailleurs, l’envoyé américain en Libye, Jonathan Winer, multiplie  ses contacts avec les belligérants de la crise libyenne, en appelant à davantage de place pour Haftar et l’Est. Lors de son dernier passage au Caire, il a approuvé l’idée égyptienne de renforcer les institutions légitimes qui sont le Parlement, le gouvernement de réconciliation et l’armée. Personne, sur la scène internationale, ne peut plus désormais ignorer l’impact très positif de la présence de l’armée nationale libyenne sur la stabilité dans cette région.
Mourad Sellami

Crise libyenne : Le gouvernement El Sarraj cible d’un coup d’Etat

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le 16.10.16 | 10h00 Réagissez

Le Premier ministre du gouvernement d’union nationale (GNA), Fayez El Sarraj, n’est pas au bout de ses peines.

Acculé militairement à l’est par le maréchal Khalifa Haftar et engagé dans un long bras de fer avec la Chambre des représentants établie à Tobrouk qui refuse, à ce jour, d’accorder sa confiance à son cabinet, Fayez El Sarraj — sur lequel la communauté internationale fonde beaucoup d’espoirs pour stabiliser la Libye — a fait l’objet vendredi soir d’une tentative de coup d’Etat menée par de Khalifa Ghweil, son récalcitrant prédécesseur qui a toujours refusé de céder son poste.
Soutenus par certaines milices de la capitale, les partisans de Khalifa Ghweil se sont emparés assez rapidement de nombreux édifices publics-clés et d’une station de télévision. Ils n’ont pratiquement pas rencontré de résistance. Après avoir pris le contrôle du siège du Conseil d’Etat et de l’hôtel Rixos situé à proximité de la forêt Ennasr, dans le centre de Tripoli, les putschistes ont rendu publique une déclaration présentant leur coup d’Etat comme une «initiative historique pour sauver la Libye» et parlé de la mise en place d’un «gouvernement de salut national». Dans la foulée, Khalifa Ghweil — qui est visé par des sanctions européennes — a appelé ses anciens ministres à reprendre leurs postes et à considérer «comme suspendus de leurs fonctions» tous les responsables nommés par le GNA.  

Grave crise
Le gouvernement d’union nationale, qui affronte pour ainsi dire sa plus grave crise depuis son installation le 12 mars 2016 a, de son côté, publié une contre-déclaration dans laquelle il a condamné la prise de possession du QG du Conseil d’Etat par «un groupe armé», dénonçant de nouvelles «tentatives pour saboter l’accord politique» parrainé par l’ONU. Fayez El Serraj a promis d’arrêter «les politiciens qui (...) tentent de créer des institutions parallèles et de déstabiliser la capitale».

L’envoyé spécial de l’ONU pour la Libye, Martin Kobler, a également condamné, dans la matinée d’hier, l’initiative de Khalifa Ghweil. «De telles actions visent à créer des institutions parallèles et à entraver la mise en œuvre de l’accord politique en Libye», a estimé M. Kobler, mettant en garde contre plus de désordre et d’insécurité. Il a renouvelé son soutien au GNA pour gouverner la Libye.
Fayez El Sarraj arrivera-t-il à sortir de cette mauvaise passe ? Son sort paraît dépendre davantage de la fidélité des dizaines de milices qui contrôlent Tripoli. Si ses soutiens le lâchent, il risque de ne pas finir la semaine. Le talon d’Achille du GNA est qu’il bénéficie d’un soutien populaire plutôt tiède, surtout que son gouvernement n’a encore rien fait pour améliorer le quotidien des Libyens qui manquent pratiquement de tout. C’est la raison pour laquelle des diplomates de l’ONU, avec un fort soutien de Washington, de Londres et de l’Union européenne, veulent que le GNA devienne un «gouvernement d’unité».
Hier matin, des miliciens pro-putschistes dans des camionnettes équipées de mitrailleuses étaient postés autour du complexe Rixos. C’était la confusion dans la capitale libyenne. Malgré leur promesse d’appréhender les putschistes, les forces loyales au gouvernement d’union nationale semblaient, quant à elles, inexistantes sur le terrain. Il faut dire que Khalifa Ghweil et ses partisans ont mené leur putsch à un moment où le gouvernement de Fayez El Sarraj et les plus puissantes milices qui le soutiennent sont accaparés par la libération de Syrte, une ville tombée il y a deux ans entre les mains du groupe terroriste autoproclamé Etat islamique (EI).
Le maréchal Khalifa Haftar avait également mis à profit cette vulnérabilité pour s’emparer, en septembre dernier, du «croissant pétrolier» libyen, coupant ainsi les vivres au GNA. C’est à croire que Haftar et Ghweil ont le même agenda, celui de faire tomber El Sarraj à tout prix.

 
Zine Cherfaoui


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