lundi 9 novembre 2015

 Un banquier italien appelle à contourner les sanctions

Depuis 2014, les États-Unis et l’Union européenne ont voté plusieurs sanctions contre des entreprises et personnalités russes en réponse au rattachement de la Crimée à la Russie et à l’implication présumée de Moscou dans la crise ukrainienne.

 Le Courrier de Russie.com , source : TASS/Expert publié mercredi 4 novembre 2015  
Antonio Fallico, président du conseil d’administration de la filiale russe de la banque italienne Intesa, a déclaré dans une interview avec l’agence TASS que « personne ne croit que la Russie se trouve au bord de la faillite ».

Antonio Fallico. Crédits : Intesa.
« Il existe une grande confiance dans la Russie. De la même façon qu’il existe tous ces liens qui nous unissent. Je ne peux qu’appeler mes collègues à ne pas paresser et à adopter une approche créative vis-à-vis d’un instrument parfaitement légal », a expliqué le banquier à l’agence de presse, le 28 octobre.
Et ce fameux « instrument parfaitement légal » n’est autre que le financement commercial, a-t-il poursuivi. « Certains instruments financiers sont tournés vers l’économie réelle et peuvent être utilisés notamment pour des entreprises sous sanctions, comme le financement commercial », a expliqué M. Fallico, avant de préciser que « cet instrument permet de financer des projets à hauteur de plusieurs milliards d’euros ou de dollars. »
Selon Antonio Fallico, les banques européennes, y compris Intesa, disposent aujourd’hui de liquidités excédentaires, qu’il leur est difficile, dans les conditions actuelles, d’injecter sur les marchés traditionnels. Il reconnaît que le financement commercial est plus complexe dans la pratique que l’octroi habituel de crédits, et recommande la patience aux banquiers qui y ont recours. Par ailleurs, le directeur est convaincu que les sanctions ne sont que temporaires et souligne que les entreprises italiennes sont en faveur de leur suppression. D’après lui, on peut s’attendre à un certain changement dans ce domaine. « Les sanctions ne seront pas levées demain matin mais il ne fait aucun doute qu’on les considérera différemment. Et, tôt ou tard, elles appartiendront au passé », a conclu M. Fallico.
Des instruments tels que l’affacturage international, les lettres de crédit et les titres interbancaires de paiement peuvent aider en matière de financement commercial,explique Dmitri Lipatov, directeur financier du centre d’expertise indépendant Obchtchestvennaïa douma.
L’excédent de liquidités en Europe et aux États-Unis éveille l’intérêt des investisseurs, qui, ces derniers temps, se déplace de la sphère pétrogazière vers le secteur de plus en plus prometteur de l’agriculture, fait remarquer Artiom Guinevski, directeur du Laboratoires des technologies d’investissement. « Le financement commercial est un instrument assez complexe. Toutefois, en période de sanctions, celui-ci peut être très intéressant pour les organismes de crédit européens », souligne l’expert.
Depuis 2014, les États-Unis et l’Union européenne ont voté plusieurs sanctions contre des entreprises et personnalités russes en réponse au rattachement de la Crimée à la Russie et à l’implication présumée de Moscou dans la crise ukrainienne. Plusieurs grandes entreprises russes, telles que Rosneft, Sberbank et VTB, ne peuvent ainsi pas bénéficier aujourd’hui d’investissements en Europe pour une période supérieure à 30 jours.

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