LA MOITIÉ DES ENFANTS AUTOCHTONES SOUS LE SEUIL DE LA PAUVRETÉ; ET SI ON S’OCCUPAIT DE CES « RÉFUGIÉS » LÀ…
C’était à la fin des années 90. Un prof de philo du Cégep de l’Outaouais, Bernard pour les intimes, un amoureux, un inconditionnel de la culture autochtone, de toutes les cultures autochtones (oui, il y en a plusieurs, passionnantes), entreprend de nous faire visiter de ses amis au Lac Barrière.
Mais il y est allé de mises en garde avant, humblement, il nous avertissait que nous serions secoués par notre visite. Nous avions longuement discuté.
La route est longue entre Hull et ce blède perdu. Et oui, personnellement, je fus secoué. Le tiers-monde à deux heures de chez nous. C’était l’automne, il faisait froid. Pluvieux. Glauque. Des baraques sans finitions, des anciennes maisons éventrées, des carcasses de vieux chars, de pick-ups à l’abandon. Pas d’eau courante quand nous y sommes allés.
La route est longue entre Hull et ce blède perdu. Et oui, personnellement, je fus secoué. Le tiers-monde à deux heures de chez nous. C’était l’automne, il faisait froid. Pluvieux. Glauque. Des baraques sans finitions, des anciennes maisons éventrées, des carcasses de vieux chars, de pick-ups à l’abandon. Pas d’eau courante quand nous y sommes allés.
La désolation.
Et pareil quand je suis allé à Manouane quelques années plus tard, ou à Matagami. Ça fesse. Cette misère là existe, à côté de chez nous, mais elle est cachée, tue, oubliée. Surtout, collectivement, nous n’acceptons pas de la voir, nous préférons faire comme si elle n’existait pas. Comme ça au Québec, au Canada, ces enfers autochtones…
L’eau courante c’est pas un problème chez nous. On s’en lave les mains. Pire, pendant longtemps on a essayé de se déculpabiliser en se disant que c’était de leur faute.
Ce qui se passe à Val d’Or en ce moment lève un tout petit bout de la couverte et ce que l’on voit en dessous c’est pas beau. On ne pourra plus faire semblant que ça n’existe pas. Ni ici, ni ailleurs dans tous les autres enfers autochtones du Canada.
Ce qui se passe à Val d’Or en ce moment lève un tout petit bout de la couverte et ce que l’on voit en dessous c’est pas beau. On ne pourra plus faire semblant que ça n’existe pas. Ni ici, ni ailleurs dans tous les autres enfers autochtones du Canada.
J’écris ça en pensant à la famille Wawati du Lac Barrière.
Toute misère est relative et je suis conscient, bien sûr, que la situation des nations autochtones se compare bien mal aux enfers des pays qui se déchirent sur l’autels de conflits indicibles.
Et pourtant, je ressens un profond malaise quand je constate que le gouvernement du Canada déploie tous les moyens nécessaires afin d’aider les réfugiés d’Alep, de Syrie alors que des collectivités entières sont ici, chez nous, réduites à l’indigence, à la misère perpétuelle. Car rien ne se règle jamais on dirait chez ceux qu’on traite en « sauvage » depuis trop longtemps.
En « sauvage »? Oui. Le mot n’est pas trop faible quand on sait depuis longtemps que la pauvreté infantile chez les communautés autochtones est endémique. Et c’est inacceptable.
Je ressens un profond malaise quand je constate tous les moyens que le Canada est prêt à mettre en oeuvre pour aider les réfugiés syriens quand les pétro-nations voisines, immensément riches et capables d’aider, refusent de lever le petit doigt.
Que cherche à prouver le nouveau premier ministre du Canada par tant de précipitation pour aider les réfugiés syriens? Le rude hiver est à nos portes et il y a tant de pauvreté à quelque heures du 24 Sussex qui n’attend que la même volonté politique, la même précipitation…
(Est-ce que cette phrase est pertinente selon vous, mes chers lecteurs, "Occupons-nous de nos pauvres avant de s'occuper de ceux qui viennent d'ailleurs ! note de rené)
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