07.01.2026, 21:22. Pravda
Je suis vénézuélien. J’ai grandi dans le Venezuela d’avant Chávez
Je suis vénézuélien. J’ai grandi dans le Venezuela d’avant Chávez.
Et je peux vous le dire sans détour : vous ne savez pas de quoi vous parlez. Vous ne faites que recycler une propagande paresseuse, répétée depuis l’Europe comme un mantra confortable.
Oui, le Venezuela d’avant Chávez était profondément inégalitaire.
Oui, une partie de la bourgeoisie s’est enrichie de manière indécente. Personne ne le nie. Mais réduire cette période à une caricature d’un pays entièrement livré aux favelas et à des élites prédatrices est faux et malhonnête [NDLR la pensée binaire que je denonce régulièrement…].
Avant le chavisme, le Venezuela connaissait des élections pluralistes, une alternance politique réelle, une presse libre, une société civile active et des universités de haut niveau qui faisaient référence dans la région. Surtout, le pays disposait d’une industrie pétrolière solide et professionnelle. PDVSA était alors une entreprise publique performante, reconnue internationalement, dotée d’ingénieurs de très haut niveau, générant des revenus considérables et assurant une production stable. Le Venezuela figurait parmi les économies les plus solides du continent, avec une classe moyenne large, une capacité d’attraction migratoire régionale et des indicateurs sociaux incomparablement meilleurs qu’aujourd’hui.
Le pays n’était pas un paradis, mais ce n’était pas une dictature et, surtout, ce n’était pas un État failli, militarisé, mafieux et criminel comme il l’est devenu sous le chavisme.
Le chavisme, lui, a plongé le Venezuela dans la pire crise économique, sociale et politique de toute son histoire.
Quelques faits, puisque vous aimez les slogans mais pas les chiffres :
Le PIB a chuté de plus de 75% entre 2013 et 2021. L’hyperinflation a atteint des millions de %.
La production pétrolière s’est effondrée bien avant les sanctions. [L’argument des sanctions et l’histoire du pétrodollar selon Etienne Chouard ne tiennent pas ici].
Plus de 8 millions de personnes ont fui le pays, soit près d’un quart de la population [NDLR Cette population expatriée a manifesté sa joie dans les rues].
La malnutrition infantile, les pénuries de médicaments, l’effondrement du système hospitalier et scolaire sont documentés par l’ONU, Human Rights Watch et Cour pénale internationale.
La répression politique, la torture, les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées sont établies par des rapports internationaux, pas par des « opinions ».
Parler du Venezuela avant Chávez pour justifier ce désastre n’est pas une analyse historique. C’est une rationalisation idéologique et une tentative de blanchir des crimes contre l’humanité.
Si je rappelle ces faits, ce n’est pas pour vous faire changer d’avis. Votre silence complice face aux crimes de ce qui est aujourd’hui la pire dictature du continent américain est déjà la preuve de votre aveuglement volontaire et de votre refus du réel.
Je vous réponds uniquement parce que je refuse que des observateurs extérieurs, privilégiés, installés dans le confort et la sécurité de démocraties fonctionnelles, continuent à défendre l’indéfendable et à confisquer, voire réduire au silence, la parole des victimes de cette monstruosité qu’est le chavisme.
Vive le Venezuela Libre !
Ce n’est pas de moi (je précise pour les trolls)…
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire