jeudi 25 juillet 2024

 

L'IA génère de plus en plus de contenus à caractère pédopornographique, selon Europol

Mélina LOUPIA
Par Mélina LOUPIA. Clubic
Publié le 23 juillet 2024 à 14h17
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L'IA, capable du meilleur comme du pire © Owlie Productions / Shutterstock
L'IA, capable du meilleur comme du pire © Owlie Productions / Shutterstock

Europol alerte sur l'augmentation des contenus pédopornographiques générés par l'intelligence artificielle. L'agence européenne souligne la difficulté croissante d'identifier les victimes et les auteurs. Même les images entièrement artificielles contribuent à l'objectivation et à la sexualisation des enfants, précise l'agence européenne.

En 2022, le Conseil de l'Europe s'inquiétait déjà de la prolifération de contenus à caractère sexuel autogénérés. Et à raison : l'intelligence artificielle révolutionne de nombreux domaines, mais elle sert aussi des fins criminelles. Europol tire la sonnette d'alarme, les images d'abus sexuels sur enfants créées par l'IA se multiplient. Ce phénomène inquiétant complique le travail des enquêteurs. Comment distinguer le vrai du faux ? Comment identifier les victimes réelles ? Ces questions hantent les autorités.

L'IA ne se contente pas de générer des contenus pédopornographiques. Elle les modifie aussi, brouillant encore plus les pistes. Résultat : un flot croissant d'images illicites inonde le Web. Europol tire la sonnette d'alarme. L'agence rappelle que même les images 100 % artificielles posent un problème, elles alimentent l'objectivation et la sexualisation des enfants. Une situation alarmante qui appelle une réponse urgente.

Contenus à caractère pédopornographique : Europol s'inquiète malgré l'engagement des géants de l'IA

Les géants du secteur ont beau promettre monts et merveilles, Europol reste sur ses gardes. Amazon, Google, Meta, Microsoft et compagnie ont signé une belle déclaration, ils s'engagent à empêcher l'utilisation de leurs outils pour créer du matériel pédopornographique. Un geste louable, certes. Mais suffisant ? Europol en doute.

L'agence européenne constate par ailleurs que le problème s'aggrave. En 2023, rien qu'aux États-Unis, plus de 104 millions de fichiers suspects ont été repérés. Et l'IA n'arrange rien. Elle démocratise la création de contenus pédopornographiques. N'importe qui peut désormais produire des images réalistes d'enfants abusés. Un cauchemar pour les enquêteurs.

Les géants de la tech promettent de former leurs IA à la sécurité des enfants. Ils veulent intégrer cette préoccupation dès la conception des modèles. Mais le défi est immense. Comment anticiper toutes les dérives possibles ? Comment bloquer efficacement la création de contenus illicites sans entraver les usages légitimes ?

Europol pointe aussi le problème des « deepfakes ». Ces vidéos ultra-réalistes générées par l'IA piègent même les experts. Elles servent au chantage, à l'extorsion, au cyberharcèlement. Les ados en sont les premières victimes. L'agence européenne ne nie pas les efforts de l'industrie. Mais elle rappelle que la vigilance reste de mise. En effet, les criminels s'adaptent vite et trouvent toujours de nouvelles failles à exploiter. La lutte contre la pédopornographie en ligne est un combat de longue haleine que l'IA ne fait que complexifier.

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