lundi 7 septembre 2020

(Il n'y aura pas d'accord parce que l'UE veut prouver que sortir est un mauvais choix. note de rené)



Brexit : Johnson veut un accord avant le 15 octobre

Michel Barnier s'est dit «inquiet», ce lundi. Le Royaume-Uni a quitté l'UE le 31 janvier mais reste régi par la réglementation européenne jusqu'à la fin de l'année.
Boris Johnson, le 1er septembre 2020.
Boris Johnson, le 1er septembre 2020. Toby Melville / REUTERS
Les esprits s'échauffent à l'approche de la fin des négociations entre Londres et Bruxelles. Ce lundi, le chef des discussions côté européen, Michel Barnier, a expliqué que le nouveau round d'échanges qui démarre cette semaine ne serait pas le dernier et qu'il serait suivi d'autres le mois prochain. L'ancien ministre a avoué qu'il restait «inquiet» : «c'est une négociation difficile, car les Britanniques voudraient le meilleur des deux mondes», a-t-il déclaré sur France Inter. Il a néanmoins promis que les «intérêts de l'Union européenne seront respectés», et a demandé aux citoyens de rester «confiants» en la capacité de ses équipes d'arracher un accord bénéfique pour l'Union dans les prochaines semaines.
Sans accord d'ici la fin de l'année, les Britanniques retomberont «dans les règles de l'OMC», a rappelé le négociateur. Or, cela ne serait pas à leur avantage, Londres exportant 47% de ses marchandises vers l'Europe, quand l'Union n'envoie que 8% de ses produits outre-Manche. Plusieurs points conflictuels restent en suspens, dont la pêche. Les Britanniques restent intransigeants sur ce dossier, mais «un accord est possible», veut croire le négociateur. En règle générale, l'Union souhaite «que la liberté réglementaire et l'autonomie que le Royaume-Uni a regagnées ne se transforment pas en dumping social et environnemental».
Michel Barnier a également balayé d'un revers de la main les rumeurs venues de média britanniques - des «tabloïds», selon l'intéressé - selon lesquelles il serait bientôt «mis à l'écart» des négociations. «Ces gens ne savent pas comment nous travaillons. Je suis toujours soutenu par tous» les membres de l'exécutif européen, s'est-il défendu, ajoutant qu'il avait «autre chose à faire que de consacrer [son] énergie à une telle polémique».
Il s'est montré plus prudent sur les informations du Financial Times, selon lequel Boris Johnson serait prêt à revenir sur le traité de divorce signé en fin d'année dernière entre son pays et l'Union. «Nous allons voir [...] J'interrogerai mon homologue britannique pour bien comprendre» les plans de Londres, a-t-il déclaré. Toutefois, le protocole signé jusqu'ici contient des éléments essentiels, y compris sur l'Irlande et l'Irlande du Nord, des «conditions d'une économie unie et cohérente sur l'île», importantes pour «maintenir la paix», a averti l'homme d'État. «Nous exigeons simplement, calmement et jusqu'à la fin que les engagements politiques» pris par le passé soient respectés, a-t-il déclaré.
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Londres espère conclure un accord avant le 15 octobre

Cette intervention du représentant européen intervient quelques heures après une prise de parole britannique importante. Boris Johnson a en effet estimé que la mi-octobre représentait la dernière échéance pour conclure avec l'Union européenne un accord post-Brexit. Le chef du gouvernement a aussi répété que le Royaume-Uni ne transigera pas sur son indépendance, avant l'ouverture à Londres cette semaine de la huitième session de négociations.
«Nous entrons maintenant dans la phase finale de nos négociations avec l'UE», doit déclarer lundi 7 septembre, selon Downing Street, le chef du gouvernement conservateur, faisant monter la pression avant la reprise des discussions mardi. «L'UE a été très claire au sujet du calendrier. Moi aussi. Il doit y avoir un accord avec nos amis européens d'ici au Conseil européen le 15 octobre pour qu'il entre en vigueur d'ici à la fin de l'année», à la fin de la période de transition après le Brexit, souligne Boris Johnson. «Ça n'a pas de sens de penser à des échéances qui iraient au-delà, estime-t-il».
En outre, «si nous n'arrivons pas à nous accorder d'ici là, je ne vois pas d'accord de libre-échange entre nous», ajoute Boris Johnson. «Nous aurions un accord commercial avec l'UE comme celui de l'Australie», largement moins vaste, ce qui représenterait selon lui «une bonne issue pour le Royaume-Uni», qui prépare ses infrastructures douanières et portuaires à un tel scénario. «Nous aurons la liberté de conclure des accords commerciaux avec tous les pays du monde. Et nous prospérerons sacrément, avance-t-il. Mais un accord peut toujours être trouvé (...) Nous continuerons à travailler dur en septembre pour l'atteindre».
Le Royaume-Uni a formellement quitté l'UE le 31 janvier mais il reste régi par la réglementation européenne jusqu'à la fin de l'année, tandis que les deux parties tentent de conclure un accord de libre-échange. Les négociations butent notamment sur la pêche et les conditions de concurrence équitable. «Même à ce stade tardif, si l'UE est prête à repenser sa position (...) j'en serais ravi», conclut Boris Johnson, avertissant que le Royaume-Uni ne fera pas de compromis «sur les fondamentaux de ce q''être un pays indépendant signifie pour y arriver». Faute d'accord avant le 31 décembre, les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), avec leurs droits de douane élevés et leurs contrôles douaniers poussés, s'appliqueraient. De quoi affaiblir encore des économies déjà frappées de plein fouet par la pandémie.

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