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mardi 9 juin 2020
(Ils n'ont qu'à (y'a qu'à, faut qu'on) augmenter les délais de paiement des clients en trouvant un arrangement avec les banques. note de rené)
Coronavirus à Toulouse : Il faut sauver le soldat Airbus (et sa « nouvelle » usine)
ECONOMIE A la veille de l’annonce d’un plan de soutien à l’aéronautique, les élus de la région de Toulouse demandent à Airbus de ne pas renoncer à assembler un nouvel avion dans la Ville rose
La chaîne de production des A380 dans l'Usine Jean-Luc Lagardère à Blagnac. Archives. — Frédéric Scheiber/20MINUTES
Le gouvernement doit annoncer ce mardi un vaste plan de soutien au secteur de l’aéronautique, foudroyé par la crise du coronavirus.
Juste avant que la bouée soit jetée, les élus de Toulouse et d’Occitanie demandent à Airbus de confirmer son projet d’une nouvelle usine dans la Ville rose.
Sans cela, les nombreux sous-traitants seraient encore plus fragilisés.
Sur les 415.000 emplois salariés que compte la métropole de Toulouse, 60.000, soit 14,5 %, sont liés à l’aéronautique. C’est dire si la ville d' Airbus risque gros dans cette crise sanitaire qui, en paralysant durablement le trafic aérien, a foudroyé en vol tout un écosystème.
C’est dire aussi si l’annonce du gouvernement ce mardi d’un vaste plan de soutien à ce secteur stratégique est attendue avec fébrilité du côté de la Ville rose. Selon le quotidien Les Echos, la manne s’élèvera à 10 milliards d’euros. Elle devrait comprendre « une prime à la casse » pour les compagnies aériennes, les incitant à renouveler leur flotte alors qu’Airbus n’a enregistré aucune nouvelle commande au mois de mai.
Sur place, les élus aussi se mobilisent. Ce lundi, Toulouse Métropole, présidée par le LR Jean-Luc Moudenc, a annoncé son intention de verser 10 millions d’euros dans le fonds de relance de l’aéronautique piloté par la région Occitanie. La collectivité va aussi activer divers fonds d’aide à l’innovation : « Il y a des démarches de Recherche et développement (R & D) qui doivent être accélérées et que le secteur n’a plus les moyens de financer », souligne Jean-Luc Moudenc, persuadé que l’avenir est à la « décarbonation de l’industrie aéronautique », en résumé à « l’avion vert ».
Coup de pression
Ces efforts pour sauver le soldat Airbus ne se font toutefois pas sans contrepartie. Lundi aussi, le maire de Toulouse a rendu public un courrier en date du 1er juin qu’il signe avec Carole Delga (PS), la présidente de la région Occitanie et une quarantaine d’autres collectivités. Il est adressé à Guillaume Faury, le patron de l’avionneur et sonne comme un coup de pression. La lettre lui demande de « confirmer » et « lancer au plus tôt » l’installation à Toulouse de la chaîne d’assemblage de l'A321XLR, un nouveau un monocouloir économe et « extra longue distance » qui plaisait bien aux clients avant la crise et garde ses atouts pour l’après.
Airbus avait annoncé début janvier l’implantation de cette chaîne d’assemblage à l’usine Jean-Luc Lagardère, en lieu et place de celle de l'A380, dont le programme a été arrêté. Mais le constructeur a mis le projet en « stand-by ». « Et il existe un aléa, sinon on ne se mobiliserait pas », glisse Jean-Luc Moudenc.
Car le fleuron Airbus n’est pas seul dans la tempête. « Nous avons un savoir-faire, un capital social en matière d’ingénierie et toute la chaîne des sous-traitants à maintenir », souligne Joseph Carles (PRG), maire de Blagnac et président de la commission des finances de Toulouse Métropole. Et pour cela, rien de mieux qu’une nouvelle chaîne d’assemblage.
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