L’étau se resserre sur l’économie de la RD Congo
(Agence Ecofin) - En République démocratique du Congo, l’inflation a atteint 50% emportant dans sa spirale le franc congolais qui a perdu 30% de sa valeur, cette année. Les marges de manœuvre de la Banque centrale (BCC) sont si limitées que selon les données de juillet, ses réserves de change, représentant l’équivalent de 706 millions $, ne pourraient couvrir que 3 semaines d’importations. Bien que les autorités congolaises estiment avoir équilibré la balance budgétaire sans faire recours à l’émission monétaire, le malaise qui plane sur l’économie congolaise est profond et sans appel. L’agence Reuters évoque un effondrement des finances publiques.
Pour contenir la crise économique, Kinshasa sollicitait l'aide urgente des donateurs occidentaux et le FMI, le mois dernier. Réticent, le FMI n’offrira aucune aide sans de vraies réformes politiques.
Le pays est encore déchiré par la rue qui proteste, réclamant le départ de Joseph Kabila. Le gouffre économique alimente les tensions politiques et la crainte d’une guerre civile resurgit. La plupart des pays occidentaux désapprouvent le régime en place. Le gouvernement a été contraint de se tourner vers ses partenaires russes. La banque russe VTB devrait se porter garante pour l’arrangement d’un eurobond mais, au vu des derniers développements de l’actualité marquée par les sanctions américaines contre la Russie, les autorités congolaises craignent que l’opération ne prenne des allures punitives de la part des investisseurs. Les investisseurs majoritairement occidentaux pourraient demander des taux insoutenables.
L’eurobond est autant risqué en raison de l’exposition de la monnaie locale qui se déprécie fortement et continuellement bien qu’une lueur de redressement soit apparue depuis juillet. Le niveau de l’inflation rend les taux domestiques prohibitifs. La grande délinquance règne dans les rues de Kinshasa, en raison du fort taux de chômage. Dans un discours du mois dernier, le gouverneur de la Banque centrale, Deogratias Mutombo, était manifestement désappointé: « L'économie congolaise se portetrès mal», s'alarme-t-il avant d’ajouter récemment dans un autre contexte, qu’ «il n'est plus question d'utiliser les instruments monétaires pour financer le déficit budgétaire ».
L’étau se resserre sur l’économie du premier producteur de cuivre en Afrique qui devrait connaitre une croissance du PIB de 3,1% cette année, selon les autorités locales.
Fiacre E. Kakpo
(Une guerre civile qui a fait déjà 6 millions de morts, un dictateur qui refuse de laisser la place, des multinationales qui financent des milices pour exploiter les minéraux rares, un pays très riche dont la population est très pauvre et maintenant, la monnaie qui vaut pas un clou, ils sont maudits ou alors, tout le monde ou le monde s'en sert de paillasson ? note de rené)
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