mercredi 5 juillet 2017


En France, un adulte sur deux et un enfant sur six sont en surpoids
 Par Caroline Piquet et Emilie Tôn, publié le 13/06/2017 à 07:00 , mis à jour à 18:11 
Les situations de surpoids et d'obésité affichent des niveaux toujours aussi élevés en France, mais qui se stabilisent depuis dix ans, selon Santé publique France. (Photo d'illustration) afp.com/PHILIPPE HUGUEN
La proportion d'enfants et d'adultes en surpoids tend à se stabiliser, note une étude publiée ce mardi. En revanche, la maigreur augmente chez les jeunes adolescentes.
En 2015, 49% des adultes et 17% des enfants étaient en situation de surpoids ou d'obésité. Des chiffres qui restent élevés, mais qui se sont stabilisés en dix ans, alors qu'ils augmentaient de façon continue depuis les années 1970, constate l'étude Esteban de Santé publique France, à paraître ce mardi dans le BEH (Bulletin épidémiologique hebdomadaire). 

Chez les adultes (18-74 ans), 54% des hommes et 44% des femmes étaient en surpoids (obésité incluse) en 2015. La seule obésité concernait pour sa part un adulte sur six (17%), tout sexe confondu. Un surpoids qui augmente avec l'âge, mais qui se stabilise chez les femmes à partir de 40 ans, alors qu'elle augmente chez les hommes de cette même tranche d'âge. 
Chez les 55-74 ans, plus de deux hommes sur trois et près d'une femme sur deux étaient en surpoids ou obèses en 2015. Du côté des enfants (6-17 ans), l'évolution du surpoids et de l'obésité connaissent sensiblement la même tendance. Avec 17% des enfants en surpoids (obésité incluse) en 2015 -16% des garçons et 18% des filles- et 3,9% des enfants en obésité, cette prévalence se stabilise en France depuis dix ans.  
"Moins les parents sont diplômés, plus les enfants risquent d'être en surpoids"

"Cette tendance n'est pas une nouveauté, elle s'observe en France depuis le début des années 2000", souligne auprès de L'Express Benoît Salanave, épidémiologiste à Santé publique France, qui a participé à cette étude. 
Enfin, l'écart entre la prévalence du surpoids et de l'obésité chez les diplômés et chez les non-diplômés s'est creusé de façon significative en dix ans. "Comme chez les adultes, face au surpoids et à l'obésité, l'écart entre enfants issus de ménages diplômés et non-diplômés tend à s'aggraver: moins les parents ont de diplômes, plus les enfants risquent d'être en surpoids", ajoute-t-il.  
Les pré-adolescentes de plus en plus minces
L'étude s'intéresse aussi à la maigreur, qui a enregistré une hausse sensible (+1,7 points) en dix ans chez les hommes, alors qu'elle a légèrement baissé chez les femmes, quelle que soit la tranche d'âge. Elle augmente aussi chez les garçons et les filles, en particulier chez les jeunes adolescentes de 11 à 14 ans, passant de 4,3% en 2006 à 19,6% en 2015. "C'est une tendance nouvelle depuis dix ans", constate le chercheur. 
Marie-Françoise Rolland-Cachera, nutritionniste et chercheuse Honoraire à l'Université Paris 13, relativise cependant ces chiffres. "Il ne s'agit pas de maigreur mais de minceur: le seuil de l'Indice de Masse Corporelle IMC retenu dans l'étude pour définir la minceur correspond à la courbe atteignant 18,5 chez l'adulte (soit environ 48 kilos pour une personne de 1,60m), ce qui représente une minceur modérée, explique-t-elle. Si l'on utilise le seuil correspondant à 17 (au lieu de 18,5) plus proche des courbes OMS, alors le taux de maigreur chute à 3,8% dans cette tranche d'âge, contre 3% pour la population générale."  
La chercheuse insiste également sur un autre point: cette augmentation ne se retrouve pas après 14 ans. Ce niveau de minceur peut donc n'être dû qu'à la période transitoire que représente l'adolescence pour le corps. Elle note cependant la possible influence de facteurs environnementaux, notamment de la sédentarité: en faisant moins de sport, les enfants ont peut être plus de masse grasse, mais aussi des masses musculaires moins importantes pouvant contribuer à une diminution de l'indice de masse corporelle dans le cas des enfants minces. "De nombreuses hypothèses sont possibles, mais il est trop tôt pour s'alarmer de tels chiffres."  
Un niveau qui reste élevé

Autant d'éléments qui doivent servir d'indicateurs aux autorités sanitaires, alors que le Programme national nutrition santé (PNNS), mis en place en 2001 par le ministère de la Santé, est en train d'être rediscuté. "Les objectifs du dernier plan du PNNS étaient de réduire le surpoids et de stabiliser l'obésité", rappelle Benoît Salanave. "Si la stabilisation de l'obésité est à peu près acquise, la diminution du surpoids, en revanche, n'affiche pas encore les résultats escomptés."

ET, AUX STATES ?

Obésité et surpoids : 66% des Américains concernés

[06 juillet 2015 - 12h01] source : destinationsante.com
Cinquième cause de mortalité dans le monde, l’obésité et le surpoids sont à l’origine de 2,8 millions de décès chaque année. Aux Etats-Unis, les deux tiers de la population souffrent de ces excédents pondéraux, selon une récente étude du JAMA Internal Medicine.
Le surpoids et l’obésité touchent 5 millions de personnes dans le monde. Aux Etats-Unis, ces fléaux prennent des proportions de plus en plus inquiétantes. Pour le prouver, les équipes du Pr Graham A.Colditz et du Pr Lin Yang (Université de Washington) se sont penchées sur le Registre des Enquêtes Nationales de Nutrition. Ces travaux évaluaient la prévalence du surpoids et de l’obésité entre 2007 et 2012 auprès de 15 208 Américains. Tous avaient au minimum 25 ans.
Plus de femmes obèses
Résultat, chez les hommes, le nombre de patients obèses (35%) est moins élevé comparé au surpoids (40%). Mais chez les femmes, la situation s’inverse : 30% sont en surpoids alors que 37% souffrent d’obésité. A titre de comparaison, 32,3% des Français sont déclarés en surpoids et 15% sont obèses.
Rappelons que le surpoids correspond à un Indice de Masse Corporelle (IMC) compris entre 25 et 30. Il est supérieur à 30 chez les patients obèses. Le surpoids, et encore plus l’obésité, font le lit de l’arthrose, du syndrome d’apnée du sommeil (SAS), de l’hypertension artérielle, du diabète, de certains cancers ou encore des maladies cardiovasculaires. Autant de troubles ou de pathologies engageant le pronostic vital. Chez les patients obèses, l’espérance de vie des femmes est réduite de 7 ans, contre 6 chez les hommes.

MAIS, FAUT-IL CROIRE LES JOURNAUX ?

L'obésité infantile en léger recul aux États-Unis




L'épidémie d'obésité s'aggrave aux Etats-Unis

38% des adultes et 17% des adolescents américains sont obèses, selon deux rapports publiés en juin 2016.


L'épidémie d'obésité continue de s'aggraver aux Etats-Unis où 40% des femmes et 35% des hommes, ainsi que 17% des enfants et adolescents entrent dans cette catégorie, selon deux rapports publiés mardi 7 juin 2016. Ces recherches menées par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) montrent que les nombreux efforts mis en œuvre pour inciter les Américains à perdre du poids, ou tout au moins à ne plus en prendre, ont très peu d'impact. Ces études publiées dans le Journal of the American Medical Association(JAMA) ont porté pour les adultes sur des données provenant de 2.638 hommes et 2.817 femmes d'une moyenne d'âge de 47 et 48 ans respectivement. Pour les enfants et adolescents de 2 à 17 ans, l'analyse couvre un groupe de 40.780 sujets. Au total, 38% des adultes et 17% des adolescents sont obèses aux Etats-Unis

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