mardi 26 août 2025

 


La vraie bonne viande non transformée est bonne pour la santé : l’étude que les médias ont oubliée

par Patrice Gibertie

L’étude provient de l’Enquête nationale sur la santé et la nutrition III (NHANES III), menée aux États-Unis entre 1988 et 1994 par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et le National Center for Health Statistics (NCHS). Elle a impliqué environ 16 000 adultes âgés de 17 ans et plus, suivis pendant une moyenne de 13 ans pour évaluer les liens entre la consommation alimentaire (y compris les protéines animales) et la mortalité toutes causes confondues, cardiovasculaire et par cancer.

Principales conclusions pertinentes :

• Aucune association positive avec la mortalité globale : Contrairement à certaines études antérieures qui suggéraient que les protéines animales (issues de la viande rouge, volaille, poisson, etc.) augmentaient le risque de décès, cette analyse n’a trouvé aucune association significative entre la consommation de protéines animales et un risque accru de mortalité toutes causes.

• Association inverse avec la mortalité par cancer : Fait surprenant, les chercheurs ont observé une association inverse (c’est-à-dire une réduction du risque) entre la consommation plus élevée de protéines animales et la mortalité due au cancer. Par exemple, les participants consommant le plus de protéines animales avaient un risque de décès par cancer environ 20-30% plus faible que ceux en consommant le moins (après ajustement pour des facteurs comme l’âge, le sexe, le tabagisme, l’activité physique et l’apport calorique total).

• Autres détails : L’étude a aussi examiné les protéines végétales (issues de légumineuses, noix, etc.), qui n’ont pas montré d’association claire avec la mortalité. Les auteurs soulignent que ces résultats pourraient être influencés par des facteurs comme la qualité nutritionnelle globale des régimes riches en protéines animales (par exemple, chez les personnes actives ou en bonne santé). Cependant, ils appellent à la prudence, car les associations observées ne prouvent pas une causalité, et d’autres études (comme celles sur la viande rouge transformée) ont trouvé des risques accrus pour certains cancers.

Contexte et limites :

• Cette étude est observationnelle (basée sur des questionnaires alimentaires rappelés), ce qui peut introduire des biais (sous-déclaration de consommation, changements alimentaires au fil du temps).

• Elle date des années 1988-1994, donc les habitudes alimentaires ont évolué depuis (par exemple, plus d’attention à la viande transformée).

• Des méta-analyses plus récentes (comme celles de 2020-2023) confirment souvent un risque accru avec la viande rouge/processed, mais soulignent que le poisson et la volaille (protéines animales «maigres») peuvent être protecteurs, aligné avec cette étude.

• Publication : L’article a été publié en 2003 dans le journal The American Journal of Clinical Nutrition (AJCN), sous le titre «Protein intake and mortality in older people» (bien que l’étude inclue des adultes plus jeunes, l’analyse s’est focalisée sur les tendances à long terme).

Cette étude est souvent citée dans les débats sur les régimes riches en protéines (comme le régime paléo ou keto), mais elle n’est pas conclusive à elle seule. Pour une vue d’ensemble, je recommande de consulter des revues systématiques comme celles de la World Cancer Research Fund. L’article complet est disponible en accès libre (open access) via le site de l’American Society for Nutrition (ASN) ou PubMed. Voici le lien direct :

• Lien principal : Protein Intake and Mortality in Community-Dwelling Postmenopausal Women and Men Aged 50 and Older (NHANES III) (C’est l’article de référence de 2003 par Kant et al., basé sur NHANES III. Si le lien ne s’ouvre pas directement, recherchez «Kant NHANES III protein mortality» sur Google Scholar ou PubMed pour le PDF gratuit.)

• Lien alternatif via PubMed : PMID: 12885711

source : Patrice Gibertie

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