Les employés de Switcher ne sont plus payés
EconomieLes salaires n'ont pas été versés depuis un mois. Les fournisseurs ne sont plus payés. Et les patrons indiens, eux, ne donnent plus signe de vie.
Les dernières heures de Switcher ont peut-être sonné. L'emblématique entreprise de vêtements suisses créée en 1981 par Robin Cornelius est au bord du gouffre. Au siège ancestral du Mont-sur-Lausanne, la quarantaine d'employés continuent à venir travailler. Depuis un mois, ils ne sont pourtant plus rémunérés. «Personne n'a reçu le salaire d'avril. Et on ne sait pas ce qui se passe. Nous n'avons pas de communication des patrons indiens. Pour l'instant et pour se protéger légalement, nous continuons notre boulot», témoigne un employé de longue date de l'entreprise. A la cafétéria, la faillite de Switcher est sur toutes les lèvres. «Des fournisseurs nous appellent. Ils nous disent que Switcher leur doit beaucoup d'argent. Nous ne savons même pas quoi leur dire car les patrons ne répondent plus au téléphone.» Les employés ont engagés des poursuites contre leur employeur.
Selon nos informations, les boutiques de la marque n'ont pas reçu de marchandises depuis plus de quinze jours. Les lignes téléphoniques des magasins sont coupées. Et le site internet ne fonctionne plus.
Selon une société qui collabore avec Switcher, de nombreux producteurs sont également sur le carreau. «Switcher doit 600 000 dollars à une productrice en Chine.» Dans un extrait du registre des poursuites du 29 avril 2016, le montant total des poursuites contre Switcher se monte à plus de 3 millions.
Et partout, c'est l'incompréhension. Le CEO, Alban Dupuis a donné sa démission le 2 mai dernier. «Dès janvier, j’ai travaillé à l’international pour le développement de la marque. Depuis le 21 avril , je n'ai plus aucune nouvelle du groupe en Inde. J’ai donc donné mon congé formel le 2 mai 2016. J'ai essayé à de multiples reprises de parler aux responsables du groupe en Inde mais ils ne répondent pas. Les Indiens ont quitté les lieux au sens propre comme au figuré.»
En 2015, le père de Switcher Robin Cornelius avait quitté la société pour se consacrer à son entreprise spécialisée dans la traçabilité des objets. Dès les débuts de la marque à la baleine jaune, la famille Duraiswamy en Inde avait participé à la belle aventure. Depuis octobre 2014, les fils Duraiswamy ont repris les rênes du groupe.
Que se passe-t-il? Même pour l'ex CEO Alban Dupuis, c'est un mystère. «La situation était difficile à anticiper. En septembre 2015, nous avons visité les usines en Inde qui tournaient, il y avait du stock. Depuis un an, les Indiens venaient très régulièrement en Suisse et plus intensément encore depuis l’automne 2015. Ils s'impliquaient. Puis, plus rien.»
«Dès mon départ, j’ai œuvré pour que les employés puissent toucher leur salaire, explique Alban Dupuis. Il y a un fonds à l’Etat de Vaud qui devrait permettre de payer les salaires échus.»
Consternés, Robin Cornelius et Alban Dupuis ont décidé de s'unir pour trouver des solutions. « La situation actuelle est insupportable pour nous. On veut sauver les emplois et la marque. Nous travaillons pour trouver des solutions».
«Pour moi, ce n'est pas une marque. Switcher c'est toute ma vie, clâme Robin Cornelius. C'est une question de dignité, je ne peux pas rester les bras croisés. Je sais que j'ai un rôle à jouer, un rôle de catalyseur. Il y a chez Switcher des personnes que je connais depuis plus de 20 ans, j'ai un devoir moral envers eux. Notre idée est de mettre autour d'une table les créanciers et d'essayer de trouver des solutions. »
(TDG)
(Créé: 13.05.2016, 17h21)(Qui a dit libre circulation des capitaux sans régulation ? note de rené)
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