vendredi 30 octobre 2026

 

Terres rares : l’Angola multiplie les projets pour diversifier sa future production

  • Date de création: 28 octobre 2026 07:11

(Agence Ecofin) - Alors que Washington et les Etats européens veulent réduire leur dépendance à la Chine pour les terres rares, l’Angola suscite un intérêt croissant. Le pays abrite notamment Longonjo, une mine dont la future production intéresse déjà des clients japonais et américains.

Le report à 2028 de la production de Longonjo, confirmé le 26 octobre par Pensana, retarde l’arrivée de l’Angola sur le marché mondial des terres rares. Mais le pays ne compte pas se reposer durablement sur cette seule mine pour devenir une alternative à la Chine. Plusieurs autres projets sont déjà en développement, avec des avancées qui témoignent du potentiel de diversification de la future production nationale.

Dès le lendemain, l’australien Connected Minerals a ainsi annoncé de nouvelles données sur Bailundo, autre projet situé dans la province de Huambo. La compagnie a acquis les archives d’exploration d’un complexe d’environ 39 km², comprenant d’anciens forages totalisant 3 414 mètres. Sur l’un d’eux, les analyses historiques signalent 227,3 mètres minéralisés à 2 % d’oxydes de terres rares. Ces résultats ne constituent pas de nouvelles découvertes, mais précisent les cibles d’un programme d’exploration déjà engagé par Connected. D’autres forages n’ont jamais été analysés et des échantillons doivent encore être réexaminés. Connected Minerals veut aussi étudier les procédés permettant de récupérer les métaux.

Bailundo n’est pas la seule piste. En septembre, Tyranna Resources a signé un accord pour prendre jusqu’à 70 % du projet Coola. La concession abrite quatre structures géologiques, dont Coola et Sulima West. Début octobre, Tyranna a fait état de concentrations atteignant 13,18 % d’oxydes de terres rares dans des échantillons historiques de sols à Coola. À Sulima West, des prélèvements ponctuels ont atteint 10,56 %. De nouveaux forages sont envisagés en 2027, tandis que les cibles de Sulima et Monte Verde doivent également faire l’objet de travaux complémentaires. Actuel propriétaire du projet, Pensana étudiait initialement la possibilité de traiter à Longonjo des concentrés provenant de Coola, signe du potentiel du projet.

Ambition soutenue par Luanda

La multiplication des investissements dans l’exploration de terres rares correspond aux priorités du gouvernement, qui veut mieux exploiter le potentiel de son sous-sol pour accroître la contribution du secteur minier à l’économie. Dans son plan de développement minier 2023-2027, Luanda a décidé d’encourager l’exploration et de lancer la production de terres rares.

« Outre les diamants, qui occupent une place prépondérante, d’autres minéraux, tels que l’or, les roches ornementales, le fer, le manganèse, les terres rares, le cuivre, le zinc, les phosphates et les minéraux du groupe du platine, entre autres, constituent un atout stratégique qui reste à prospecter et à exploiter sur le vaste territoire angolais », indique le document.

Le contexte actuel renforce particulièrement l’intérêt pour les terres rares. Outre la transition énergétique qui accroît les besoins, notamment pour les voitures électriques, l’Union européenne, les Etats-Unis ou le Japon sont tous à la recherche d’alternatives à l’offre chinoise de terres rares. Selon l’Institut américain d’études géologiques (USGS), le pays a assuré environ 70 % de la production minière mondiale de terres rares en 2025. Ses restrictions à l’exportation, accélérées depuis 2025, ont renforcé les efforts de diversification à travers le monde. Pensana discute d’ailleurs d’accords d’achat de la production de Longonjo avec des partenaires japonais et américains.

Reste néanmoins un écart considérable entre potentiel et production. Longonjo dispose de réserves identifiées, d’autorisations et d’installations en construction, mais le début de la production, attendu il y a encore quelques mois en 2027, est désormais reporté. Avant de rejoindre le cercle des alternatives à l’offre chinoise et d’y contribuer significativement, l’Angola devra donc convertir ses perspectives géologiques en projets finançables, puis en productions commercialisables.

Emiliano Tossou

Aucun commentaire: