(Du coup, j'ai cherché si l'Inde produisait du soja non ogm et en fait, elle interdit la culture et l'importation de soja non ogm, ce qui peut encourager l'Afrique à éviter la culture ogm. note de rené)
Soja : un accès sans droits de douane à l'Inde pour tous les fournisseurs africains fait débat

(Agence Ecofin) - La forte hausse des achats indiens en 2026 ouvre de nouveaux débouchés au soja non OGM africain. L’accès sans droits de douane à ce marché reste toutefois réservé à un nombre limité de pays du continent.
En Inde, les transformateurs de soja s’opposent fortement à l’entrée sans droits de douane des graines de soja non OGM provenant de tous les pays africains.
Selon les informations relayées par le quotidien The Hindu BusinessLine le 27 octobre, la Soybean Processors Association of India (SOPA) a demandé au ministre du Commerce, Piyush Goyal, de rejeter cet élargissement défendu par l’All India Poultry Breeders Association (AIPBA), qui représente les éleveurs de volailles.
L’organisation souhaitait une extension de cette franchise douanière actuellement réservée aux graines originaires de certains pays les moins avancés (PMA) afin de multiplier les possibilités d’approvisionnement en graines non OGM.
Celles-ci seraient triturées dans les usines indiennes pour produire de l’huile et du tourteau, ingrédient protéique essentiel des aliments pour volailles. L’objectif est de contenir les coûts de l’alimentation animale en facilitant l’accès à des matières premières étrangères.
Le 4 juin dernier, le quotidien local Business Standard rapportait que l’AIPBA avait annoncé une réduction de la production de 25% par une partie importante d’acteurs de la profession, après une hausse de plus de 40% des prix du tourteau en un mois.
De son côté, la SOPA conteste la nécessité d’un nouvel assouplissement et juge suffisant le maintien de la concession réservée aux PMA. D’après The Hindu BusinessLine, l’association estime que les disponibilités nationales de tourteaux atteindront 8,1 millions de tonnes en 2026/2027, pour une demande totale de 8 millions de tonnes, exportations comprises. Dans un tel contexte, celle-ci estime que les importations supplémentaires risqueraient de déprimer les prix agricoles et de fragiliser les producteurs indiens.
L’Afrique bénéficie déjà de la hausse des achats indiens
Le régime actuel relève du « Duty-Free Tariff Preference Scheme (DFTP) », lancé par l’Inde en 2008 pour les PMA bénéficiaires. Dans sa présentation officielle actualisée en août 2025, le ministère du Commerce recense notamment le Bénin, le Togo, le Niger, le Malawi et la Tanzanie.
L’élargissement demandé modifierait donc les conditions de concurrence entre fournisseurs africains. Le Nigeria pourrait notamment voir sa compétitivité renforcée dans la mesure où ses graines de soja sont exposées à un droit de 45 % et ainsi profiter de la dynamique favorable aux ventes africaines.
D’après les données de la SOPA, les importations indiennes de graines ont atteint un record de 1,1 million de tonnes en 2025/2026, contre environ 2 000 tonnes un an auparavant. La hausse des prix intérieurs, liée au recul de la production nationale après des épisodes climatiques défavorables, a poussé les usines à acheter davantage à l’étranger.
L’Inde n’autorisant que les importations de graines, le continent a profité de cette fenêtre pour accroître ses ventes. Selon les données du ministère du Commerce, les importations indiennes de soja ont bondi à 909 606 tonnes entre janvier et juillet 2026, contre seulement 1 996 tonnes sur la même période en 2025.
Sur ce volume, 380 868 tonnes ont été déclarées originaires du Niger, plaçant le pays sahélien au premier rang des fournisseurs enregistrés de l’Inde, malgré une production nationale de soja marginale.
Cette situation commerciale a conduit les douanes indiennes à ouvrir une enquête. Elles soupçonnent certaines cargaisons de provenir du Nigeria voisin et d’avoir été déclarées nigériennes pour bénéficier de la franchise douanière.
Dans un tel contexte, l’ouverture demandée pourrait créer non seulement des débouchés supplémentaires pour l’Afrique, mais aussi redistribuer les parts de marché entre ses fournisseurs. Le Nigeria pourrait voir sa compétitivité renforcée par la suppression de la barrière tarifaire, tandis que le Bénin et le Togo perdraient une partie de l’avantage relatif que leur procure leur accès préférentiel au marché indien. La concurrence se jouerait alors davantage sur le prix des graines, les coûts logistiques et la régularité des livraisons.
Espoir Olodo
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