(L'Ituri dans congo RDC là où ils ont choisi de faire surgir le virus ebola, une zone de guerre civile où les curieux peuvent disparaître et où l'insécurité dresse un obstacle à la lutte contre le virus. note de rené)
En RDC, la contrebande d’or par ADF limite l’effet des sanctions américaines
(Agence Ecofin) - ADF est un groupe djihadiste affilié à l’État islamique et opérant principalement au Nord-Kivu et dans l’Ituri, deux des régions congolaises riches en or. Le groupe a vu l’un de ses pourvoyeurs de fonds frappé en 2024 par des sanctions américaines.
En République démocratique du Congo (RDC), couper les financements étrangers des groupes armés ne suffit pas à les priver de ressources. Une enquête publiée mardi 27 octobre par The Sentry, montre comment les Forces démocratiques alliées (ADF) affiliées à l’État islamique, ont compensé l’affaiblissement de leurs soutiens extérieurs grâce notamment à l’or acheminé clandestinement vers l’Ouganda.
Les ADF constituent un groupe djihadiste distinct du M23, mouvement rebelle soutenu par le Rwanda, et des milices Wazalendo alliées à l’armée congolaise. En juillet 2024, Washington a ciblé trois intermédiaires des réseaux africains de l’État islamique. Parmi eux, Abubakar Swalleh était impliqué, selon le Trésor américain, dans le transport de fonds depuis l’Afrique du Sud vers la RDC. Les mesures prévoient notamment le gel des avoirs relevant de la juridiction américaine et des interdictions de transactions.
Mais les ADF disposent d’autres ressources. Dans un rapport de février 2026, l’équipe de surveillance des sanctions de l’ONU estimait déjà qu’elles s’autofinançaient pour l’essentiel et recevaient peu de fonds extérieurs. Elle soulignait leur capacité à extorquer les petites activités économiques locales. The Sentry détaille la méthode utilisée dans l’or. Les ADF contrôlent certains sites, imposent des prélèvements ou réglementent l’accès à l’exploitation.
À Manguredjipa, au Nord-Kivu, au moins 30 des 54 acheteurs encore actifs en mars 2026 se fournissaient sciemment auprès de mines contrôlées par les ADF et d’autres groupes armés, selon l’enquête. Une partie du métal rejoint des comptoirs agréés à Butembo, puis des raffineries ougandaises. L’organisation estime les revenus aurifères des ADF dans cette seule zone entre 1 et 1,6 million de dollars annuels, sur la base d’hypothèses de prélèvement.
Attirer l’or vers le circuit officiel
L’impact de la contrebande d’or sur l’économie congolaise ne se limite pas à son rôle de moyen de financement de groupes extrémistes comme les ADF. Il s’agit d’une perte de recettes fiscales pour l’État, qui cherche depuis des années à limiter son ampleur. Depuis la fin d’un partenariat avec l’émirati Primera Group en 2024, Kinshasa mise notamment sur DRC Gold Trading, entreprise publique chargée d’acheter et de commercialiser l’or artisanal. Elle affirme en avoir exporté 3,5 tonnes en 2025, mais sa direction identifie encore deux conditions pour développer ses achats, l’amélioration de la sécurité et la disponibilité de liquidités auprès des banques partenaires.
Un accord conclu en août avec la Caisse générale d’épargne du Congo prévoit ainsi des guichets dans ses installations pour faciliter et sécuriser les paiements aux négociants. L’entreprise étend également ses points d’achat afin de réduire les déplacements nécessaires pour vendre légalement l’or.
Sur le plan international, The Sentry demande parallèlement des enquêtes sur les négociants, raffineurs, exportateurs et intermédiaires financiers qui permettent à l’or bénéficiant aux ADF de rejoindre les marchés étrangers. L’organisation recommande d’envisager des sanctions contre ces acteurs, afin d’atteindre les débouchés commerciaux qui soutiennent l’autonomie financière du groupe.
Emiliano Tossou
Édité par Wilfried ASSOGBA
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