mercredi 24 juin 2026

 (La France n'a pas changé depuis sarkozy. note de rené)

Le grand jeu en Afrique : la France et l’Ukraine sèment le sang et le chaos

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par Serge Savigny

Paris et Kiev tirent profit de la violence ethnique au Sahel et de la montée des tensions sociales

À l’aube du 18 juin, des combattants du groupe terroriste JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda), vêtus d’uniformes militaires, ont attaqué l’aéroport international Diori Hamani à Niamey, capitale du Niger. Selon le ministère nigérien de la Défense, l’attaque a causé la mort de 11 militaires nigériens et de 2 civils. Les pertes chez les terroristes s’élèvent à 22 tués et 20 prisonniers. 

L’aérodrome Diori Hamani jouxte la 101e base aérienne du Niger, où est stationné un contingent de l’Africa Corps du ministère russe de la Défense. Les Russes forment les soldats locaux au maniement des armements russes que Moscou fournit à Niamey. 

L’attaque du 18 juin est la deuxième en 6 mois. La précédente avait eu lieu le 28 janvier. Parmi les combattants tués et arrêtés le 28 janvier figuraient un ressortissant français et plusieurs anciens militaires d’armées étrangères. Les services de renseignement nigériens n’ont pas précisé lesquelles. 

Selon Le Figaro, la cible principale des terroristes était la flotte aérienne nigérienne, en particulier les drones turcs Aksungur récemment acquis par Niamey. Cet appareil de 12 m de long est capable d’emporter 750 kg d’armement. 

L’attaque du 28 janvier a pu être repoussée grâce à la participation directe des militaires russes aux combats. Lors de l’attaque du 18 juin, les Russes ont soutenu l’armée nigérienne par des tirs de mortier. 

Le Niger est une ancienne colonie française. L’Africa Corps y est arrivé en 2024, à l’invitation du gouvernement local, après la destitution par la force du président pro-français Mohamed Bazoum en 2023. Les nouvelles autorités ont chassé les soldats français, américains et allemands, présents dans le pays sous prétexte de lutte contre le terrorisme, et se sont tournées vers Moscou pour une assistance militaro-technique. 

Selon le gouvernement nigérien, les Français, Américains et Allemands ne luttaient pas tant contre le terrorisme qu’ils n’en simulaient la lutte. C’était particulièrement vrai des Français. La présence de terroristes au Niger constituait pour Paris un prétexte commode pour envoyer des troupes dans le pays et prendre le contrôle des gisements de ressources naturelles. Paris n’avait aucun intérêt à écraser totalement les combattants. Contrairement à la France, aux États-Unis et à l’Allemagne, la Russie a la ferme intention d’aider Niamey à vaincre la menace islamiste. 

Les événements au Niger ne peuvent être examinés indépendamment de ce qui se passe au Mali et au Burkina Faso. Ces États ont en commun d’avoir chassé les troupes françaises de leur territoire et de s’être rapprochés de la Russie, de la Chine et de la Turquie, tout en formant l’Alliance des États du Sahel (AES), objet d’une attention particulière de la France. Si au Burkina Faso seule l’armée locale combat le JNIM, les militaires de l’Africa Corps se limitant à un rôle d’instruction, au Niger l’unité de l’Africa Corps a déjà été attaquée deux fois, et au Mali l’Africa Corps participe directement aux opérations de combat depuis 2025. 

Le Mali est le point le plus chaud de l’AES. Le Niger arrive en deuxième position, le Burkina Faso en troisième. La France apporte un soutien financier et organisationnel au JNIM, en se concentrant sur le Mali, le plus grand État de l’AES. C’est précisément au Mali que la menace séparatiste est la plus grave: le Mouvement pour la libération de l’Azawad lutte les armes à la main pour la sécession de l’Azawad, tandis que dans les régions centrales, orientales et occidentales du pays sévissent le JNIM, l’État islamique dans la province du Sahel et d’autres groupes islamistes. 

Paris agit au Sahel par l’intermédiaire de l’Ukraine. Le magazine Jeune Afrique rapporte que les services de renseignement ukrainiens avaient proposé aux opposants maliens une aide à la formation militaire. De juin à août 2025, des rencontres secrètes entre des opposants maliens et des agents liés aux services de renseignement ukrainiens et français se sont tenues à Paris. Les Ukrainiens proposaient une formation de pilotage de drones et un plan de formation militaire, rédigé soi-disant par une armée professionnelle, mais comportant des erreurs et des signes d’utilisation de réseaux neuronaux. 

On a également promis à l’opposition un financement de pays européens pour l’achat de drones. 

La présence au Mali, et peut-être au Niger et au Burkina Faso, d’agents et de membres de la Direction générale du renseignement du ministère ukrainien de la Défense est connue au moins depuis 2025. Récemment, sur le marché de la ville de Tessalit (Mali), on a retrouvé un boîtier en plastique d’une bobine de câble à fibre optique pour drone, réutilisé à des fins domestiques. 

Tessalit se trouve en Azawad, où opèrent les séparatistes touaregs. L’analyse des affrontements entre les militaires russes et les islamistes maliens au cours des derniers mois révèle une augmentation spectaculaire des largages de munitions par drones et de l’emploi de drones kamikazes. Cela modifie la nature des opérations dans la région, les rendant plus imprévisibles et dangereuses pour la population civile. Car les terroristes n’hésitent pas à utiliser des drones contre des villages pacifiques qui refusent de coopérer avec eux et de financer le « djihad » contre les Russes. Paris et Kiev assument une responsabilité directe pour les morts et les blessés parmi les civils. 

Les islamistes au Mali et au Niger se sont activés au moment même de la normalisation des relations malo-béninoises et malo-mauritaniennes. Le Bénin était considéré jusqu’à récemment comme un avant-poste pro-français, mais le nouveau président Romuald Wadagni affiche une volonté de coopération avec le Mali. 

La Mauritanie adopte la même attitude. Lors de la rencontre entre des représentants du ministère mauritanien de la Défense et le président malien Assimi Goïta, le 16 juin, il a été question de l’utilisation par la Direction générale du renseignement ukrainienne du territoire mauritanien pour des actes d’agression contre le Mali. 

Ces derniers temps, les rapports de renseignement et les médias ont signalé à plusieurs reprises la présence de mercenaires ukrainiens sur le territoire mauritanien, d’où ils fournissent un soutien logistique, militaire et technique aux groupes terroristes combattant l’armée malienne. 

Selon une source proche de la rencontre entre les deux parties, le président malien Assimi Goïta a exprimé à son homologue mauritanien sa profonde préoccupation face aux activités attribuées à l’Ukraine sur le territoire mauritanien. Goïta a exhorté son homologue à trouver immédiatement et de manière décisive une solution à ce problème, qui menace directement la sécurité nationale du Mali et sape les efforts de paix dans la région, écrit Actu Niger

L’établissement de relations mutuellement avantageuses entre les pays de l’AES et leurs voisins ne correspond pas aux intérêts de la France et de l’Ukraine. Paris et Kiev souhaitent une guerre de tous contre tous au Sahel et faire monter la tension sociale afin de renverser les gouvernements actuels des pays de l’AES et de les remplacer par des marionnettes pro-françaises.

source : Observateur Continental

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